3. Black Mirror
De retour à notre quotidien, après un dimanche sur l'île de beauté où nous avons passé un dernier moment à visiter une partie de Bonifacio, puis se balader dans les alentours avant de reprendre l'avion (où je n'ai pas osé faire croire à l'hôtesse de l'air que je n'arrivais pas à fermer ma ceinture), je dois retourner quelques jours dans ma chambre Crous afin d'y faire le ménage avant de la rendre, et profiter d'une dernière soirée avec les amis de la fac. Les résultats ne tomberont que dans quelques jours, mais je suis assez confiant et préfère avoir à payer une nuit ou deux d'hôtel plutôt qu'un mois entier de location de chambre.
À mon retour, Émeline semble tellement impatiente de me retrouver qu'elle décide de venir me chercher à la gare. J'ai le droit à un accueil des plus chaleureux, sa bouche me dévorant sur le quai, alors que ses yeux pétillent de malice, déjà. Une fois que j'ai mis toutes mes affaires dans le coffre de la voiture qu'elle empruntée à Nathalie, elle s'installe au volant et moi à côté d'elle.
Émeline ne prend même pas la peine de faire semblant et pose sa main directement sur mon short, massant mon entre-jambe dans l'optique de me faire grossir le plus vite possible.
— Quand je te disais que tu m'avais manqué, c'était aussi le fait de sentir ta queue bien dure pour moi...
Elle prononce ces mots penchée à mon oreille, ses mains tirant sur l'élastique de mon short pour en sortir mon sexe déjà au garde-à-vous. Je n'ai le temps de rien dire avant qu'elle ne se penche pour enfiler mon pieu jusqu'au fond de sa bouche, appuyant même directement pour forcer le passage un peu plus loin.
— Oh bordel, Émeline!
Le parking est en plein air et bondé, à cette heure. Les gens vont et viennent, comme souvent juste après l'arrivée d'un train en gare. Je regarde autour de nous, un peu paniqué, mais l'appétit qu'elle me dévoile a le don de me faire rentrer aussitôt dans le même mood qu'elle.
Lorsqu'elle relève la tête pour reprendre son air, je l'attrape par la tignasse et remonte son visage jusqu'au mien pour lui rouler une pelle de tous les diables. Pendant ce temps, sa main s'agite frénétiquement le long de mon manche.
— Je vais me vider les couilles dans ta belle bouche de suceuse...
C'est un peu sorti tout seul. Je ne suis pas un habitué de ce genre de mots crus, mais je sais maintenant que je peux oublier mes habitudes avec Émeline, et préfère largement me laisser porter par ce qu'elle induit en moi. Et à ma grande surprise, mes paroles la font littéralement fondre. Sa main s'arrête de me branler pour me serrer fort, alors qu'elle lâche un petit gémissement de plaisir. Je n'avais encore jamais pensé qu'elle puisse être excitée par ce genre de comportement... et moi non plus! Même si je sais que ce n'est pas le fait de lui parler de la sorte qui m'excite, mais plutôt sa réaction.
Continuant alors dans ma lancée, je raffermis encore ma prise sur ses cheveux et lui baisse cette fois le visage vers ma queue. Je râle mon plaisir en appuyant sur sa tête et tirant sur ses cheveux pour la faire avaler mon mât de chair ou remonter pour reprendre de l'air. Dans le même temps, je surveille quand même les alentours. Personne de trop proche, même si je ne me rends pas bien compte à partir de quelle distance une personne pourrait remarquer ce qui se passe dans la voiture.
Je finis pourtant par la relâcher et lui laisser libre court à sa voracité. Elle relève son visage vers moi, les yeux rougis et humides, les cheveux en bataille, et un large sourire aux lèvres.
— C'est exactement ce dont j'avais besoin... gémit-elle presque comme si elle était en train de jouir.
— Alors bouffe-moi la queue, belle blonde...
Son sourire s'élargit encore et elle se jette sur moi, m'offrant maintenant une fellation moins profonde mais tout le long de ma verge, en usant de sa langue d'une façon divine. Pendant ce temps, je me penche un peu de son côté pour soulever sa jupe, passant par ses fesses pour trouver sa vulve. Pour m'aider, elle pose une jambe sur le tableau de bord, et je lui plante deux doigts pile au moment où une femme d'une cinquantaine d'années passe juste devant le capot de la voiture, les yeux arrondis par la surprise... ou l'horreur, j'hésite.
— Oh putain merde!
Émeline relève la tête et voit la dame outrée qui accélère le pas, puis me regarde sans un mot, avant d'éclater de rire.
— Je m'en cogne complètement, me fait-elle, j'ai trop envie de toi!
— Pareil, lui dis-je en enfonçant mes doigts profondément en elle. Mais dépêche-toi quand même de me faire jouir.
— Tout ce que tu voudras! me lance-t-elle en rigolant, avant de me reprendre en bouche, mes couilles dans sa main malaxante.
Rapidement, nous nous mettons tous les deux à gémir de nouveau. De mon pouce, je lui ouvre en même temps son petit trou et la voilà qui se met à lâcher des petits cris aigus, qui, je le sais, doivent très bien s'entendre de l'extérieur. J'entends sa chatte clapoter, qui semble trempée comme jamais, à mesure que je la doigte par les deux trous avec la même virulence qu'elle me pompe le dard.
Je ne saurais dire exactement, mais j'ai le sentiment que le fait que je finisse par me tendre, jaillissant des jets de sperme dans sa bouche, la fait jouir elle aussi. Chaque spasme que je ressens semble se transmettre jusque dans tout son corps. Elle se relève aussitôt, assise sur son siège l'index au coin de la bouche pour récupérer les quelques gouttes qu'elle a laissé couler, juste au moment où un gars d'une trentaine d'années, sac à dos de randonnée aux épaules passe devant la voiture en direction de la gare, d'un pas pressé. Il ne marque même pas un temps d'arrêt en nous souriant et nous montrant son pouce avant de continuer son chemin.
Émeline et moi restons cois, avant d'exploser de rire. Sans transition, mais visiblement moins tendue, ma belle blonde met le contact et nous ramène chez mon père, où l'on retrouve Nathalie en train de lire en tenue légère sur le canapé.
— Coucou les amoureux! s'exclame-t-elle en relevant le nez de son livre.
Je m'approche pour lui faire la bise, en profitant pour reluquer ses jolies jambes dénudées, puis Émeline lui tend les clés de voiture:
— J'attendrais que le siège conducteur sèche un peu, si j'étais toi...
J'ai beau avoir couché avec les deux ensemble, une telle complicité me laisse un peu pantois. Me revient pourtant en tête que c'est une règle entre elles: elles se disent tout, ne se cachent rien. Je me demande alors si Émeline lui raconte vraiment tout et si Nathalie sait ce qui s'est passé sur cette plage, en Corse.
À la réflexion d'Émeline, ma belle-mère sourit en coin et fait couler son regard vers moi, en se mordillant un peu la lèvre inférieure. Enfin, pas exactement vers moi. Vers une partie de moi, plutôt.
