70. Les Deux Beautés et le Prince Olivier
Dans l’immense aile des réceptions du palais de Sylvaria, un salon privé baignait dans une douce lumière dorée. Les murs, ornés de tapisseries représentant des scènes de la mythologie sylvarienne, semblaient murmurer les récits du passé. Les flammes de la grande cheminée projetaient des ombres dansantes sur le sol de marbre, tandis que les rires et les conversations d’amis résonnaient dans la pièce.
La Princesse Sylvie, la Damoiselle Sibylle, Margot, Mei-Ling l’envoûtante actrice de la lointaine Cathay, et le Prince Olivier étaient rassemblés comme ils en avaient l’habitude désormais. La soirée était bien avancée, après un dîner somptueux servi dans l’une des salles à manger du palais réservée aux évènements privés, et l’ambiance, chaleureuse et détendue, invitait aux confidences.
Un grand plateau de spécialités charcutières des hauts-plateaux du nord-est de Sylvaria, très réputées, trônait au centre de la table, accompagné d’un assortiment de petits fours. La Princesse Sylvie avait réussi on ne sait comment à en ramener un bel assortiment, certainement avec la complicité de Margot, dont le sourire malicieux en disait long. Sibylle, toujours attentive, avait parfaitement remarqué ce petit manège, mais elle concevait que ces soirées soient un moment à part, où le protocole et l’étiquette pouvaient s’assouplir.
Mei-Ling, fidèle à elle-même, avait fait préparer tout un assortiment de thés parfumés de la lointaine Cathay, chaque parfum plus envoûtant que le précédent. Elle les faisait venir spécialement. Quelques liqueurs et digestifs posés sur les dessertes expliquaient certainement la bonne humeur générale, y compris celle de Mei-Ling, qui ce soir-là s’éloignait plus qu’à l’accoutumée de la réserve et du raffinement de son éducation cathayenne. Pourtant, malgré cette légèreté inhabituelle, son esprit restait aussi affûté qu’à l’accoutumée.
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La Liqueur de Poire
Mais le principal responsable de cela était sans nul doute un flacon en cristal de roche qui captait tous les regards. Taillé avec une précision magistrale, il semblait défier les lois de la lumière. Ses parois translucides, d'une pureté immaculée, étaient gravées des armoiries de Sylvaria : une licorne majestueuse, symbole de pureté et de grâce, délicatement ciselée, surmontée de la couronne de la reine. Quelques saphirs, d'un bleu qui devait être celui des profondeurs de l’océan, étaient discrètement sertis le long du col du flacon. Sa base, légèrement évasée, reposait sur un socle d'argent ciselé, où des motifs floraux entrelacés rappelaient les jardins royaux de Sylvaria.
La liqueur de poire qu'il contenait était d'un ambre doré, du soleil liquide, et semblait danser sous les jeux de lumière filtrant à travers le cristal. Chaque goutte en contenait les siècles de savoir-faire qui l'avaient engendrée. Fabriquée dans les chais du palais, cette liqueur était le fruit de cépages royaux cultivés dans les jardins de la reine, où les maîtres de chai, gardiens d'une recette transmise depuis plus de vingt-cinq siècles, veillaient jalousement sur son élaboration. Vieillie dans des barils en chêne de haute qualité, cerclés d'or pour préserver sa pureté, elle avait acquis des notes subtiles de vanille, de miel sauvage et d'épices rares.
Cette liqueur, digne des banquets les plus fastueux, avait sa propre desserte, ornée d'un plateau en or finement repoussé et de gobelets taillés dans le même cristal de roche que le flacon. La Princesse Sylvie, toujours avec son habileté légendaire, avait réussi à se procurer cet alcool royal, réservé habituellement aux seules lèvres du souverain. Et ce soir-là, tous avaient pu lever leur verre en l'honneur d'un tel nectar, savourant chaque gorgée comme un hommage à l'art, à la tradition et à l’amitié.
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La Promesse à Tenir
Margot s’éclaircit la gorge et lança un regard malicieux à la Princesse Sylvie.
