55. La Princesse Sylvie et le Banquet Catastrophe
Les temps étaient durs pour tout le monde au Royaume de Sylvaria. La Princesse Sylvie, dont la vie tournait autour de son smartphone impérial doré, était privée de son précieux appareil, le centre de sa vie, tout en se retrouvant en charge de l’organisation du grand banquet en l’honneur de la reine.
Pire encore, Margot et la Damoiselle Sibylle, ses fidèles alliées, furent bannies aux jardins du palais et interdites de lui parler. Les temps étaient vraiment durs pour tout le monde.
***
La Princesse Sylvie : la Princesse Désemparée
La Princesse Sylvie se réveilla avec un sentiment de vide. Sa main chercha instinctivement son smartphone… mais elle ne rencontra que le vide. Elle poussa un cri digne des plus grandes tragédies.
— MARGOT ! SIBYLLE ! AU SECOURS !
Mais personne ne répondit. Margot et la Damoiselle Sibylle étaient désormais prisonnières des jardins royaux, condamnées à arracher les mauvaises herbes et à tailler les haies sous l’œil sévère du premier adjoint au jardinier en chef, Monsieur Piquette.
En entendant ce cri tragique, l’une des assistantes de Margot, Marjolaine, accourut. C’était une brave fille mais elle n’avait pas l’habitude d’avoir affaire directement à la Princesse. Comprenant les difficultés de sa maîtresse, elle lui fit une suggestion timide.
— Votre Altesse, peut-être devriez-vous utiliser un parchemin et une plume ?
La princesse la regarda comme si elle venait de lui proposer de danser nue devant le collège des Hauts Conseillers.
— Une plume ?! Marjolaine, nous sommes à l’ère des miroirs magiques connectés !
Mais tout en lui hurlant cela, la Princesse Sylvie comprit une vérité cruelle : les princesses punies doivent se débrouiller sans technologie.
Sans son smartphone, la Princesse Sylvie se retrouva confrontée à des problèmes insurmontables.
Pour la liste des invités, normalement, elle aurait simplement envoyé un message groupé : Cher Duc, vous êtes cordialement invité au banquet royal. RSVP par pigeon voyageur. À la place, elle écrivit donc des lettres à la main, ce qui prit des heures, et elle oublia d’inviter le comte de Biscornu, ce qui provoqua une crise diplomatique mineure.
Pour la décoration des tables, elle voulait des nappes en soie bleue, mais sans son smartphone, elle ne pouvait pas comparer les échantillons de tissus. Elle choisit une teinte trop foncée, ce qui fit dire à la reine : Ma chère, cela ressemble à mon enterrement.
Enfin, pour le menu du banquet, elle essaya de se souvenir des recettes préférées de la reine, mais sans ses notes numériques, elle fit des erreurs. Elle commanda du canard rôti au miel, alors que la reine détestait le miel depuis un incident avec des abeilles quand elle était enfant.
Elle essaya de négocier avec les fournisseurs, mais sans son smartphone, elle ne pouvait pas consulter ses notes et se fit arnaquer sur le prix des fruits et légumes frais.
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Margot et la Damoiselle Sibylle : Les Jardinières Malheureuses
Pendant ce temps, Margot et la Damoiselle Sibylle subissaient leur propre calvaire dans les jardins du palais.
La Damoiselle Sibylle, habituellement si calme et si distinguée, se retrouva à genoux dans la terre, en train de planter des bulbes.
— Je n'arrive pas à croire que je sois en train de faire ça, murmura-t-elle en regardant ses mains couvertes de terre.
Elle était en train de vivre un cauchemar.
— Je… je n’ai jamais tenu une paire de ciseaux de jardinage de ma vie ! gémit-elle en essayant de tailler une haie sans succès.
Margot rit doucement.
— Au moins, nous sommes ensemble…
Monsieur Piquette, le 1er adjoint, les surveillait d’un œil critique.
— Vous deux, si vous ne travaillez pas plus vite, vous allez finir par disparaître sous l’herbe qui pousse !
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Flamme, le Dragon Déprimé
Flamme, le petit dragon timide, errait dans les couloirs du palais, l’air misérable.
— Grrr… (Traduction approximative : « Sans mon collier connecté, je ne peux même plus envoyer des messages à Sylvie pour lui dire que le cuisinier a encore refusé de me donner mes gâteaux au miel. »)
Long, son ami dragon, essaya de le réconforter.
