chapitre 18: L'été arrive.

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Le mois de juillet passe à une vitesse folle. J’ai décroché un emploi dans un grand parc d’attractions : le parc Astérix. Je passe mes journées à installer les visiteurs dans les manèges, à regarder les autres s’amuser pendant que je travaille. Une ou deux fois, on a pu profiter du parc avec Mattéo, surtout les week-ends ou les jours où j’étais en repos : un des avantages de ce job d’été.

Pendant ce temps, Mattéo travaille beaucoup pour mettre de l’argent de côté pour ses études. Il donne des cours de sport à des groupes d’enfants. Il a du travail pendant les séances, mais aussi énormément en dehors pour préparer ses cours et s’organiser. Ses journées sont longues et chargées.
Mais le soir, on se retrouve, et on passe toutes nos nuits l’un contre l’autre.

Le mois d’août arrive. Il y a quelques jours, on s’est installés devant l’ordinateur pour chercher la destination de nos premières vacances en amoureux. Mattéo, qui s’y connaît un peu mieux que moi, lance la recherche sur son ordinateur.

— Alors, si on regardait où partir tous les deux ?

— D’accord. Tu veux faire comment ?

— Je connais un site qui propose plein de séjours à prix réduits. Ils sont fiables et les

destinations font rêver, rien qu’à voir les photos.

— Vas-y, montre-moi.

— Voilà, on y est. Allons voir ce qu’ils proposent. Nos collections «tout inclus», ça te va ?

— Bien sûr. On paye une bonne fois pour toutes, et là-bas on ne pense plus à rien. Vas

y, clique.

Il n’avait pas menti : les destinations sont toutes plus folles les unes que les autres. Devant nous, une vingtaine de propositions pour l’Espagne, la Tunisie, les Canaries, même les Maldives ou la République dominicaine.
Des plages paradisiaques, des hôtels de luxe, du soleil… rien de mieux pour se reposer et s’évader loin de tout ce qui s’est passé cette année.

— Ça donne vraiment envie. Certaines destinations sont plus abordables que d’autres.

On va essayer de ne pas se ruiner, quand même.

— Je suis d’accord, surtout qu’avec les années d’études qui nous attendent, on a intérêt

à garder un peu d’argent de côté.

Après quelques heures de recherches, on jette notre dévolu sur la Crète. On ne connaît ni l’un ni l’autre.

— Regarde cette offre, elle a l’air sympa. Moins soixante-dix pour cent. Destination Crète, près d’Héraklion. Tout inclus, une semaine, vol compris. Ça te tente ?

— Go, vas-y ! Les photos sont superbes, l’hôtel a l’air bien. La Crète, c’est une île pas très grande, on pourra en faire le tour. Et deux piscines… on aura de quoi faire. Le petit plus : vue sur la mer. Ça semble très reposant.

Le plus loin où je suis déjà allée, c’était en Espagne avec mon lycée dans le cadre d’un échange linguistique. Là, on choisit un hôtel 4 étoiles, au bord de la plage, avec deux piscines au moins. On opte pour la formule all inclusive, comme ça on pourra manger et boire quand on veut sans frais supplémentaires.

Avec ce site, et un départ de dernière minute, on profite même d’une offre très intéressante.
Au programme : recharger les batteries loin de tous les problèmes, et apprendre à vivre ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Nous voilà maintenant à l’aéroport, cartes d’identité à la main, les valises enregistrées. On se dirige vers la porte d’embarquement. On s’assoit dans la zone de départ. Je m’installe et, pour passer le temps, je sors de mon sac le livre que je viens d’acheter : « Où es-tu ? » de Marc Lévy.

Pendant ce temps, Mattéo repose sa tête sur mon épaule, les yeux fermés. Il récupère un peu après ce long mois de travail. J’adore le regarder dormir, le voir aussi apaisé. Je cale ma respiration sur la sienne.

Après presque une heure, une hôtesse appelle les passagers :

— Mesdames et messieurs, l’embarquement porte 2 à destination d’Héraklion va bientôt commencer. Merci de vous rapprocher de l’hôtesse pour le contrôle des billets.

Je réveille Mattéo doucement, d’une caresse sur la joue et d’un bisou sur la tempe.

Il se redresse.

— Salut… bien dormi ?

— Pas si mal. Tu es confortable comme coussin, finalement.

— Très drôle ! Ils nous ont appelés, on doit embarquer.