— Votre Altesse, vous nous avez promis de nous raconter toutes vos aventures depuis que nous avons été envoyées dans l’enfer terreux des jardins, jusqu’à ce que nous revenions du purgatoire humide de la laverie du palais. Et je crois que certaines histoires impliquent un certain prince… dit-elle en jetant un coup d’œil taquin à Olivier.
La Princesse Sylvie et Mei-Ling échangèrent un regard complice, un sourire malicieux aux lèvres. Elles savaient exactement de quoi parlait Margot.
— Ah, oui… les aventures des deux beautés et du Prince Olivier… murmura Mei-Ling avec un rire cristallin.
— Exactement ! Et je crois que certaines de ces histoires méritent d’être racontées en détail… s’exclama la Princesse Sylvie, les yeux pétillants de malice.
La Damoiselle Sibylle, toujours attentive à son rôle de dame de compagnie, se redressa légèrement sur son siège, un sourire poli aux lèvres, bien qu’une étincelle d’amusement brillât discrètement dans ses yeux. Elle prit une discrète gorgée de sa liqueur de poire, savourant la douceur fruitée qui lui réchauffait la gorge, tout en jetant un regard rapide à Olivier, dont l'air légèrement anxieux ne lui échappait pas.
— Votre Altesse, je dois avouer que je suis… intriguée par ce que vous allez nous raconter, dit-elle avec une courtoisie mesurée, tout en reposant délicatement son verre sur la table.
Margot, moins préoccupée par le protocole, hocha la tête avec enthousiasme.
— Oui, et n’oubliez pas les détails !
Olivier, assis un peu à l’écart, sentit une goutte de sueur perler sur son front. Il savait ce qui allait suivre, et il n’était pas sûr d’apprécier le reste de la soirée.
Sylvie et Mei-Ling commencèrent leur récit, alternant les anecdotes avec une synchronisation parfaite, comme si elles avaient répété ensemble.
— Tout a commencé quand nous avons découvert qu’Olivier avait drogué Mei-Ling avec des gâteaux à la fleur de lune… commença la Princesse Sylvie.
— Non, non, non ! interrompit Olivier, qui tentait de retarder la partie du récit le concernant. En fait, tout a commencé bien avant cela. Tout a commencé avec la décision de faire revenir Mei-Ling.
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Olivier le maître espion (ou presque)
— Ah, oui, la fameuse décision de faire revenir Mei-Ling… murmura la Princesse Sylvie avec un sourire malicieux.
— Exactement ! s’exclama Olivier, soulagé de pouvoir enfin expliquer en premier son point de vue.
— Nous avons utilisé comme prétexte de lui proposer une collaboration artistique avec le Ministère des Affaires Culturelles de la capitale, en lui disant qu'elle serait rattachée au service événementiel du palais. Une offre difficile à refuser, surtout pour une artiste de son talent. Tout cela dans l’objectif d’en savoir plus au sujet du smartphone impérial trafiqué. Nous pensions Mei-Ling mêlée à cette affaire d’espionnage à ce moment-là.
— Et bien sûr, vous avez essayé de me soutirer des informations… dit Mei-Ling avec un sourire amusé, tout en prenant une petite gorgée de sa liqueur de poire.
— Oui, j’ai tenté à plusieurs reprises de découvrir ce que vous saviez… Mais chaque fois, j’ai échoué, admit Olivier, un peu gêné.
Sibylle, qui venait de porter son verre à ses lèvres, faillit s’étrangler en avalant de travers. Elle toussa discrètement dans sa main, les yeux brillants d’amusement, tout en s’efforçant de conserver une expression neutre.
— Le pauvre Prince Olivier, un spécialiste du renseignement qui n’a pas su y faire avec moi… se moqua gentiment Mei-Ling, tout en lançant un regard complice à la Princesse Sylvie, qui hocha légèrement la tête en signe d’assentiment.
— Je me suis mal exprimé. Je n’ai pas échoué dans mes tentatives. Vous n’avez rien révélé, naturellement parce que vous étiez innocente. Mais je ne le savais pas à ce moment-là, protesta Olivier.