— Je vous laisse le salon, dit-elle alors subitement en se levant. Je vais aller terminer mon chapitre dans ma chambre avant de prendre une douche!
Et la voilà qui se dirige vers le couloir et la cage d'escalier d'un pas léger, son cul se balançant peut-être un peu exagérément de gauche à droite, ce qui ne manque pas d'attirer mon regard. Lorsqu'Émeline m'entoure de ses bras en passant derrière moi, je me rends compte de ce que je viens de faire, sans aucune discrétion. Pourtant, avant même que je ne puisse bafouiller quelque excuse, elle me chuchote à l'oreille:
— Elle finira par accepter de nouveau, me dit-elle à ma plus grande surprise. Elle en crève déjà d'envie mais ne l'accepte pas encore.
Comme bien souvent, avant même que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle me prend la main et m'entraîne dans le jardin:
— Viens! Il faut que je te montre un truc!
Notre jardin n'est pas bien grand. Derrière la maison, nous avons une petite terrasse en béton et un bout d'herbe au fond duquel il y a un petit cabanon pour ranger les quelques outils dont il y a besoin pour l'entretien. Le tout est entouré d'une clôture assez vilaine, mais qui permet d'avoir un peu d'intimité par rapport aux voisins. Du moins, lorsqu'ils sont eux-mêmes dans leur jardin, parce que bien sûr, s'ils se trouvent à l'étage de leur maison, ils ont vue directe sur notre pelouse.
La petite nouveauté que veut me montrer Émeline est une petite dalle de béton faite par mon père l'avant-veille, sur le côté de la terrasse.
— Il a commandé un jacuzzi! s'exclame Émeline.
Je ne sais pas si elle pense à la même chose que moi, mais ses yeux pétillent de joie. Je lui montre mon enthousiasme avec un baiser, mais je reste bloqué sur ce qu'elle m'a dit quelques secondes auparavant.
— Tu penses vraiment que Nathalie...
— Ça crève les yeux, non? Pendant qu'on parle, je suis sûre qu'elle est en train de se branler en rêvant de ta queue...
Je reste la regarder, complètement abasourdi. D'une part, j'imagine Nathalie faire ce qu'Émeline est en train de me dire, ce qui doit troubler un peu mes réflexions suivantes. Pourquoi ferait-elle ça alors qu'elle avait elle-même bien précisé que ça n'arriverait qu'une fois? Bordel, cette blonde a le don de me désarçonner à chaque fois que je crois l'avoir domptée! Parce que le pire, au fond, c'est qu'elle dit ça avec un tel naturel... Sans aucune pointe de jalousie.
— N'importe quoi... je finis par lui dire, même si le regard que Nathalie a posé sur mon entre-jambe quelques minutes plus tôt, juste avant de s'éclipser soudainement, me revient en tête.
— Tu veux parier? me lance-t-elle en ricanant, avant de disparaître à nouveau dans la maison.
C'est alors que je me rends compte de ce qu'elle veut faire, et je la suis dans le but de la dissuader, même si je sais que ça ne sert à rien... et que j'aimerais bien, moi aussi, en avoir le cœur net.
Nous montons donc les escaliers à pas de loup, marche après marche. Si Émeline doit retenir son fou rire à chaque instant, moi, j'ai le cœur qui bat la chamade. Qu'est-ce que je devrai faire de ça, s'il s'avère qu'elle est effectivement en train de se branler? Émeline ne semble pas se rendre compte de ce que ça impliquerait. Parce que cette fois, s'il y en avait une deuxième, Nathalie ne pourrait pas nier qu'elle a désiré un autre homme que mon père... son fils, qui plus est!
Je suis donc Émeline dans le couloir et lorsqu'elle arrive à la porte, elle tend l'oreille contre celle-ci et se tourne vers moi avec un air qui me dit: "Tu vois? Je t'avais bien dit!". Tel Saint François, il me faut, moi aussi, poser mon oreille contre la porte.
J'entends alors très nettement ses petits ahanements et le clapotement de sa chatte. Mes yeux s'ouvrent en grand. Je n'en reviens pas. Je prends la main de ma blonde et la tire dans l'autre sens, laissant Nathalie à son activité.
— Ça n'arrivera pas, dis-je sérieusement à Émeline une fois arrivés en bas. Je ne pourrais plus regarder mon père en face...
— Je comprends, me dit-elle en venant tout contre moi. Mais sache que moi, je n'y vois aucun problème. Je sais ce que je ressens pour toi, et je sais que c'est réciproque. Je ne serai jamais jalouse, tant que tu continues de m'aimer...
J'ouvre de grands yeux et plante mon regard dans le sien. Il est temps pour moi de ne plus vivre dans l'incertitude ou les sous-entendus. Si je veux avancer avec elle, je dois savoir ce qu'elle a en tête. Sur l'instant, ça me paraît être une évidence telle que je lui demande:
— Juste avec Nathalie, ou n'importe qui d'autre?
— N'importe qui, je crois...
Elle n'est plus aussi sûre d'elle, tout à coup. Je tiens alors à la rassurer:
— Je ne ferais jamais quoi que ce soit qui pourrait te blesser, Émeline. Ce genre de truc n'arriverait que si tu en retires du plaisir.
Elle vient se lover contre moi, visiblement pensive. Je la serre à mon tour, plonge le nez dans ses cheveux alors qu'elle pose sa tête sur mon épaule, les yeux dirigés vers le mur près de nous.
Je sursaute en entendant la porte de Nathalie, en haut. Alors qu'elle descend les escaliers, j'emmène Émeline jusqu'au salon et nous nous installons dans le canapé, sa tête sur mes genoux, ma main dans ses cheveux. Nathalie entre dans la salle de bain et s'enferme, avant que ma belle blonde ne reprenne où nous en étions:
— J'ai adoré te voir avec Nathalie... Et j'adorerais encore autant. Avec une autre, je ne sais pas. Je crois qu'il faudrait que ce soit quelqu'un en qui j'ai confiance, pour être sûre qu'elle ne veuille pas prendre ma place.
Je ricane en lui répondant:
— Tu crois que je me laisserais faire?
— C'est pas ça! se défend-elle. C'est juste que je pense qu'il faudrait que ce soit quelqu'un que j'aime beaucoup moi aussi. Parce que j'aimais autant te voir que de voir Nathalie...
— Ce n’est pas grave, tu sais, lui dis-je alors qu'elle fixe le plafond, continuant de réfléchir intérieurement. Pour moi, c'était une expérience géniale que je serais prêt à revivre... avec quelqu'un d'autre... Mais comme je te disais, uniquement si le plaisir est partagé.
— Tu fais quoi, vendredi soir?
Je manque m'étouffer, pensant que ma blonde s'est lassée de notre conversation et passe à autre chose brutalement.
— Rien de prévu, je lui réponds machinalement, un peu vexé. Mais je ne vois pas le rapport...
— Moi non plus... Je ne sais pas... Tu me laisserais le temps de réfléchir à tout ça avant qu'on en reparle?
