Chapitre II - Partie I - Une situation inattendue

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Trois jours étaient passés depuis l'entrevue avec le baron. Trois jours durant lesquels le futur cortège s'organise autour du jeune fils, sous l'autorité du hérault royal que Maerin a rencontré lors de l'entrevue avec le seigneur du bourg. Cette dernière d'ailleurs, suscite beaucoup d'appréhension auprès de l'officiel de la couronne; comment une pauvre aveugle aussi indélicate qu'elle peut faire quoique ce soit pour protéger un fils de noble ? Comment peut-elle se protéger elle-même d'ailleurs ? Et comment elle peut bien bouger avec autant de fluidité ? Est-ce de la magie ? Autant de question qui ne trouvent aucune réponse durant les préparatifs du voyage. La mercenaire est tout bonnement introuvable. A-t-elle fuit après avoir reçu la petite avance du baron ? Il y a peu de chance, aucun soldat n'a vu sortir une aveugle de la ville, c'est quelqu'un que l'on remarque sans peine. Mais son inquiétude n'ai pas un véritable problème, surtout quand il se rend compte que sa disparition est plus bénéfique que problématique.

Le jour J, l'homme envoyer par la couronne se trouve dans le carrosse de tête, tirés par deux lipizzans majestueux, décoré légèrement aux couleurs de la royauté, du bleu lapis-lazuli en majorité avec des touches de jaune safran et de vert émeraude pour les détails. Il est seul, le fils du baron se trouve dans sa propre calèche, au centre du cortège, bien plus modeste, à l'image de la baronnie, mais très confortable, accompagné de sa servante et nourrice, qui a pris soin d'amener livres et jeux de cartes pour distraire le jeune maître et elle-même. En queue de convoi se trouve deux autres chariots; l'avant dernier sert aux provisions ainsi qu'aux rations. Le dernier quant-à lui est rempli d'une petite bande de six mercenaires engager pour renforcer la sécurité du convoi, le baron étant assez paranoïaque avec tout ce qu'il se passe aux frontières. L'escorte est donc multiple, outre la demi-douzaine de soudards, il y a l'escorte du hérault qui compte une dizaine d'homme de l'armée royale, ainsi que la quinzaine d'hommes du baron, menés par l'un des trois capitaines de la milice locale. Un peu plus d'une trentaine d'hommes, et de femmes, d'armes très hétéroclites. Si certain peuvent trouver ce dispositif de sécurité excessif, il est en réalité commun au sein du territoire sud-est de Bréonne. En raison de la guerre civile du royaume voisin, qui ramène bandits de grands chemins, déserteurs et autres vauriens en maraude dans cette région du pays, et ce malgré le renforcement aux frontières, les nobles de ses contrées ont dû prendre pour habitude d'avoir une escorte nombreuse afin de découragé les embuscades.

***

C'est à l'aube que Maerin se réveille, enlacer par des bras et des cuisses de deux femme-bêtes. L'une ayant un pédigrée félin et l'autre canin. Humaine sous tout rapport, la différence entre un humain et un homme-bête se trouve dans la queue au creux du dos et des oreilles animales au-dessus du crâne, la forme et la longueur de ses deux attributs dépend entièrement de la race "animale" dont est issu l'individu. Entre le ronronnement de contentement de l'une, et le trémoussement de hanche de l'autre, la mercenaire recevra un réveil des plus agréables. Les deux la regarder avec des yeux d'une rare dévotion, et d'une intensité telle qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'elle reste prisonnière de ces deux femelles. La queue féline s'enroule autour de sa cuisse, une main se posant sur son ventre, tandis qu'un baiser orne le coin de sa mâchoire.

— Ne nous laisse pas... c'est trop tôt.

La femelle aux attributs canins enroule son bras de sa poitrine généreuse et fait battre inconsciement sa queue touffue dans l'air chaud de la chambre.

— Oui... écoute le chat de goutière. Reste avec nous encore un peu... Tu es une oméga incroyable...

La femme-chat feule en sortant ses griffes, mais la main de Maerin se posant sur la base de sa queue la rend tout de suite plus concentrée sur ses paroles.

— Désolée mes petites chéries, d'ordinaire je serais restée plus longtemps, mais l'or m'appelle.

Malgré la force des femmes-bêtes, elle se dégage de leur prise avant de sortir du lit, commençant à faire sa toilette devant une bassine d'eau froide.

— Tu reviendras nous voir hein ?

— Oui, promet le nous.

Ses mains plongent dans l'eau et s'asperge le visage et le reste du corps pour se nettoyer de ce marathon sexuel de trois jours consécutifs.

— Vous n'y êtes pas allez de mains mortes avec vos griffes.