— Ah, le grand spécialiste du renseignement qui ne sait pas reconnaître un espion d’une beauté innocente de la lointaine Cathay… dit Mei-Ling en riant, tout en levant son verre en direction d’Olivier.
Le prince rougit légèrement tant sous l’effet du compliment que de l’ironie.
***
La Capture Cathayenne
Sibylle, qui venait de prendre une nouvelle gorgée de sa liqueur de poire, esquissa un sourire raffiné tout en posant délicatement son verre sur la table, les joues légèrement rosies par l’effet combiné de la liqueur et de l’amusement.
— C’est vrai, je l’admets. J’ai été un peu trop zélé dans mes investigations, soupira Olivier.
Mei-Ling, un sourire énigmatique aux lèvres, leva lentement son verre de liqueur de poire avant de le porter à ses lèvres avec une grâce calculée. Elle prit une gorgée, puis le reposa avec une lenteur délibérée, laissant le silence s’installer.
— Mon cher Olivier… Vous oubliez une chose essentielle, murmura-t-elle d’une voix douce, presque mélodieuse.
Elle se leva avec une élégance féline, ses mouvements fluides comme une danse. D’un geste théâtral, elle écarta légèrement les bras, paumes ouvertes, comme pour offrir une vision à son auditoire captif.
— De son seul charme envoûtant et mystérieux, la beauté cathayenne infligea au glorieux général la seule défaite qu’il n’eût jamais connue sur un théâtre d’opérations…
Elle marqua une pause, fermant les yeux comme pour savourer le souvenir, puis elle poursuivit :
— En le capturant. En le faisant prisonnier de mes seuls bras pâles comme la nacre, d’une douceur qui évoque la soie la plus fine.
Un silence lourd s’abattit sur l’assemblée. Mei-Ling resta immobile, les paupières closes, le visage tourné vers le plafond comme si elle revivait l’instant. Dans son esprit, elle revit cette étreinte, la façon dont Olivier s’était retrouvé sans défense entre ses bras, son cœur battant contre le sien, son souffle chaud contre sa joue.
Puis, avec une lenteur calculée, elle rouvrit les yeux, un sourire triomphant aux lèvres.
Sylvie, incapable de se contenir plus longtemps, avala une bonne rasade de sa liqueur de poire avant de foudroyer Olivier du regard.
— Et cela valut au grand spécialiste du renseignement une première version de sa future punition : deux mois de nettoyage des écuries, déclara-t-elle avec humeur, avant de reposer son verre d’un geste sec.
Mei-Ling, sentant soudain une chaleur lui monter aux joues, porta une main à son visage. Elle prit délicatement son éventail de soie, tout en se rasseyant, l’ouvrit d’un geste gracieux et commença à s’éventer avec une lenteur étudiée, comme pour chasser une émotion trop vive.
La Damoiselle Sibylle, habituellement si maîtresse d’elle-même, sentit son visage s’empourprer sous le choc. Ses yeux s’écarquillèrent, et sa main trembla légèrement autour de son verre de liqueur de poire, renversant quelques gouttes du précieux nectar. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son n’en sortit. Pour la première fois de sa vie, l’étiquette et le protocole lui échappèrent complètement. Elle resta figée, les joues brûlantes, incapable d’imaginer le Prince Olivier, fier général et stratège, réduit à l’impuissance par… une étreinte.
Margot, de son côté, était restée bouche bée, les yeux aussi larges que des soucoupes. Elle cligna plusieurs fois des paupières, comme si elle tentait de chasser une hallucination. Puis, incapable de se retenir, elle éclata d’un rire nerveux, avant de se rattraper en avalant une longue gorgée de sa liqueur de poire pour apaiser le chaos de ses pensées.
— Par la Sainte Sylvie… Quand j’ai dit de ne pas oublier les détails, je ne m’attendais pas à… à ça, murmura-t-elle enfin, la voix étranglée.
Sibylle, encore sous le choc, but une gorgée généreuse la main encore tremblante. Elle toussota légèrement, les yeux humides, avant de murmurer :
— Votre Altesse… Je… Je n’ai pas les mots.
