27. La Damoiselle Sibylle et la Princesse des Rêves

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Dans le royaume de Sylvaria, où les châteaux scintillaient sous le soleil et les jardins regorgeaient de roses parfumées, vivait une jeune damoiselle nommée Sibylle de Brumeuil. Elle venait d’avoir ses 20 ans et était issue d’une lignée noble aussi ancienne que respectable.

La Damoiselle Sibylle, qui avait perdu ses parents dans ses premières années, avait été élevée comme pupille du Royaume dans le strict respect des convenances, avec une éducation si raffinée qu’elle savait distinguer les différentes nuances de blanc dans les dentelles et réciter les règles de l’étiquette royale dans son sommeil.

Mais par-dessus tout, la Damoiselle Sibylle nourrissait une admiration sans bornes pour la Princesse Sylvie de Sylvaria, qu’elle n’avait pourtant jamais rencontrée. Elle avait entendu parler de la princesse à travers les murmures des salons, les récits des domestiques et les chansons des troubadours. On disait que la Princesse Sylvie était gracieuse, espiègle, et dotée d’un esprit aussi vif que son sourire. La Damoiselle Sibylle imaginait la princesse comme une créature presque mythique, un mélange de grâce royale et de fantaisie, bien loin de l’image rigide et protocolaire qu’on lui avait inculquée.

Chaque soir, avant de s’endormir, la Damoiselle Sibylle lisait des livres sur l’histoire de Sylvaria, s’attardant sur les passages mentionnant la princesse. Elle collectionnait les portraits officiels de la Princesse Sylvie, les étudiant avec une dévotion quasi religieuse. Dans son esprit, la princesse était une figure de perfection, un idéal à atteindre. Elle rêvait même de lui écrire des lettres, qu’elle ne postait jamais, de peur de troubler la sérénité de Sa Majesté.

Un jour, alors qu’elle assistait à un bal donné en l’honneur du roi, la Damoiselle Sibylle entendit une conversation qui allait changer sa vie. Deux courtisans chuchotaient près d’un buisson de roses :

— Le roi cherche une dame de compagnie pour la Princesse Sylvie. Il veut quelqu’un de rigoureux, de cultivé, et qui sache tenir une cour.

— Ah, oui, la Princesse Sylvie…Après les incidents des derniers mois, il est grand temps qu’elle ait une dame de compagnie digne de ce nom, murmura l’autre courtisan avec un sourire en coin.

— Quels incidents ? demanda le premier courtisan, intrigué.

— Oh, tu n’as pas entendu parler des dernières histoires ? Dans l’une la princesse provoqué une révolte des servantes du palais et a mis la moitié des habitants de la capitale à s’occuper de ses robes, et dans la deuxième, elle a recommencé à plonger tout le personnel du palais dans le chaos avec son dragon sans flammes à qui elle laisse faire les pires bêtises, répondit l’autre en riant doucement.

— Par la Sainte Licorne… s’exclama le premier courtisan, horrifié.

— Oui, et ce ne sont que les derniers exemples en date. Le roi en a assez de ses frasques. Il veut quelqu’un qui puisse canaliser son énergie et lui apprendre à se comporter comme une véritable princesse.

La Damoiselle Sibylle, qui écoutait discrètement, sentit un frisson d’excitation la parcourir. Des révoltes des serviteurs du palais ? La population assignée à l’entretien des robes ? Cela semblait après tout si… humain.

Elle imagina la Princesse Sylvie, non plus comme une figure parfaite et lointaine, mais comme une jeune femme pleine de vie, capable de s’amuser et de faire des bêtises. Cela ne fit que renforcer son désir de la rencontrer et de l’aider.

— Eh bien, je vais lui apprendre à être une princesse digne de son rang, murmura-t-elle pour elle-même

La Damoiselle Sibylle sentit son cœur battre plus vite. Une dame de compagnie pour la Princesse Sylvie ! C’était comme si le destin lui tendait une opportunité en or. Elle se redressa, ajusta sa robe avec une élégance calculée, et avec cette résolution en tête, elle se prépara à affronter les défis qui l’attendaient.

Elle demanda audience auprès du roi, et le jour venu, elle s’approcha du trône avec toute la dignité dont elle était capable. Elle s’adressa au roi d’une voix claire et posée.

— Votre Majesté, si je puis me permettre, je serais honorée de servir la Princesse Sylvie. Mon éducation, ma rigueur et mon admiration pour elle feraient de moi une dame de compagnie dévouée.

Le roi, amusé par son audace et impressionné par sa prestance, la regarda avec un sourire bienveillant.

— La Damoiselle Sibylle Adelheid de Brumeuil, n’est-ce pas ? Votre réputation vous précède. C’est une fort bonne chose que ce soit vous qui vous proposiez pour cette tâche. Très bien, vous êtes nommée. Vous serez convoquée demain matin au palais pour rencontrer la princesse.

La Damoiselle Sibylle crut que son cœur allait exploser de joie. Elle s’inclina avec grâce, les joues roses d’émotion, et murmura :

— Merci, Votre Majesté. Je ne faillirai pas à ma mission.

Cette nuit-là, la Damoiselle Sibylle ne dormit pas. Elle passa des heures à préparer ses bagages, choisissant avec soin chaque robe, chaque livre, chaque accessoire qui pourrait plaire à la princesse. Elle imaginait déjà leurs conversations, leurs promenades dans les jardins, et surtout, le moment où elle verrait enfin la Princesse Sylvie en chair et en os.

Le lendemain matin, alors que le soleil se levait sur Sylvaria, la Damoiselle Sibylle monta dans la calèche royale, le cœur gonflé d’excitation et d’espoir. Elle partait vers son destin, vers la princesse qu’elle avait tant idéalisée, prête à tout donner pour servir celle qu’elle considérait comme la plus merveilleuse des créatures.

Et ainsi, la Damoiselle Sibylle de Brumeuil, avec ses rêves pleins la tête et son cœur rempli d’admiration, s’en alla vers le palais royal, sans se douter des surprises et des aventures qui l’y attendaient…

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