Je ne peux que lui sourire. Elle a raison, après tout. Rien ne presse. Même si parfois, j'ai envie de tout faire tout de suite, de peur que le futur nous sépare, je dois aussi nous donner une chance et considérer qu'il est possible qu'on ait de nombreuses années devant nous.
Je me penche alors sur elle pour l'embrasser et ce baiser dure une éternité. Pour une fois, il n'y a rien d'autre que nos sentiments respectifs. Je n'essaye pas de la caresser outre mesure, et elle n'a pas les mains baladeuses non plus.
Nous sommes interrompus pour une Nathalie visiblement plus détendue.
— Nathan ne va pas tarder, les tourtereaux...
Je sursaute et Émeline ricane de ma réaction avant de lancer à Nathalie, sans me lâcher des yeux, avec un sacré sourire en coin:
— Elle était bien, cette fin de chapitre?
Nathalie répond un "oui" assez vague et retourne à ses occupations.
Les jours passent tranquillement. Je prends du temps avec mes amis, Émeline avec les siennes, faisant en sorte de toujours se retrouver un moment dans la journée pour nous exprimer notre jeune amour, tellement rempli de fougue. Je présume qu'Émeline a quelque chose en tête, par rapport à Nathalie, car en sa présence, elle se fait toujours un peu plus libidineuse. Je n'ai pas encore décidé si c'est à dessein, afin de faire craquer Nathalie, ou si c'est juste par plaisir de ne pas avoir à se cacher devant elle, alors que quand mon père est à la maison on doit faire comme si on n'était qu'un frère et sa sœur... qui s'entendent particulièrement bien.
Nous sommes vendredi, le week-end se profile et visiblement, Émeline est particulièrement excitée. Au petit-déjeuner, Nathalie traîne un peu plus que mon père, comme d'habitude, alors Émeline n'hésite pas, une fois sûre que la voiture de mon père est sortie de la petite cour.
Sans se cacher, et peut-être même en faisant en sorte que Nathalie la voie, elle pose sa main sur mon entre-jambe alors que je termine de manger. Elle se met à me masser vigoureusement en me demandant:
— T'as toujours rien de prévu, ce soir, Gaby?
Pris de court, je rougis en levant les yeux vers Nathalie. Celle-ci ne dit rien, mais fixe la main d'Émeline.
— Heu... Non, toujours rien. Juste demain avec les potes, comme je t'avais dit.
Ma belle blonde ricane de me voir aussi gêné et relâche un peu la pression sur mon sexe qui commence déjà à grossir.
— Cool! Je me disais que tu pourrais venir avec moi et les copines! On va se faire un bowling et on n'est que cinq, vu que Sandrine préfère son mec!
J'accepte volontiers, en me disant que ça pourra être marrant. Émeline demande à Nathalie si elle peut lui emprunter sa voiture pour la soirée et une fois que cette dernière a accepté, elle me prend par la main et m'entraîne jusque dans sa chambre.
Une fois là, j'oublie vite le passage de la main sur mon sexe devant Nathalie, j'oublie même la présence de Nathalie dans la maison et nous faisons l'amour sans vraiment se retenir. Après tout, me dis-je, j'entends régulièrement Nathalie et mon père, ce n'est que justice qu'elle nous entende aussi de temps en temps!
Nous quittons la maison, le soir, avant même que mon père ne rentre. En fait, dès que Nathalie revient du travail, Émeline lui prend ses clés et nous filons. Il faut faire quelques détours, parce qu'elle a promis à Nia et Aurélie qu'elle les conduirait ce soir. Ça fait quelques temps que je ne les ai pas vues, mais elles semblent ravies que je "remplace Sandrine pour la soirée". Je leur précise juste qu'il ne faut pas compter sur moi pour la remplacer au point de les accompagner aux toilettes.
— Qui sait? Tu rates peut-être quelque chose! me lance Aurélie en riant depuis l'arrière de la voiture.
Je vois que l'ambiance est électrique, une effervescence qui se veut rapidement communicative.
Lorsque nous arrivons sur le parking, les deux dernières nous attendent: Maeve et Perrine. Leur accueil est tout aussi enthousiaste et rapidement, je me fais à l'idée d'être le seul mec entouré de cinq jolies filles. Maeve est brune, toute petite mais aux épaules assez larges. C'est peut-être pour ça qu'elle prend souvent des attitudes assez masculines, comme la tape qu'elle me met dans le dos lorsqu'on se fait la bise. Perrine est blonde (une vraie, elle), aux seins énormes mais qu'elle cache toujours sous de gros pulls, même en ce mois de juin très clément. Aurélie est la grande perche du groupe, avec des cheveux bruns ondulés. Elle est toujours parfaitement habillée, à la limite du sexy sans pour autant aller jusqu'à la provocation. Objectivement, c'est la plus féminine du groupe éclectique qu'elles forment. En tout cas, celle qui correspond le plus aux normes de la féminité. Ce qui, à mes yeux (et particulièrement depuis que je connais mieux Émeline), fait peut-être d'elle la moins charmante de toutes, même si elle reste une belle femme. Et Nia, c'est sûrement la meilleure amie d'Émeline, même si elle me certifie qu'elle les aime toutes de la même manière. Nia est une femme noire, aux long cheveux ondulés et au large sourire capable d'illuminer une pièce à elle toute seule.
— Alors? Prêt pour la leçon, frangin? me fait Maeve, avant que l'on ne se dirige vers le bâtiment.
J'avoue que je m'étais demandé si Émeline avait parlé de notre relation à ses copines. Quand j'entends Maeve m'appeler de cette manière, je me dis que non. Je trouve ça un peu bizarre, parce que je sais qu'elles partagent beaucoup de choses. Et parfois assez intimes, même si je me doute que ce qu'elles ont pu raconter en ma présence, les quelques fois que j'ai passé du temps avec elles, n'était rien par rapport à lorsqu'elles sont entre elles seules.
À ce mot, "frangin", nous échangeons un petit sourire complice avec Émeline, puis suivons les autres filles.
À l'intérieur, c'est le bordel, je ne trouve pas d'autre mot. Je suis pourtant venu quelques fois (au début de l'ouverture), mais je n'avais pas souvenir qu'un bowling attirait autant de monde. Je comprends mieux lorsque Maeve m'explique (en braillant à cause de tous ces gens qui gueulent et de la musique trop forte) qu'en plus du bowling, il y a maintenant aussi un laser game sous-terrain, une salle de billard de l'autre côté là-bas, et un coin enfant un peu loin encore.
Énorme. Le bar est pris d'assaut, alors nous préférons nous rendre directement dans la salle de bowling pour prendre nos paires de chaussures. Cette salle est un peu plus calme, mais toutes les pistes sont prises, alors je me rends avec Émeline et Nia jusqu'au comptoir pour prendre des boissons pendant que les autres restent pour réserver notre tour.
— Je vais leur dire pour nous, ce soir, si tu es d'accord, me glisse discrètement Émeline à l'oreille pendant que nous faisons la queue.