Olivier, toujours assis, avait l’air d’un homme qui venait de rencontrer l’ultime défaite. Il fixait le sol, les épaules affaissées, comme s’il venait de perdre une bataille qu’il n’avait même pas su qu’il menait.
Mei-Ling, quant à elle, s’éventait avec une indifférence calculée, un sourire à peine perceptible aux lèvres. Elle semblait savourer chaque instant de ce triomphe silencieux, ses yeux en amande brillants de malice derrière son éventail de soie. Elle déclara doucement :
—「一笑傾人城,再笑傾人國。」(Yī xiào qīng rén chéng, èr xiào qīng rén guó.)
Elle leur traduisit :
— « Un premier sourire fait tomber les villes, Un second sourire fait tomber les royaumes. »
Elle ajouta :
— C’est une citation célèbre de la poétesse Li Qingzhao qui illustre la puissance irrésistible du charme féminin, capable de conquérir bien plus que les armes.
Sylvie, toujours debout, ne quittait pas Olivier des yeux. Son regard était aussi tranchant qu’une lame.
— Je crois que tu as très bien compris la leçon, Olivier. Et que tu ne donneras plus jamais de potions aux dames dans mon dos, dit-elle d’une voix glaciale.
Un silence pesant s’installa, rompu seulement par le crépitement des flammes dans la cheminée. Margot, toujours hilare, leva son verre en direction d’Olivier.
— À la santé du prince… et de sa première – et dernière – défaite. Face à une véritable Dame.
Sibylle, reprenant peu à peu ses esprits, esquissa un sourire timide.
— Je crois que nous venons d’assister à un moment historique…
Mei-Ling abaissa légèrement son éventail, révélant son regard.
— Et je crois que nous devrions porter un autre toast… à l’amitié, à la loyauté… et aux leçons bien apprises.
Tous levèrent leurs verres, même Olivier, qui sourit piteusement malgré lui, reconnaissant la défaite avec une certaine grâce.
— À l’amitié… et aux leçons bien apprises, répéta-t-il, avant de boire une gorgée de sa liqueur de poire.
Il soupira profondément.
Sylvie et Mei-Ling échangèrent un regard complice, un sourire triomphant aux lèvres.
— Mais nous avons appris une leçon importante… ajouta Mei-Ling, tout en continuant de s’éventer avec élégance.
— Oui, nous avons appris que parfois, il vaut mieux faire preuve de patience et de diplomatie plutôt que de précipiter les choses… ajouta Mei-Ling.
***
L’Affaire des Gâteaux à la Fleur de Lune
Sylvie et Mei-Ling développèrent alors cette histoire de gâteaux empoisonnés. Elles expliquèrent que lors d’un dîner avec le Prince Olivier, en fait une énième tentative du Prince de lui soutirer des informations, Mei-Ling avait été droguée avec des pâtisseries auxquelles avait été ajoutée une préparation spéciale à base de camomille et de lavande additionnées d’une molécule enchantée, et devant agir comme un puissant sérum de vérité sur Mei-Ling. A qui Olivier n’aurait plus eu qu’à poser toutes les questions qu’il voulait.
— Nous pensions évidemment qu’Olivier était responsable… commença Sylvie.
— Mais nous avons découvert plus tard que c’était en fait le roi… poursuivit Mei-Ling.
— Et le roi a présenté ses excuses à Mei-Ling… ajouta Sylvie.
— Oui, il a eu une entrevue avec moi à cette fin… dit Mei-Ling, un sourire triste aux lèvres, tout en prenant une petite gorgée de sa liqueur de poire.
— Et Olivier n’en savait rien… il devait juste poser habilement des questions comme lors de ses tentatives précédentes conclut Sylvie. Et Mei-Ling aurait tout simplement répondu cette fois-là.
La Damoiselle Sibylle, bien que choquée par cette révélation, s’efforça de garder une expression neutre, tout en sentant un frisson d’indignation lui parcourir l’échine. Elle prit une discrète gorgée de sa liqueur de poire, savourant la douceur fruitée qui lui réchauffait la gorge, tout en jetant un regard rapide à Olivier, dont l'air contrit lui sembla soudain plus sincère.
