Quand j'écris
Atelier d'écriture en visio du 9 avril 2026
Atelier des Mots de Corinne Mazuir
Écrire un Prétexte, sur son propre univers d’écriture, en s'inspirant de Colette dans "La vagabonde" dont voici un extrait, page 263 :
" … j’écris, avec une abondance, une liberté inexplicables. J’écris sur des guéridons boiteux, assise de biais sur des chaises trop hautes, j’écris, un pied chaussé et l’autre nu, mon papier logé entre la plateau du petit déjeuner et mon sac à main ouvert, parmi les brosses, le flacon d’odeurs et le tire-bouchon ; j’écris devant la fenêtre qui encadre un fond de cour, ou les plus délicieux jardins, ou des montagnes vaporeuses… Je me sens chez moi, parmi ce désordre de campement, ce n’importe où et ce n’importe comment, et plus légère qu’en mes meubles hantés…
*
J’écris,
Seul ou avec quelques-uns,
Que je découvre ou que je connais déjà.
J’écris sans frontière,
Dans le ici et maintenant et plus loin encore,
Dans le futur,
Parfois de chez moi
Ou bien de chez les autres.
J’écris sur une table,
Dans un grand carnet dédié à la chose
Ou directement sur l'écran de mon ordinateur.
J’écris sur moi et sur mon passé
Récits de vie, souvenirs enfouis,
Attachés à des êtres et des choses.
J’écris aussi sur les autres
Que je croise dans la rue ou au café
Et pour qui j’invente
Une vie, des amis, un métier, un savoir,
Une destinée, des intentions, une famille,
Des secrets.
J’écris devant ce théâtre populaire,
Ce quatrième mur réel ou virtuel,
Parfois sous la contrainte consentie,
D’une thématique et d’un trousseau de mots clés.
Quelques fois, de simples nouvelles,
Souvent de la poésie,
J’écris sur tout ce qui m'entoure
Et sur ce monde qui manque terriblement de douceur.
Lorsque j'écris, je me sens souvent comme habité,
Dans une sorte de gymnastique intérieure,
Pour tenter de maîtriser mon imaginaire,
Qui à l'instar de Colette,
Se confronte à une abondance et une liberté inexplicables.
Quand j’écris, je me sens vraiment chez moi.
=0=
#JMP 2026/04

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