Je suis d'abord étonné. Parce que j'aurais cru qu'elle aurait préféré leur parler de ça pendant que je n'étais pas là. Mais c'est Émeline, alors je hoche la tête en lui souriant, réprimant une envie soudaine de dévorer sa bouche.
Quelques longues minutes plus tard, nous arrivons avec les boissons auprès des autres, qui ont réquisitionné une table en attendant notre tour. Je me retrouve naturellement au bout de la table, près d'Émeline et face à Maeve. De l'autre côté de ma blonde se trouve Nia, et Aurélie, près de Maeve, a Perrine à sa droite. Nous trinquons joyeusement, profitant de le faire pendant que les conductrices ont le seul verre qu'elles boiront de la soirée.
— À Sandrine! s'exclame Perrine en riant. C'est grâce à elle qu'on va pouvoir montrer à un mec ce que c'est que de jouer au bowling!
Je veux bien la croire! Je sais que la bande se retrouve régulièrement ici, alors que moi je n'ai pratiqué que deux ou trois fois, et c'était il y a longtemps. Nous plaisantons un peu jusqu'à ce que je sente la main d'Émeline se poser sur ma cuisse et me serrer un peu.
— Les filles, vous devez savoir un truc, lance-t-elle sur le même ton qu'elle utiliserait pour lancer un ragot à propos de quelqu'un d'autre.
Les autres se penchent vers elle, sentant l'information croustillante. Pour ma part, je commence déjà à scruter leurs réactions.
— Ça va peut-être en choquer certaines, mais faut que vous sachiez que Gaby et moi, on est ensemble...
Les filles restent une seconde la dévisager, le temps que l'information monte au cerveau en plein bug, puis les regards se tournent vers moi, comme pour chercher une confirmation.
— Je le savais! s'exclame alors Perrine à l'autre bout de la table.
— N'importe quoi! lui rétorque Aurélie. Tu disais l'autre jour que t'en ferais bien ton quatre heures, du frangin!
— Heu... Non, relance timidement Perrine en rougissant.
— Du coup, me fait Maeve en me dévisageant d'une manière un peu inquiétante, ça fait de toi le frangin pervers? Classe...
Ces filles sont complètement tarées. Je comprends pourquoi Émeline les apprécie autant. Il n'y a que Nia qui ne dit apparemment rien, et vu que nous sommes séparés par Émeline, je ne vois pas trop sa réaction. Je suis toutefois rassuré lorsqu'elle se penche un peu pour me regarder, et me sort un de ses sourires si lumineux.
Elles continuent de débiter quelques blagues, jusqu'à ce que Maeve demande à Émeline:
— Vos parents sont au courant?
— Nathalie, oui, répond Émeline avec un naturel presque alarmant.
Tous les yeux convergent vers moi, alors je botte un peu en touche:
— C'est un peu plus compliqué, de mon côté...
Et elles ont le tact de ne pas me harceler de questions. Avant que les commentaires ne dérivent sur mes performances sexuelles, je suis sauvé par un gars qui vient nous annoncer que leur partie est terminée. On fait rapidement les équipes. Je suis avec Émeline, forcément, et elle vient minauder tout contre moi avant qu'on ne commence. Le fait de l'embrasser devant tout le monde me rend si heureux! Devant ses amies, qui ont toutes bien précisé qu'on ne pouvait pas vraiment dire qu'on est frère et sœur puisqu'on ne se connaît que depuis quelques mois et qu'il n'y a aucun lien de sang, nous pouvons enfin être en couple naturellement.
— Si tu me fais gagner, je te suce dans les toilettes, me glisse-t-elle à l'oreille.
Malheureusement, je me ridiculise littéralement dans la première partie. Je suis sûr que la gouttière est aimantée lorsque c'est mon tour! Je me fais charrier par toutes les filles, mais alors que nous jouons le neuvième tour et que les jeux sont faits pour moi et Émeline, j'ai un regain d'orgueil et réussit enfin un strike. Outre l'acclamation hilare des quatre amies d'Émeline, celle-ci me saute littéralement dessus, au point que les autres finissent par se taire, légèrement gênées par la lubricité qu'exprime Émeline tout à coup.
— Oh, la chaudasse! C'est à toi de jouer, hein! lui sort finalement Maeve pour nous décoller.
Après cette partie catastrophique pour notre équipe, nous laissons la place à d'autres et allons chercher de nouvelles boissons. J'essaye bien d'avoir un lot de consolation auprès d'Émeline, mais celle-ci me nargue en me disant:
— Peut-être plus tard... Si tu mérites!
Le reste de la soirée se passe plutôt sereinement. Je reçois des petites œillades de l'une ou l'autre, encore à la fois étonnées et, quelque part, émoustillées par cette nouvelle.
La deuxième partie est un peu plus serrée, mais nous sommes encore battus, et toujours pas de turlute dans les toilettes. Un dernier verre pour la route, comme on dit, et nous voilà de nouveau dans la voiture. On commence par déposer Aurélie, puis nous repartons. C'est alors que je surprends Émeline jeter un coup d'œil dans le rétro intérieur pour sourire en coin à Nia.
Lorsqu'elle repart, je remarque rapidement qu'elle ne prend pas la route de la maison, sachant que Nia n'est qu'à cinq minutes de chez mon père. J'ai beau lui demander où elle nous conduit, je ne reçois qu'un sourire en coin de sa part. J'essaye bien de me retourner vers Nia pour essayer de comprendre, mais elle reste aussi muette que sa blonde de copine.
D'un coup, Émeline s'arrête sur le parking d'un parc, vide à cette heure tardive, mais légèrement éclairé. Sûrement pour dissuader quelque malfaiteur.
— Qu'est-ce qu'on fait là? je demande avec une légère anxiété dans la voix.
— Peut-être que finalement, tu as bien mérité une récompense, me sort-elle comme si nous étions seuls dans la voiture.
Et alors qu'elle se penche pour m'embrasser, je suis tellement abasourdi que je ne pense pas tout de suite à Nia installée à l'arrière. Je commence, par réflexe, par répondre à son baiser, mais la sent bouger sans pourtant quitter mes lèvres.
Je la vois tendre le bras vers Nia et l'attirer vers nous. Elle tourne alors la tête et embrasse Nia, à quelques centimètres de mon visage!
— Oh merde...
J'aurais peut-être pu trouver quelque chose d'un peu plus intelligent à dire (ou alors me taire, carrément), mais pour ma défense, je suis énormément surpris. Je les regarde s'embrasser en remarquant un peu malgré moi qu'il ne s'agit pas du premier baiser qu'elles partagent. Leurs langues dansent ensemble d'une manière chorégraphiée, comme répétée maintes et maintes fois. Et c'est terriblement excitant.
Alors que je reste spectateur silencieux de cette démonstration de sensualité, je sens la main d'Émeline se poser sur mon entre-jambe. Dans le même mouvement, Nia passe un bras par-dessus mon siège et vient caresser mon torse.