— Votre Altesse, je… je ne sais pas quoi dire, murmura-t-elle, cherchant ses mots avec soin. C’est une affaire des plus… délicates. Le roi !...
Margot, moins réservée, s’exclama :
— Le roi ?! C’est incroyable !
— C’est horrible… murmura Sibylle, secouant légèrement la tête, comme pour chasser cette pensée troublante, tout en portant son verre à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de liqueur de poire.
Olivier, soulagé, hocha la tête.
— Oui, et je suis désolé pour ce qui s’est passé…
Sylvie et Mei-Ling échangèrent un regard complice, un sourire tendre aux lèvres.
— Nous le savons… murmura Sylvie.
— Et nous avons pardonné… ajouta Mei-Ling.
— Mais cela ne signifiait pas que nous allions oublier… dit Sylvie avec un sourire malicieux.
— Non, nous avons alors décidé de lui donner une leçon qu’il n’oubliera jamais… ajouta Mei-Ling.
***
Le Piège Diplomatique : Une Leçon de Subtilité Cathayenne
Sylvie et Mei-Ling expliquèrent comment elles avaient élaboré leur plan pour humilier Olivier avec élégance. Elles avaient invité le prince à un dîner privé, où Mei-Ling lui avait offert un coffret laqué contenant un poème calligraphié en encre dorée.
— Le poème disait : « Le prince sage connaît ses torts, mais le fou répète ses erreurs. Pardonnez-lui, car il ignore que deux femmes peuvent tout manigancer. » raconta Mei-Ling.
Tout en prenant une petite gorgée de sa liqueur de poire, elle imitait la voix douce et mélodieuse qu’elle avait utilisée ce soir-là.
— Et Olivier, bien sûr, a cru qu’il s’agissait d’un pardon… poursuivit Sylvie en riant.
— Il ne savait pas que c’était le début de sa semaine la plus humiliante… ajouta Mei-Ling.
***
La Semaine Humiliante (Mais avec Elégance)
Sylvie et Mei-Ling décrivirent en détail les tâches humiliantes qu’elles avaient imposées à Olivier pendant sept jours.
— Il a dû organiser des spectacles auxquels il devait assister avec nous, pendant que nous commentions chaque performance avec un sourire angélique… dit Sylvie, imitant la voix de Mei-Ling.
— « Oh, Olivier, ce jongleur est bien meilleur que toi. » répéta Mei-Ling en riant, tout en portant son verre à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de liqueur de poire.
La Damoiselle Sibylle, malgré ses efforts pour rester impassible, sentit un petit rire lui échapper. Elle prit une discrète gorgée de sa liqueur de poire, savourant la douceur fruitée qui lui réchauffait la gorge, tout en s’efforçant de retrouver sa contenance.
— Et les poèmes qu’il a dû lire… continua Sylvie, les larmes aux yeux de rire. Des poèmes qui racontaient ses échecs et ses tentatives maladroites de manipulation.
— Le prince qui croyait être malin, se fit prendre par deux femmes fines. récita Mei-Ling avec un sourire malicieux, tout en prenant une petite gorgée de sa liqueur de poire.
— Et les règles absurdes pour servir le thé… Il devait verser le thé avec sa main gauche, faire une révérence après chaque tasse, et accepter nos conseils vestimentaires… ajouta Sylvie.
— « Pourquoi ne pas essayer une robe ? Juste pour voir. » dit Mei-Ling en imitant la voix de Sylvie, tout en portant son verre à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de liqueur de poire.
Sibylle, cette fois, ne put retenir un petit gloussement, qu’elle transforma rapidement en une toux discrète, tout en baissant les yeux pour cacher son amusement. Elle prit une discrète gorgée de sa liqueur de poire.
— C’est… euh… une situation des plus… originale, murmura-t-elle, tout en portant son verre à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de liqueur de poire.
Margot, quant à elle, éclata de rire sans retenue.
Olivier, rouge de honte, tenta de se défendre.