— Grôô… (Traduction approximative : « Allez, Flamme, ce n’est que temporaire. Et Sylvie va s’en sortir. »)
Mais Flamme n’était pas convaincu. Sans collier, sans gâteaux, il n’avait même plus le cœur à faire des concours de pets avec Long, alors qu’il avait pourtant fait des progrès impressionnants…
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La Révolte des Deux Jardinières
Au bout de deux semaines, et la date du banquet approchant, Margot et la Damoiselle Sibylle, épuisées par leurs journées de travail manuel, décidèrent de prendre les choses en main.
— Sibylle, nous ne pouvons pas laisser Sylvie se débrouiller seule. Elle va ruiner le banquet ! déclara Margot en essuyant la sueur de son front.
La Damoiselle Sibylle, bien que terrifiée à l’idée de désobéir au roi, acquiesça.
— Vous avez raison. Mais comment l’aider sans se faire prendre ?
Elles échangèrent un regard complice et sourirent.
— Par les tunnels secrets, bien sûr !
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Le Plan Secret
Margot et la Damoiselle Sibylle profitèrent de la nuit pour se faufiler dans les tunnels secrets du palais, évitant les gardes et les pièges. Elles arrivèrent enfin dans les cuisines, où la Princesse Sylvie était en train de crier sur les cuisiniers.
— Non, non, non ! Les canapés doivent être triangulaires, pas carrés ! Tout va mal ! Les nappes sont horribles, le menu est un désastre, et je n’ai même pas de playlist pour l’ambiance musicale !
Elle s’assit en se laissant tomber sur un tonneau de rhum vieux, le visage dans les mains.
— Je ne survivrai pas à cette punition…
C’est à ce moment que Margot et la Damoiselle Sibylle surgirent de l’ombre, couvertes de terre, de feuilles et de toiles d’araignée.
— Votre Altesse, nous sommes là pour vous sauver ! annonça Margot avec détermination.
La Princesse Sylvie les regarda, les yeux remplis de larmes de joie.
— Margot ! Sibylle ! Vous êtes venues !
La Damoiselle Sibylle sortit un petit carnet de sa poche.
— Nous avons pris des notes sur ce qu’il faut faire et nous vous les avons apportées. Mais nous devons être rapides avant que l’on s’aperçoive de notre absence.
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La Course Contre la Montre
Les trois amies travaillèrent sans relâche toute cette nuit-là pour sauver le banquet et expliquèrent à la princesse tout leur plan en détail. Margot organisa les cuisiniers, la Damoiselle Sibylle vérifia les détails de la décoration.
Leur idée était à la fois simple et efficace : demander l'aide des cuisiniers, des serveurs et de tous les personnels du palais puisqu’ils connaissaient déjà très bien leur travail après tout, et revenir aux méthodes traditionnelles pour tout planifier et gérer. Il ne restait plus qu’à la princesse… eh bien, de savoir s’adapter pour réussir à ne pas tout gâcher.
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La Lumière au Bout du Tunnel
Alors que le soleil se levait, la princesse savait maintenant que le banquet pourrait être prêt dans les temps. Les tables seraient magnifiquement décorées, les plats délicieux, et les invités pourraient commencer à arriver.
La Princesse Sylvie, épuisée mais soulagée, regarda ses amies avec gratitude.
— Merci, Margot et Sibylle. Sans vous, cela aurait fini en désastre total.
Margot sourit.
— C’est ce que font les amies, Votre Altesse.
La Damoiselle Sibylle, prudente, jeta un coup d’œil vers la porte.
— Maintenant, nous ferions mieux de retourner aux jardins avant que quelqu’un ne remarque notre absence.
La Princesse Sylvie acquiesça.
— Vous avez raison. Allez-y, et merci encore.
Alors que Margot et la Damoiselle Sibylle disparaissaient dans les tunnels secrets, la Princesse Sylvie se prépara à affronter les derniers jours de préparatifs et accueillir les invités. Mais elle savait que sa véritable victoire était d’avoir retrouvé ses amies.
Et elle apprit que même dans les moments les plus difficiles, il est possible de trouver des solutions et de transformer les épreuves en opportunités.

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