Médusé par ce qu'elles m'offrent à voir (et à comprendre de leur relation), je me noie littéralement dans les yeux d'Émeline lorsqu'elle quitte la bouche de Nia pour me regarder.
— Embrasse-la, me dit-elle simplement.
Et un peu à la manière d'un homme sous l'effet d'un sort ou d'une hypnose, je me penche vers le visage de Nia pour exaucer le vœu de ma belle blonde. Alors que la langue de Nia m'entraîne dans une danse aussi endiablée qu'avec Émeline, cette dernière me chuchote, tout en massant fermement mon sexe sous mon pantalon, dur, déjà, comme la pierre:
— Nia et moi, c'est un peu spécial. Et ça aussi, c'est important pour moi, si tu es d'accord...
Je comprends tout à fait à quoi elle fait référence et ça a le don de me faire un peu revenir à la réalité. De la même manière qu'elle trouvait important de me partager avec Nathalie, elle veut que Nia en profite aussi. Qu'est-ce que ça fait de moi? Un simple objet sexuel? Cette idée peut paraître dégradante et légèrement refroidissante. Car mes sentiments pour elle vont bien au-delà de mes désirs sexuels. Je dois bien avouer qu'ils sont nourris par nos diverses expériences, mais on ne peut pas dire qu'ils soient nés de là. Tout le contraire, même. Mais mes doutes par rapport à ses sentiments pour moi s'évaporent en une fraction de seconde. Je me souviens tout à fait de la réaction qu'elle avait eue lorsque j'avais voulu quitter sa chambre au moment où Nathalie avait débarqué et que j'avais cru qu'il ne s'agissait que d'un jeu entre elles. Alors encore une fois, j'accepte Émeline telle qu'elle est et hoche la tête en gardant mes yeux sur Nia.
— Toi aussi? je demande à la belle black qui me sourit.
— Bien sûr, me fait-elle. Ça fait des jours qu'Émeline me bassine avec ça...
— Parce qu'elle t'a obligée? je lance en ricanant.
— Non... J'en ai vraiment très envie... Mais elle n'arrête pas d'en parler, me certifiant que je vais t'adorer... Toi et ta queue...
Encore sous le choc de ce que Nia vient de me dire, je penche un peu la tête et me tourne vers ma blonde, alors que Nia continue:
— Pour la première partie, elle avait raison...
— Ça, c'était gagné d'avance! s'exclame Émeline. Et pour la deuxième, me dit-elle en approchant son visage du mien, j'ai encore moins de doutes... Peut-être que tu devrais passer à l'arrière...
Je jette un dernier coup d'œil à Nia, comme pour m'assurer que c'est bien ce qu'elle veut. Ses yeux sombres brillent de mille feux, et elle sourit en se mordillant la lèvre inférieure. Je n'ai alors plus aucun doute et après un petit sourire à ma belle blonde décidément si déconcertante, j'ouvre la portière pour rejoindre Nia qui est déjà en train d'enlever sa petite veste.
Je m'installe au milieu, Nia à ma droite, histoire qu'Émeline puisse bien profiter du spectacle. Je la devine déjà trempée à l'idée de me voir prendre son amie, mais celle-ci, tout en déboutonnant mon pantalon, nous prévient:
— Par contre, je garde ma culotte... Mauvaise période...
Au lieu d'en être déçue, Émeline ricane et tout en glissant sa main dans son propre jeans, elle me susurre presque:
— Baise-lui sa belle bouche, s'il te plaît...
Par cette phrase, je crois que je commence à mieux la comprendre. Il y a, certes, le fait de me partager avec quelqu'un qui, à la fois, a toute sa confiance, et qui lui tient à cœur, mais je ressens bien plus que ça dans ses mots. Elle aurait pu dire à Nia de bouffer ma queue, mais c'est à moi qu'elle a adressé ces mots-là. Elle aime me regarder en action, elle aime me voir prendre mon plaisir avec une autre, avec l'assurance que mon cœur continue de lui appartenir. J'imagine que dans un sens, ça lui prouve que je ne l'aime pas que pour son corps délicieux. Dans le même moment, je me souviens de la discussion que nous avions entamée à ce sujet et je me rends compte qu’une partie de ce qui compte à ses yeux, c’est savoir si elle aimera autant me voir avec une autre qu’avec Nathalie.
Nia baisse mon caleçon avec entrain et lâche un gémissement satisfait en voyant mon membre en jaillir. Elle y passe le bout de ses doigts, malaxe doucement mes couilles pleines, les yeux pétillants d'envie.
— Tu avais raison, Émeline... Quelle belle queue il a...
Je la laisse découvrir mon pieu à sa façon, en douceur. J'en profite pour baisser un peu plus mon short, et alors qu'elle commence à enserrer mon dard dans sa main, je lui relève son t-shirt à manches longues qui moulait ses petits seins. Dès qu'elle se retrouve en soutien-gorge, elle se penche sur ma queue et se met à suçoter mon gland en serrant fermement ma verge dans sa main.
Je lâche un râle, mes yeux dans ceux d'Émeline qui se branle le clito déjà frénétiquement. Lorsque son regard descend sur Nia qui commence de doux va-et-vient sur ma verge avec ses lèvres, tout en usant de sa langue d'une façon aussi habile que délicieuse, j'en profite pour lui faire sauter son soutien-gorge.
Déjà, Nia tente de m'avaler le plus possible. J'attrape un de ses seins et le malaxe fermement pendant qu'Émeline lui relève les cheveux pour ne pas rater une miette de son spectacle. Lui tenant sa tignasse en une queue de cheval, elle accompagne ses allées et venues le long de mon chibre.
— Elle est bonne, sa queue, hein?
Nia relève la tête et se tourne vers elle. Sa voix est haletante, trahissant son excitation:
— Un pur régal, lui fait-elle.
Émeline se penche alors et elles s'embrassent à nouveau. Dans le même temps, la main experte de Nia me branle doucement, comme si elle avait peur que je perde de ma raideur. Alors que leurs bouches sont collées l'une à l'autre, les yeux de ma blonde se fixent aux miens. Elle raffermit sa prise sur les cheveux de Nia et la guide de nouveau jusqu'à mon pieu qui n'en demande pas moins. Enfin, elle appuie avec rigueur sur l'arrière de son crâne, la forçant à engorger ma queue, jusqu'à ce qu'elle voie ses lèvres sur ma garde.
Mon gland serré dans sa gorge me semble prêt à exploser. Ses haut-le-coeur sont à la limite du supportable, même pour moi. Elle relève violemment la tête, se met à tousser et cracher sur ma queue. Ses yeux ont rougi et d'épaisses larmes coulent sur ses joues.
— Regarde comme elle aime ça, me lance une Émeline visiblement elle-même survoltée.
Et en effet, je ne peux que constater que c'est la vérité. Alors qu'elle reprend son souffle en attrapant mon pieu pour le branler frénétiquement, je vois son bassin onduler de la même manière qu'elle le ferait, empalée sur ma queue.