— Je… je n’avais pas le choix ! Vous savez comment elles peuvent être persuasives…
Sylvie et Mei-Ling échangèrent un regard complice, un sourire triomphant aux lèvres. Olivier fit mine de se draper dans une dignité offensée, redressant le menton et croisant les bras sur sa poitrine, mais l’éclat malicieux dans ses yeux trahissait son amusement intérieur.
— Oh, oui, nous savons… murmura Sylvie, tout en prenant une petite gorgée de sa liqueur de poire.
Mei-Ling, avec un sourire énigmatique, ajouta :
— Cependant, craignant avec son bon cœur qu’il ne s’exécute, nous avons décidé d'un commun accord de faire preuve de magnanimité et de lui éviter cette humiliation finale. Cela a démontré que nous savions faire preuve de souplesse avec grâce.
***
Le Piège Final
Sylvie et Mei-Ling racontèrent ensuite comment elles avaient tendu un piège final à Olivier.
— Le septième jour, nous lui avons envoyé une lettre anonyme… commença Sylvie.
— Une lettre signée Une Admiratrice Secrète… poursuivit Mei-Ling.
— Qui l’invitait à un rendez-vous secret dans les jardins… continua Sylvie.
— Et bien sûr, il a cru qu’il avait une alliée secrète… Peut-être vous, Sibylle, ou toi Margot, ajouta Mei-Ling en riant, tout en portant son verre à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de liqueur de poire.
— Mais quand il est arrivé, nous l’attendions, assises sur un banc, un sourire malicieux aux lèvres… dit Sylvie.
— Et nous lui avons demandé de promettre de ne plus jamais utiliser de potions magiques et de nous consulter avant de prendre des décisions importantes… conclut Mei-Ling.
La Damoiselle Sibylle, malgré son désir de rester protocolaire, ne put s’empêcher de sourire franchement cette fois, trouvant finalement toute cette histoire délicieusement amusante. Elle prit une discrète gorgée de sa liqueur de poire.
— Vous avez été… ingénieuses. Je dois l’admettre, c’est une stratégie des plus… créative, dit-elle, un sourire sincère aux lèvres.
Margot et Sibylle éclatèrent de rire, admiratives devant la ruse des deux beautés.
— C’est génial ! Vous avez été impitoyables… ajouta Margot, un sourire malicieux aux lèvres, tout en portant son verre à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de liqueur de poire.
Olivier, vaincu, soupira profondément.
— Je n’avais aucune chance contre vous deux…
Sylvie et Mei-Ling échangèrent un regard complice, un sourire triomphant aux lèvres.
— C’est vrai… murmura Sylvie.
***
Conclusion
La soirée se termina dans les rires et les confidences, avec Flamme et Long jouant joyeusement avec les flammes dans la cheminée. Les cinq amis avaient appris à se connaître, à se faire confiance, et à se soutenir mutuellement. Et même si Olivier avait subi quelques humiliations, il savait qu’il pouvait compter sur elles.
La Damoiselle Sibylle, bien que toujours attachée au protocole, sentit une chaleur réconfortante l’envahir en voyant l’amitié qui liait leur groupe. Elle sourit doucement, réalisant que parfois, même les leçons les plus humiliantes pouvaient renforcer les liens les plus précieux. Elle prit une dernière gorgée de sa liqueur de poire.
Et tandis que les flammes dansaient dans la cheminée, éclairant les visages souriants de Sylvie, Mei-Ling, Margot, Olivier et Sibylle, chacun savait qu’ils venaient de vivre une soirée qu’ils n’oublieraient jamais. Une soirée où les confessions avaient tissé des liens indestructibles, et où même les erreurs pouvaient se transformer en souvenirs joyeux.
Car après tout, dans le royaume de Sylvaria, l’amitié et la loyauté étaient les valeurs les plus précieuses de toutes.
Ainsi, sous les étoiles de Sylvaria, la légende des deux beautés et du Prince Olivier continua de grandir, devenant un conte que l’on se raconterait encore longtemps, avec un sourire et une pointe d’amusement.

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