Elle préfère éludé la question, ayant appris que les promesses étaient pour les gens qui n'avait aucune notion de liberté. Les deux femmes se chamaille ses faveurs depuis qu'elle est entrée dans ce bordel il y a trois jour, et les japements de l'une et les feulements de l'autre indique qu'elles n'ont pas encore terminées sur qui l'emporte. Elle à toujours fait cet effet aux membres de ces tribus animés d'abord par l'instinct plutôt que par les sentiments ou la raison.

Revenant dans la pièce en désordre, champ de bataille et témoin silencieuse des séances sexuelles auxquelles elles ont eu droit, elle se met devant un miroir, comme si sa cécité n'était pas un problème. Sa musculature harmonieuse, sans pour autant être défigurante pour les standards de beauté des femmes, était parsemée de de cicatrice et de balafre qu'une vie entière de combat pourrait avoir du mal à justifier. Les petites entailles fines se mélangent avec les balafres profondes qui aurait tué un humain normal, profondes et inhumaines.

Maerin commence à se rhabiller. Sous-vêtements d'abord, puis une tunique en lin noir et un pantalon en lin noir. Sa paire de bottes en cuir renforcé légèrement foncé remonte rapidement jusqu'a ses genoux. Puis viens le tour de son armure de cuir et de maille; une première couche de maille en acier en gilet, puis une veste de cuir où le bas est renforcé de maille sombre et au col d'une fourrure rouge bourgone entourant son col. un amas de ceintures vont et viennent autour de sa taille ainsi que des petites pochettes disséminées çà et là autour de sa taille. Elle réajuste ses épaulières en cuir ainsi que ses gantelets avant de mettre ses mitaines en cuir noir qui laisse ses doigts respirer. Une sorte de jupe en cuir matelassé et clouté asymétrique viens protéger ses cuisses, laissant une fente pour la jambe droite pour ne pas sacrifier sa mobilité. Sur le coté gauche de sa jupe de cuir repose trois choses; un tissu rouge long, deux chaînes de ceinture avec des petits piques et évidemment sa flasque d'alcool qui ne la quitte jamais.

Elle se rapproche de la table où trône fièrement son arsenal de mort; son épée bâtarde à pommeau de chauve-souris hurlante blottit dans son fourreau qui est lui-même intégré dans une ceinture de torse afin de la transporter dans le dos, dont une partie de la tranche supérieur du fourreau est enlever afin de ne pas être bloquer pour dégainer. Un second fourreau est également intégré dans cette ceinture, cette fois-ci du côté du torse, où repose un coutelas à la lame imposante muni d'un garde main, une arme de secours très certainement, ou pour les endroits clos. Un couteau de chasse plus simple se trouve dans un fourreau à sa ceinture droite. Elle se saisit de cette ceinture pour finir par la mettre sur son dos, retrouvant le poid agréable de son épée sur son dos.

— Tu as vraiment une armure bizarre. Pourquoi tu ne portes pas ton arme au flanc comme tout le monde ?

Maerin sourit, elle n'était pas gênée par la question de la féline, à vrai dire elle revenait plus souvent qu'on ne le pense. Elle répond en faisant sa tresse des deux mains.

— Cette armure à été faite sur-mesure, elle ai pensée pour offrir à la fois mobilité et légèreté sans supprimer la protection. En plus d'en imposer visuellement.

— C'est possible ça ? Je pensais que la protection c'était ces boîtes en métal toutes rigides des chevaliers.

L'épée-louée rigole une seconde, un petit rire bref.

— Oui, c'est vrai que l'armure de plate en acier est très protectrice, mais pas autant qu'une côte de maille en mithril noirci à l'irridium et d'une couche de cuir draconique.

Les oreilles de la féline se redresse, affichant un air surpris.

— Tu veux dire qu-

— Je n'ai rien dit du tout.

Le sourire dans la voix de Maerin ne rassure pas vraiment la femme-chatte qui se recroqueville sur elle-même pour regarder l'humaine qui se coiffe. La femme-chienne en profite pour prendre la parole.

— Et ton épée ? Pourquoi tu l'as dans le dos ?

— C'est plus pratique pour le transport, et les combattants aguerris pensent que je suis une amatrice qui n'a aucune chance. Car en général, ce sont les idiots qui mettent leur épée dans le dos sans modifier le fourreau, ça rend le dégainement impossible où compliquer. Ça me donne un avantage sur eux, ils pensent que je suis idiote et faible, et c'est moi qui survis à la fin du combat.

Les deux femmes-bêtes se regardent un instant, c'est bien plus compliqué qu'elles n'auraient pu se l'imaginer de prime abord. Finalement, deux petites bourses atterrissent sur le lit, devant chaque femme-animale, mais elles n'en prête que peu d'attention. Elles profitent plutôt du dernier baiser de l'humaine, et de la claque sur les fesses qu'elle reçoivent chacune leur tour, avant que cette dernière disparaisse après avoir refermé la porte derrière elle.

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