Je ne résiste pas au plaisir de la faire couiner un peu. Elle a eu la bonne idée de porter un pantalon fin et bien moulant. Je tends alors le bras pour caresser les jolies courbes de son fessier, et viens chercher son entre-jambe. Elle se crispe aussitôt, lâche un petit couinement de plaisir, et je vois Émeline sortir de la voiture.
Je la suis du regard alors que Nia se remet à me pomper avec une certaine férocité. Ma blonde vient ouvrir la portière et se penche pour nous regarder en glissant une main dans son pantalon maintenant grand ouvert.
Je veux alors m'approcher d'elle. Obligeant Nia à stopper sa dégustation un instant, je m'assieds derrière le siège conducteur. De la sorte, Nia peut se mettre plus à l'aise, à quatre pattes sur la banquette, penchée sur mon membre, sa croupe tournée vers le parc plongé dans le noir.
Je sens sa langue me caresser à mesure que ses lèvres coulissent le long de ma verge, jusqu'à ce qu'à nouveau, mon gland pénètre sa gorge. Je grogne d'un plaisir intense, et je vois la main d'Émeline accélérer sur son clitoris.
Dès que j'en ai l'occasion, je lui baisse son pantalon juste en-dessous des fesses. Je lui plante un doigt dans son fourreau détrempé et attrape Nia par les cheveux. Je n'ai pas oublié ce qu'elle m'a dit désirer, et alors qu'elle continue de branler son bouton, j'assène des coups de reins dans la bouche de Nia.
— Défonce-moi... m'ordonne presque Nia une fois qu'elle a repris son souffle.
— Défonce-la... répète Émeline, comme au bord de l'extase.
Elle s'accroupit près de nous, un peu comme si elle allait faire pipi et se plante elle-même deux doigts, les yeux rivés sur ma queue dégoulinante de la bave abondante de Nia. Je prends alors ses cheveux d'une main, l'autre revenant sur son entre-jambe. Je la force à m'avaler comme l'a fait plus tôt Émeline. Cette fois, les haut-le-coeur sont un peu moins violents, elle s'habitue et m'avale avec de plus en plus de facilité.
Alors que je la laisse relever la tête et qu'elle est prise d'une quinte de toux, une idée me vient, espérant qu'elle plaira autant à Nia qu'à Émeline. Je laisse Nia seule sur la banquette et sors à mon tour de la voiture, obligeant Émeline à se relever et reculer.
— Tu voulais me voir lui baiser la bouche, hein?
— Et tu fais ça si bien...
Je lui souris en coin et me tourne vers Nia, me penchant pour lui poser un baiser avant de lui dire:
— Allonge-toi sur le dos, si tu es d'accord...
Elles voient toutes les deux où je veux en venir. Nia réagit la première. Elle se mord violemment la lèvre inférieure et s'exécute.
— Oh bordel! Oui! s'exclame ma blonde en remontant son pantalon avant de faire le tour de la voiture en courant joyeusement pour rejoindre Nia à l'arrière par l'autre portière restée ouverte.
Ce petit moment de flottement sonne comme un petit rappel à la réalité. Tout à coup, je me souviens où nous sommes. Je me redresse presque d'un bond et scrute l'obscurité autour, essayant de m'assurer que personne ne nous regarde. En vérité, j'aurais été bien en peine de repérer qui ce soit, à part s'il s'était tenu dans le halo de faible lumière du lampadaire.
Lorsque je reviens à Nia et Émeline, elles n'ont toutes les deux plus de pantalon. Émeline se tient à quatre pattes au-dessus de Nia et elles se caressent mutuellement. Nia a gardé sa culotte, mais pas Émeline.
— On est prêtes, me dit cette dernière.
Et je vois Nia me sourire avant de pencher un peu la tête en arrière en ouvrant grand sa bouche. Un simple geste, presque anodin. Il me bouleverse pourtant, et il me semble sentir mon sexe durcir encore, si c'était possible. Tout doucement, j'avance mon bassin. Dès qu'elle en a l'occasion, elle referme ses lèvres charnues sur mon gland et l'aspire. Elle aspire tout de moi. Je continue d'avancer avec la même lenteur devant les yeux ébahis d'Émeline, qui n'attend qu'une chose: voir ma queue disparaître complètement dans la bouche de son amie.
Malgré le petit moment de blocage au moment de passer sa glotte, je continue de pousser. Elle est prise de haut-le-coeur, mais pas aussi violents que tout à l'heure. Dès que ma garde se retrouve au niveau de ses lèvres, je râle un bon coup, puis recule, libérant sa trachée.
— Bordel, me lance Émeline, t'as vu ça? Je pouvais voir ta queue dans sa gorge.
Nia râle aussi. Elle aspire de l'air et crache mollement de la salive qui coule sur son visage, se préparant à recevoir ma queue à nouveau. Émeline attrape son portable et nous précise:
— Faut trop que tu voies ça, Nia! s'exclame-t-elle en lançant le mode vidéo alors que je me remets à avancer.
J'y vais cette fois plus franchement. Toujours aussi profondément. Au bout de quelques allers-retours, Nia semble avoir chopé le rythme et profite de chaque moment pour avaler l'air qui lui manque. Pour ma part, je suis au bord de l'explosion. Émeline filme, extasiée devant le spectacle de la gorge de Nia qui se gonfle à chaque fois que mon sexe l'élargit.
Un instant, j'ai du mal à me contrôler et accélère, donnant de bons coups de reins. Elle finit par tourner le visage sur le côté, au bord du vomissement, et je m'en inquiète un peu. Émeline filme tout, ne veut rien rater de ce moment aussi intense que lubrique, et ne lâche pas le clitoris de sa copine de sa main libre.
Voyant qu'elle n'en peut plus, et une fois assuré qu'elle ne va pas éructer, j'attrape mon manche d'une main et me mets à me branler avec frénésie. La jouissance monte, inexorablement, et je ne fais rien pour la retenir.
— Couvre-moi la gueule de ton foutre! s'exclame Nia après avoir repris ses esprits.
C'est peut-être beaucoup dire, cela dit. Parce que ses yeux, même s'ils me regardent, sont embués de larmes et de salive. Ils sont comme voilés par une lubricité proche de la transe, et sa voix est enrouée. Elle couine sous les caresses d'Émeline qui, elle, se frotte contre le ventre de Nia comme elle pourrait le faire sur un oreiller.
La vidéo risque d'être horrible à regarder, je me dis un instant, avant de sentir mon sperme remonter le long de ma verge devenue presque douloureuse. Le visage et les seins de Nia se retrouvent souillés de ma semence blanche sur sa peau noire.
Je n'ai que le temps de finir de me vider, étalant mon sperme sur le visage de Nia avec mon gland, avant qu'Émeline ne me tende le téléphone pour que je continue de filmer. Elle se jette sur son amie, l'embrasse à pleine bouche, lèche son visage, récolte mon sperme et recommence à l'embrasser pour partager mon jus.
