POUR PÉCHO, MIEUX VAUT-IL ÊTRE ÉCOLO ?
Si l’écologie paraît encore ennuyeuse pour beaucoup, voire carrément punitive, elle peut s’avérer être un sérieux atout sur les applications de rencontre.
Selon une étude publiée par Tinder en 2021, les profils mentionnant des pratiques écologiques -usage du vélo, végétarisme, sensibilité climatique- reçoivent en moyenne davantage de réactions positives. À l’heure où les identités se construisent en quelques lignes de biographie, afficher sa conscience écologique devient un signal social lisible, immédiatement interprétable.
La sociologie parle ici de « marqueur de distinction ». Afficher une conscience écologique suggère un certain niveau d’information, une attention au monde et une forme de capital culturel. L’engagement, même minimal, devient un élément de mise en scène de soi, un outil de marketing émotionnel et de séduction.
Cette désirabilité repose toutefois sur un équilibre fragile. L’écologie séduit, à condition d’être esthétisée et ajustée aux codes de la mise en scène de soi : visible mais non contraignante, engagée mais non conflictuelle.
Ce déplacement est révélateur. Si l’engagement écologique peine à s’imposer dans les urnes, il a déjà trouvé sa place dans l’espace intime et numérique. Reste à savoir ce qu’il advient de ce signal une fois le profil refermé.
Chroniques de l’anthropocène
Iñaki Irigoyen

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