— Très bien, vas-y, je te suis. Passe devant.

— Ah oui ? Et pourquoi ça ?

— Pour que je puisse te mater, bien sûr.

— Ne t’inquiète pas, tu auras tout le loisir pendant ces sept jours.

— Que les vacances commencent alors !

On se lève, on récupère nos affaires et on se met dans la file. Je tends nos cartes d’embarquement et nos pièces d’identité.

— Tout est en ordre, monsieur et madame. Merci d’avoir choisi notre compagnie. La

passerelle est juste derrière. Une collègue vous guidera vers vos places. Bon vol et bon séjour.

— Merci, bonne journée.

Une autre hôtesse nous accueille à l’entrée de l’avion. On trouve nos sièges et on s’installe.

— Ça serait sympa si ta mère était sur ce vol.

— Impossible, elle ne fait que les longs courriers.

— Dommage… On aurait peut-être eu des collations gratuites, répond-il avec un clin d’œil.

L’hôtesse commence les consignes de sécurité.
Quand elle a terminé, Mattéo me lance :

— Ça y est, c’est officiel : on est en vacances.

— Oui. Et j’ai tellement hâte d’être là-bas, rien qu’avec toi, pendant toute une semaine.

Une fois descendus de l’avion, la douane passée et les valises récupérées, on prend la navette de l’hôtel.

Arrivés sur place, on découvre un immense hall. Je n’ai jamais mis les pieds dans un hôtel pareil. C’est grandiose. J’en suis impressionnée, presque émerveillée.

— Waouh, tu as vu ça ? C’est magnifique !

— Oui, cet hôtel est incroyable. Regarde la piscine, là-bas.

— J’avoue que j’irais bien y piquer une tête tout de suite.

L’hôtesse d’accueil arrive vers nous :

— Bonjour monsieur, madame. Que puis-je faire pour vous ?

— Bonjour, nous avons une réservation au nom DUPUY/DUBOIS.

— Très bien. Chambre de luxe, vue mer, formule tout inclus pour deux adultes, sept

jours. C’est exact ?

— Parfaitement.

Elle nous remet nos clés, nos bracelets all inclusive et un plan de l’hôtel. Puis elle nous détaille les restaurants, les horaires, les bars, les excursions, la location de voitures…

— Je vous souhaite un excellent séjour. N’hésitez pas si vous avez besoin.

— Merci beaucoup !

On part découvrir notre chambre. Puis on se change rapidement pour aller profiter de la piscine.
Après un long vol, rien de mieux que d’y plonger pour se détendre et entrer vraiment dans les vacances.

J’enfile vite mon maillot et une petite robe noire. Je termine de ranger mes affaires.

Mattéo, lui, observe le paysage… et m’observe moi. Il est heureux que je sois là. Il me trouve belle, plus souriante depuis le début des vacances. Même si je ne me suis pas vraiment remplumée, il apprécie ma beauté telle qu’elle est. Il est de plus en plus amoureux, surtout après ce mois passé ensemble, à partager nos soirées, nos réveils, nos routines. Il a aimé m’avoir près de lui, me serrer dans ses bras chaque soir.

Le soir, après avoir profité de l’eau, du soleil et de quelques cocktails, on va manger au restaurant de l’hôtel : un grand buffet très bien fourni. Un vrai plaisir pour les yeux… et pour nos estomacs. Peut-être que je réussirai à reprendre un peu de poids avec tout ça.

Après ce moment gourmand, on se pose au calme, toujours un cocktail à la main, sur les poufs au bord de la piscine.
La nuit est tombée, l’ambiance est douce, presque romantique. Lové l’un contre l’autre sous un ciel étoilé, on feuillette le prospectus des excursions.

— Alors, qu’est-ce que tu as trouvé d’intéressant ?

— Franchement, plein de choses. On peut louer une voiture, par exemple. Les prix sont

dérisoires.

— Ah bon ? Combien ?

— Un euro la journée. On paye juste l’essence. Par contre, il n’y a que moi qui peux

conduire.

— Pourquoi ça ?

— Parce qu’il faut le permis depuis au moins cinq ans. Je te rappelle que tu as encore

ton A, mademoiselle.

— Oui ça va… Je sais que je suis une jeunette.

— Et moi un vieux croûton, c’est ça ? dit-il avec un sourire.

— Et vu la taille de l’île, on peut en faire le tour dans la journée.