Tout en filmant, j'en profite pour remonter mon pantalon d'une main. Je ne me remets pas de ce qui vient de se passer, et au moment où je pense que la soirée va se terminer ainsi, je vois Nia se relever un peu, attraper le visage d'Émeline des deux mains en continuant de l'embrasser et puis lui dire:
— Toi aussi, je vais te faire jouir, Émy...
Rapidement, Émeline se retrouve allongée à la place de Nia. Cette dernière lui écarte les jambes et commence à la dévorer. Littéralement. Elle aspire son gros clitoris et le mordille même, arrachant des petits cris aigus à Émeline, accrochée à sa tignasse des deux mains.
Je me penche et viens embrasser ma belle blonde aux anges. Nia lui aspire la vulve, la lèche, branle son clito de sa langue ou de ses doigts. Mais à aucun moment, elle ne la pénètre. Et alors que j'ai l'impression qu'elle va jouir, Émeline interpelle son amie:
— Viens, ma belle... Viens contre moi...
Elles doivent être encore plus habituées que je ne l'imaginais, parce que Nia comprend tout de suite ce que désire Émeline. Ma blonde s'assied sur la banquette, et Nia vient en faire de même, face à elle. Puis elles mélangent leurs jambes et se retrouvent sexe contre sexe. Elles se mettent à remuer ensemble, à gémir ensemble. Le clitoris turgescent d'Émeline frotte contre la culotte de Nia.
Lorsqu'elles accélèrent pour la dernière ligne droite, je bouge un peu pour mieux filmer l'instant. C'est à ce moment que je vois le type, caché près d'un arbre. En fait, c'est sur l'écran que je le remarque. Pour vérifier que je n'ai pas rêvé, je ne pense pas à relever la tête, mais plutôt à zoomer. Comme si je ne l'avais pas vu et que je continuais de faire ce que j'avais à faire. Il est bien là, une main qui malaxe son sexe à travers son pantalon. Je suis étonné de ne pas l'avoir remarqué avant, mais il faut dire que j'avais légèrement la tête ailleurs!
Puisqu’il ne semble pas vouloir s’approcher plus, je décide de le laisser profiter jusqu'au bout. En fait, je n'ai surtout pas envie de couper les filles juste avant leur orgasme. Je recadre la vidéo sur elles. Elles me sourient toutes les deux, sont toutes les deux tournées vers moi tout en se frottant l'une contre l'autre.
— Je t'aime! me crie Émeline.
— Je t'aime aussi tellement! je lui réponds sur le même ton sans réfléchir.
Aussitôt, je la vois se crisper. Elle explose bruyamment, prise de secousses incontrôlables. Nia continue ses frottements frénétiques et finit par la rejoindre dans l'extase. Même si je continue de filmer, je ne peux m'empêcher de quitter l'écran des yeux pour les regarder. Elles sont magnifiques. À tel point que je sens mon érection reprendre. Lorsqu'elles en sont au point de se couvrir de petits baisers, Émeline tend un bras vers moi.
— Viens...
J'arrête alors de filmer et me fais une place comme je peux auprès d'elles. Nous échangeons de nombreux baisers. Parfois moi et Émeline, moi et Nia, Nia et Émeline. D'autres fois tous les trois ensemble.
— Il faudra qu'on remette ça dans un endroit moins étroit, lance Émeline, la voix encore rêveuse.
Elle plante son regard dans le mien, attendant sûrement une réaction de ma part. Il me faut deux petites secondes pour comprendre qu'elle souhaite que je me prononce sur cette proposition. J'approche alors mon visage du sien et l'embrasse tendrement, comme une manière de lui donner ma bénédiction. Nous nous tournons ensuite ensemble vers Nia.
— Et toi, t'en dis quoi? lui demande Émeline.
— J'en dis que vous êtes complètement tarés, tous les deux! dit-elle en ricanant. Vous vous êtes bien trouvés, ça c'est sûr... Mais j'en dis aussi que j'ai hâte de sentir cette belle queue en moi...
Nous nous enlaçons tous les trois et partageons encore quelques baisers, avant que les filles ne se rhabillent. D'un rapide coup d'œil, je remarque que notre voyeur n'est plus là.
Une fois que nous avons déposé Nia chez elle, Émeline conduit jusque chez nous, mais ne sort pas immédiatement. Elle veut profiter encore un peu et nous nous enlaçons, nous embrassons. Puis je me dis qu'il faut battre le fer tant qu'il est chaud, alors je profite que le moment est encore en nous, qu'il n'a pas été balayé pas le simulacre que l'on doit jouer chaque jour devant mon père:
— Donc... toi et Nia...
— C'est assez spécial, je dois avouer, me répond Émeline sans paraître vouloir en dire davantage.
— Ça, c'est tout à fait normal. Je veux dire... Tu es spéciale, toi...
— Folle? me demande-t-elle en ricanant, même si je sens, par la répétition, qu'il y a peut-être une réelle inquiétude de sa part.
— Bien sûr que non! Est-ce que c'est de la folie d'assumer et d'exprimer ses désirs? Tu n'es pas folle, Émeline... Tu es juste une femme comme devraient l'être toutes les autres, si elles n'étaient pas écrasées par les normes machistes qui les entourent.
Elle me sort un petit sourire, pas vraiment convaincue par mon petit laïus, mais reconnaissante tout de même. Je ne lui laisse pourtant pas le temps d'approfondir le sujet, qui n'en est pas un pour moi.
— Je voulais juste savoir... Ça fait longtemps que toutes les deux... D'ailleurs c'est quoi, vous deux? Juste du plaisir? Ou il y a plus?
— Forcément qu'il y a plus! s'exclame Émeline sur un ton bizarre, comme si elle était vexée que je lui demande ça. Je te rappelle que c'est une de mes super copines. Mais le sexe, c'est juste du plaisir. Et puis ce n’est pas tout le temps qu'on se lèche et tout. La plupart du temps, on se masturbe, seulement.
— Donc c'est régulier? je lui demande en ricanant un peu, surtout pour qu'elle ne pense pas qu'il s'agit d'un interrogatoire et que je suis jaloux.
— Quand ça nous prend, me répond-elle en haussant les épaules. Tu ne serais pas jaloux, au moins?
Lorsqu'elle plonge son regard dans le mien en me posant cette question, c'est comme si l'interrogateur devenait interrogé. Je m'insurge alors:
— Moi? Jaloux? Non-non!
— Parce que tu étais clairement jaloux quand tes potes me draguaient un peu trop...
— C'est pas pareil! J'étais jaloux parce que je pensais que moi, contrairement à eux, j'avais aucune chance de t'avoir... Maintenant, c'est plus pareil...
— Ah! Donc si tes potes me draguent, tu les laisseras faire?
Il est hors de question que je m'enfonce dans cette discussion. Je lui réponds par des yeux ronds, sans un mot, puis, à mon grand soulagement, elle explose de rire.
