34. La Princesse Sylvie et l’Éblouissement du Combat
La Princesse Sylvie, vêtue de son costume de serveuse, qu’elle portait avec une élégance forcée afin de se familiariser avec son personnage, se tenait en retrait du plateau de tournage, les yeux écarquillés d’émerveillement.
L’équipe de production Étoiles Dorées était en pleine préparation d’une scène de combat épique entre l’acteur principal, le noble et héroïque Maître Wei, et un redoutable adversaire.
— Oh, Sibylle ! Regardez comme il est gracieux ! Comme il manie son épée avec précision ! s’exclama la Princesse Sylvie, les mains jointes contre sa poitrine.
La Damoiselle Sibylle, toujours attentive aux convenances, murmura discrètement :
— Sylvie, ma chère, un peu de retenue. Vous attirez l’attention de toute l’équipe.
Mais la Princesse Sylvie, trop captivée, ne l’entendait pas.
— Et ses mouvements ! On dirait un vrai guerrier légendaire !
À quelques pas de là, le Prince Olivier, pour sa part véritable maître à l’épée et fier prince et général de Valoria, observait la scène avec un mélange d’admiration professionnelle et de jalousie naissante. Il croisa les bras, l’air légèrement agacé.
— Hum. Intéressant… marmonna-t-il, tout en jetant un regard en coin à la Princesse Sylvie, dont les yeux brillaient d’admiration.
La Damoiselle Sibylle, sentant la tension monter, tenta de détourner l’attention de la Princesse Sylvie.
— Votre Altesse, peut-être pourrions-nous discuter de votre propre scène ? Celle où vous servez le thé avec grâce et élégance ?
— Plus tard, Sibylle ! Regardez ! Il va sauter par-dessus ce décor ! répondit la Princesse Sylvie, incapable de détacher son regard du plateau.
Et effectivement, Maître Wei exécuta un saut spectaculaire, atterrissant avec une précision parfaite. La Princesse Sylvie poussa un cri d’admiration, ce qui fit tourner plusieurs têtes vers elle.
— Sylvie ! Un peu de discrétion, je vous prie ! gronda la Damoiselle Sibylle, exaspérée.
Pendant ce temps, Margot, qui était censée superviser la préparation des en-cas, avait repéré un second rôle masculin, un acteur au sourire charmeur et aux yeux pétillants. Elle rougit légèrement en le voyant s’entraîner avec l’équipe des cascades.
— Margot, concentrez-vous sur votre travail ! murmura la Damoiselle Sibylle, remarquant sa distraction.
— Oui, Sibylle… répondit Margot, les joues roses, tout en continuant à jeter des regards furtifs vers l’acteur.
Le Prince Olivier, de plus en plus irrité par l’enthousiasme de la Princesse Sylvie, décida d’intervenir.
— Sylvie, si tu veux tant voir des combats, je pourrais t’en montrer quelques-uns moi-même. Après tout, je suis un authentique maître d’armes, expert à l’épée moi aussi. Et expert en arts martiaux Valoriens.
La Princesse Sylvie, sortie momentanément de sa transe admirative, cligna des yeux.
— Oh, Olivier ! Bien sûr, mais… ce n’est pas pareil. Lui, c’est un acteur de c-drama !
Olivier serra les dents, tandis que la Damoiselle Sibylle tentait de calmer le jeu.
— Prince Olivier, Votre Altesse, peut-être pourriez-vous nous montrer quelques techniques plus tard ? Cela serait très instructif.
— Avec plaisir, Sibylle, répondit Olivier, un sourire forcé aux lèvres.
La Princesse Sylvie, toujours sous le charme de Maître Wei, soupira rêveusement.
— Je me demande s’il accepterait de m’apprendre à manier l’épée…
La Damoiselle Sibylle, horrifiée à cette idée, s’empressa de répondre :
— Sylvie, ma chère, une princesse ne se bat pas avec une épée. Elle incarne la grâce et la dignité.
— Mais c’est tellement plus excitant ! protesta la Princesse Sylvie.
— Peut-être, mais vous avez un rôle à jouer, et il ne consiste pas à brandir une arme.
La Princesse Sylvie, légèrement déçue, se résigna.
— Bon, d’accord. Mais je veux au moins une scène où je peux être un peu plus… dynamique.
Pendant ce temps, Margot, toujours distraite, faillit renverser un plateau de thé en regardant le second rôle masculin.
— Margot ! s’exclama la Damoiselle Sibylle, exaspérée. Un peu de concentration, je vous prie !
— Oui, Sibylle… murmura Margot, les joues toujours roses.
Flamme, qui avait assisté à toute la scène depuis un coin discret, émit un grrr… (Traduction approximative : « Les humains sont vraiment étranges parfois. »), avant de retourner à sa quête secrète de dragons nains cathayens.

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