— Super idée. Moi j’ai vu une randonnée organisée par l’hôtel, ça a l’air sympa.

— OK, on réserve demain. Mais demain… aucune excursion : on dort, on bronze, on

boit, on mange.

— Un vrai début de vacances ! Sacré programme !

Le surlendemain, on loue une voiture et on part faire le tour de l’île.
À l’autre extrémité, on s’arrête manger dans un petit restaurant sur une terrasse qui surplombe une falaise. On découvre des plats inconnus. L’ambiance romantique nous donne envie de marcher un peu, main dans la main, dans les ruelles du village.
De temps en temps, on s’arrête pour s’embrasser.

Puis on reprend la voiture pour trouver un coin tranquille. On déniche une petite crique isolée.
On descend un chemin escarpé jusqu’à une plage vide. On enfile nos maillots et on file se baigner dans une eau turquoise comme je n’en avais jamais vu.

À ce moment précis, dans ce lieu paradisiaque, le monde semble s’être arrêté autour de nous. Le silence n’est troublé que par le clapotis contre les rochers, et la lumière danse sur nos peaux comme si l’île entière cherchait à nous caresser.

Mattéo se rapproche, son sourire se fond dans celui que je n’arrive plus à contenir.
Sa main glisse doucement le long de ma taille, comme si chaque geste devait être savouré, mémorisé, gravé. Je sens la chaleur de ses doigts malgré l’eau fraîche, et mon cœur s’emballe, incapable de se cacher.

— Dis donc, jeune homme, vous n’auriez pas les mains baladeuses ? murmuré-je, mi

amusée, mi-frissonnante.

Il s’approche davantage, son visage contre le mien, son souffle sur mes lèvres.

— Je te touche comme si la mer avait décidé de te ramener vers moi. Et ne me dis pas

que tu n’aimes pas…

Son timbre grave, murmurée à fleur d’oreille, fait vibrer quelque chose de profond en moi. Je ne m’étais jamais sentie aussi vivante, aussi désirée, aussi… libre.

— Si… j’aime beaucoup, avoué-je dans un souffle. Le cadre est… absolument parfait. Et terriblement excitant. Mais imagine… s’il y a un plongeur juste en dessous ?

Il rit, un rire bas, enveloppant, qui me traverse comme une onde.

— Dans ce cas… il doit être en train de se rincer l’œil.

Je l’enlace, je me serre contre lui, laissant mon front se poser contre sa joue mouillée.
Sa main remonte dans mon dos, lentement, comme s’il apprenait ma peau par cœur.
Je ferme les yeux, et tout devient instinct, chaleur, présence.

Pendant une seconde, j’ai l’impression que cette île a été créée juste pour nous deux — pour qu’on puisse sentir nos cœurs battre au même rythme, loin de tout, hors du temps.

Quelques jours plus tard, la randonnée dans les montagnes me coupe le souffle… et pas seulement à cause de la montée. Mattéo marche juste devant moi, se retourne souvent pour s’assurer que je vais bien. Chaque fois que son regard croise le mien, je sens quelque chose se serrer, puis s’ouvrir en grand dans ma poitrine.

— Ça va, tu tiens le rythme ? me demande-t-il doucement.

— Oui, ne t’inquiète pas. Je fais juste attention à mes appuis… et puis si je glisse, tu pourras me rattraper avec tes bras musclés.

Il sourit, ce sourire qui me fait fondre un peu plus à chaque fois.

— Je te porterai volontiers. Tu es légère comme une plume… et puis j’aurai une excuse

pour te garder tout près.

Ses mots me réchauffent plus que le soleil.

Arrivés à la plage de sable noir, la vue nous coupe le souffle. Mais ce n’est rien comparé à ce que je ressens lorsqu’il me regarde enlever ma tenue de randonnée.
Son regard n’est pas insistant ; il est tendre, profond, presque émerveillé.
Comme s’il découvrait quelque chose de précieux qu’il ne savait pas qu’il avait déjà.

Ses photos ne sont pas juste des souvenirs. Ce sont des traces d’un moment où nos cœurs se sont rapprochés encore un peu plus.

Je sens qu’il m’aime….Il ne le dit pas….Pas encore
Mais dans sa façon de me toucher du bout des doigts, d’arranger une mèche derrière mon oreille, de me regarder comme si j’étais sa lumière… tout le murmure.

Et je sais que je suis en train de tomber, moi aussi. Tomber, doucement….Tomber, profondément.

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