66. Le Conte du Prince Olivier, de Mei-Ling et des Pâtisseries Enchantées
Il était une fois, dans le royaume de Sylvaria, un prince nommé Olivier, dont le cœur battait aussi fort que les tambours de guerre, mais pour des raisons bien différentes. Alors que le dragon nain Flamme se remettait de ses tristes mésaventures, le palais retrouvait enfin un peu de calme. Ce répit était parfait pour l’introspection, les confessions, les excuses et les poèmes.
Un matin, alors que les roses du jardin royal commençaient à s’éveiller, le Prince Olivier, vêtu d’une tunique aussi élégante que son courage était fragile, se dirigea vers les appartements de Mei-Ling. Dans ses mains, il tenait une lettre, écrite en mandarin avec la plus belle calligraphie dont il était capable. Chaque caractère était tracé avec autant de soin que s’il préparait une déclaration de guerre… mais en bien plus poétique.
***
La Rencontre
Mei-Ling, assise près d’une fenêtre ouverte, contemplait les montagnes lointaines. Elle portait une robe de soie bleue, aussi paisible que la mer par un jour sans nuages. Lorsqu’Olivier entra, elle ne se leva pas tout de suite. Elle attendit, comme une reine attendant qu’un vassal s’incline.
— Mei-Ling, je suis venu vous parler, commença Olivier la voix tremblante comme une feuille en automne.
Elle le regarda, ses yeux noirs aussi profonds que les énigmes des anciens sages.
— Je sais pourquoi vous êtes là, Prince Olivier.
Olivier fut surpris.
— Vous savez ?
Mei-Ling sourit, un sourire aussi fin qu’une lame de jian, l’épée droite de Cathay.
— Bien sûr. Vous venez me demander de bien vouloir vous excuser.
Olivier s’inclina profondément, comme s’il voulait toucher le sol avec son front.
— Oui. Je viens vous présenter mes excuses. Pour tout ce qui s’est passé. Je n’ai pas su vous protéger. J’aurais dû refuser de participer à cette folie.
Mei-Ling le regarda un long moment, puis elle parla, sa voix aussi douce que le vent d’été.
— 道歉不难,难的是真心实意。(« S’excuser est facile, ce qui est difficile, c’est de le faire avec sincérité. »)
Olivier releva la tête, les yeux humides.
— Je le fais avec sincérité. Je n’ai jamais voulu vous humilier. Je sais à quel point l’honneur compte pour vous.
Mei-Ling hocha la tête.
— 知错能改,善莫大焉。 (« Reconnaître ses torts et les corriger, c’est la plus grande vertu. »)
Elle se leva alors, et Olivier vit qu’elle n’était pas brisée. Elle était Mei-Ling, l’actrice, la femme, la Cathayenne fière.
— Je vous ai observé, Prince Olivier, dit-elle. Dès le début du tournage du c-drama. Vous étiez noble, mais pas arrogant. Fort, mais pas cruel. Je savais que vous n’étiez pas un homme mauvais.
Olivier sentit son cœur se serrer.
— Pourtant, j’ai failli.
Mei-Ling sourit à nouveau.
— 人非圣贤,孰能无过? (« Nul n’est saint ou sage, qui ne commette pas d’erreurs ? »)
Elle prit une profonde inspiration, puis récita un poème ancien.
—「 海纳百川,有容乃大; 壁立千仞,无欲则刚。 (« La mer accueille cent rivières, c’est en étant accueillant qu’on devient grand ; une falaise se dresse, inflexible, car elle est sans désir. »)
Olivier écouta, émerveillé.
— Vous êtes trop généreuse.
Mei-Ling secoua la tête.
— Non. Je suis juste.
Elle s’approcha de lui et posa une main sur son épaule.
— Je vous pardonne, Prince Olivier. Mais souvenez-vous : 以德报怨,以直报怨。 (« Rendez le bien pour le mal, rendez la justice pour l’injustice. »)
Olivier sentit une larme couler sur sa joue.
— Merci.
Mei-Ling sourit, et cette fois, son sourire était aussi chaud que le soleil.
— Maintenant, allez. Et la prochaine fois que vous voyez une pâtisserie suspecte, j’espère que vous la jetterez par la fenêtre.
***
Épilogue
Ainsi, le Prince Olivier apprit que même les erreurs les plus graves pouvaient être réparées par des excuses sincères et un peu de poésie. Mei-Ling, quant à elle, retrouva sa dignité, et le palais de Sylvaria retrouva sa paix… du moins jusqu’à la prochaine aventure de la Princesse Sylvie.
Et Flamme, le dragon nain, se remit enfin de sa convalescence, prêt à semer à nouveau le chaos… mais cela, c’est une autre histoire.

Annotations
Versions