— Excuse-moi! Mais c'était trop tentant! me dit-elle en posant sa tête sur mon épaule. Pour répondre à la question que tu n'as pas posée parce que tu n'es pas jaloux, oui. J'aime Nia... Peut-être un peu plus que les autres. Parce qu'elle me connaît vraiment. Pour être franche, l'autre jour, on s'est branlé ensemble. Enfin... mutuellement, plutôt. C'est là que je lui ai parlé de mon envie de le faire tous les trois. Elle a d'abord été étonnée, mais je lui ai expliqué...
— Tu lui as dit quoi, exactement? Si ce n’est pas indiscret...
— Après ce qu'on vient de faire, je pense que tu as le droit de savoir! Tu sais... Avant toi, il m'était difficile d'accepter d'avoir des sentiments puissants pour quelqu'un d'autre. Depuis l'autre connard à qui je m'étais ouverte en le partageant avec Nathalie. Il n'a rien compris, contrairement à toi. Et c'est toi qui as réussi ce tour de magie. Avouer mes sentiments à Nathalie, ça m'est facile, vu que je lui dis à peu près tout. Mais à un mec. En fait, c'est elle qui m'a incitée à te le dire...
— Tu ne m'as dit grand-chose, en fait...
Je ricane en me souvenant de sa main plaquée sur mon entre-jambe avant qu'elle ne m'attire dans sa chambre.
— Tu ne savais pas encore me lire... Bref... Comme tu le sais, ce jour-là, ce n’était pas prévu, même si j'en avais déjà parlé à Nathalie. Elle me connaît et m'avait dit qu'elle serait là au moment voulu. Je n'avais pas imaginé que ce soit aussi rapide! Dans ma tête, j'aurais voulu te tester un peu, avant. Mais les choses se sont passées autrement. Elle a débarqué... Et c'est aussi bien ainsi. En voyant ta réaction par rapport à elle, j'ai su que je pourrais m'ouvrir pleinement à toi. Mais aussi aux autres... Parce que tu avais raison... Nia n'est pas une amie parmi d'autres. C'est ma pote, celle sur qui je peux toujours compter et qui peut toujours compter sur moi. C'est celle que j'ai contacté directement après que tu sois sorti de ma chambre, ce jour-là. C'est celle avec qui j'ai partagé les photos de notre balade en kayak.
— Elle savait déjà tout, donc...
Je comprends mieux son manque de réaction au moment de l'annonce quelques heures plus tôt au bowling! Je pourrais me sentir un peu trahi par ce qu'Émeline me dit. Pourtant, je n'en ressens qu'encore plus d'amour. Et il faut bien se l'avouer: être celui qui réussit à ne pas décevoir Émeline, c'est plutôt gratifiant! Car il est certain que je me rends compte que ce ne sont pas tous les hommes qui seraient capables d'aimer Émeline. Je veux dire, de l'aimer à sa juste valeur. Beaucoup d'hommes rêvent d'une femme aussi délurée sexuellement qu'Émeline. Tant qu'il y a du plaisir à prendre, elle n'hésite pas un instant. Mais au-delà de ça, au quotidien, cette même façon d'exprimer son désir, aussi folle soit-elle, démontre la force de son caractère. Elle n'est pas de celles qui se soumettent aux désirs de leur homme. Elle prend les devants, incite son homme à la suivre. Émeline n'est pas une suiveuse. Elle a besoin de réconfort, de se sentir aimée, comme tout un chacun, mais elle a aussi besoin de montrer son amour, de prouver sa force... de vivre, en fait. Et je gonfle un peu le torse en me disant que moi, je ne serai pas homme à l'empêcher de vivre, à lui dicter sa conduite ou à la juger. Je ferai tout pour qu'elle puisse vivre, quitte à me retrouver sur des chemins où je ne suis pas à mon aise. Parce qu'aimer Émeline, c'est prendre des risques. À chaque instant.
— Bien sûr qu'elle savait... C'est un peu ma deuxième Nathalie... Du coup, je lui ai expliqué pour Nathalie… Et je lui ai dit que je voulais vivre la même chose avec elle, parce qu’elle est très importante pour moi, elle aussi…
Je décide alors qu'il est temps de lui parler de ce que je ressens, moi aussi. Il est important que je l'écoute, mais je crois aussi que j'ai besoin d'exprimer à voix haute ce qu'il y a en moi, afin qu'elle puisse, elle aussi, savoir qui je suis au plus profond de moi. Ce n'est pas une chose aisée et lorsque je me lance, je ne suis pas encore sûr que ce soit une bonne chose.
— Tu sais... Je suis... Comment dire? Je suis... paumé. Je crois que c'est le mot. Mais pas paumé dans le sens où je me sens perdu. Tu sais? C'est un peu comme quand tu vas te balader, sans savoir où tu vas... Et au bout d'un moment, tu ne reconnais plus rien. Tu n'as pas fait attention au chemin que tu as pris et rien autour de toi ne peut te servir de repère... à part le soleil. Et rien que sa présence te soulage, t'incite à continuer ton chemin, serein... Serein, mais complètement paumé. Ce chemin, c'est notre relation... Et ce soleil, c'est toi.
Sa tête a quitté mon épaule pour me regarder. Elle semble à la fois touchée par ce que je lui dis, mais semble aussi ne pas comprendre, ou ne pas voir où je veux en venir. Le sais-je seulement moi-même? Je continue pourtant.
— Ce qu'on a fait ce soir... Ou encore avec Nathalie... Ce n'est pas juste complètement dingue, je m'en rends compte. Je veux dire... Ce que toi tu considères comme une expression de tes sentiments, la plupart des gens le voient comme une simple expérience, ou un fantasme à réaliser. Auprès de toi, je ne suis plus la plupart des gens. Avec toi, tout ce qu'on fait prend une dimension presque... presque philosophique!
Malgré son petit ricanement, elle me laisse continuer. Je suis en roue libre, je n'ai aucune idée d'où je suis parti ni où je vais arriver. Mais je m'en contrefous. En fait, mon petit monologue est à l'image de ma relation avec Émeline.
— Sans déconner! Tu ne le fais sûrement pas exprès, en plus, tellement c'est ancré en toi! Et ça fait de moi le paumé le plus heureux du monde. Surtout que, puisqu'on en est à être totalement franc, c'est quelque chose, Nia... ou plutôt! C'est quelque chose d'apprendre que...
Je m'arrête d'un coup, fixe ses yeux en la sondant intentionnellement, la tête légèrement penchée. Elle soutient d'abord mon regard, un peu amusée par mon soliloque un peu désordonné, mais elle finit par comprendre que je cherche quelque chose en elle. Sans qu'elle se dérobe, je sens pourtant qu'elle en est un peu mal à l'aise.
— Que je ne suis pas tout seul à suivre ce soleil...
Le silence qui suit n'a rien d'embarrassant. Nous restons nous regarder l'un l'autre et je sens qu'elle me sonde à mon tour. Je me laisse faire volontiers sans broncher, et je ne tente pas de la presser de me dire quelque chose.
— Ça peut être inquiétant comme tu lis si bien en moi, Gaby... Tu as raison. Je crois que je suis un peu amoureuse d'elle, aussi...
— Et que c'est sûrement réciproque...

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