77. La Princesse Sylvie et la Magie des CGI

6 minutes de lecture

Un matin ensoleillé, alors que la Princesse Sylvie était occupée à admirer son reflet dans son miroir en or poli préféré, un messager se présenta à ses appartements, portant une lettre scellée de cire rouge frappée d’un sceau de dragon.

— Votre Altesse ! s’exclama-t-il en s’inclinant. Des nouvelles de Cathay ! La post-production de la série cathayenne avance à grands pas !

La Princesse Sylvie bondit de sa chaise, les yeux brillants d’excitation et prenant la lettre pour la parcourir rapidement des yeux. La seule mention de c-drama réveillait ses addictions.

— La post-production ? Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-elle, intriguée.

La Damoiselle Sibylle, qui était en train de trier des robes, leva un sourcil.

— Ah, la post-production… C’est là que la magie opère, Votre Altesse. Après le tournage, les images sont retouchées numériquement. On appelle aussi cela les CGI. Les acteurs peuvent être embellis, les décors améliorés, et même des créatures fantastiques peuvent être ajoutées !

La Princesse Sylvie écarquilla les yeux.

— Vous voulez dire qu’on peut changer mon apparence ?! s’exclama-t-elle, immédiatement en train d’imaginer les possibilités.

La Damoiselle Sibylle sourit, devinant ses pensées.

— Oui, mais avec modération, Votre Altesse. Il ne faut pas exagérer.

— Exagérer ?! En aucun cas. Je veux juste changer quelques malheureux détails. Des broutilles ! s’écria la Princesse Sylvie en sautant de joie.

Elle se tourna vers son reflet et commença à pointer du doigt chaque partie de son corps.

— D’abord, mes pieds ! Ils sont trop petits. Je veux des pieds plus longs et plus élégants, comme ceux de Mei-Ling !

La Damoiselle Sibylle soupira.

— Sylvie, vos pieds sont parfaits tels qu’ils sont.

— Non, non, non ! insista la Princesse Sylvie. Et mes mains ! Elles sont trop rugueuses. Je veux des mains douces et parfaites, comme celles d’une princesse de c-drama !

Margot, qui était en train de préparer une tasse de thé, leva les yeux au ciel.

— Votre Altesse, vos mains sont déjà parfaites.

— Et mes cheveux ! continua la Princesse Sylvie, ignorant leurs remarques. Je veux qu’ils soient plus longs, plus soyeux, et qu’ils brillent comme de la soie sous le soleil !

Le Prince Olivier, qui venait d’entrer dans la pièce après s’être annoncé, ne put s’empêcher de rire.

— Sylvie, tu es sérieuse ? Tu veux vraiment modifier ton apparence ?

— Bien sûr ! Et mes yeux ! Je veux qu’ils soient plus grands et plus expressifs, comme ceux des actrices cathayennes ! répondit la Princesse Sylvie avec enthousiasme.

La Damoiselle Sibylle tenta de la calmer.

— Sylvie, ma chère, tu es déjà magnifique telle que tu es. Les CGI sont là pour améliorer les détails, pas pour transformer complètement une personne.

— Mais Sibylle, je veux être parfaite ! Et mon nez ! Je veux qu’il soit plus fin et plus droit ! insista la Princesse Sylvie.

Margot, exaspérée, posa sa tasse de thé avec un bruit sec.

— Votre Altesse, vous allez finir par ressembler à une statue de marbre !

Le Prince Olivier éclata de rire.

— Ou à une poupée en porcelaine !

La Princesse Sylvie, ignorant leurs moqueries, continua sa liste.

— Et mes lèvres ! Je veux qu’elles soient plus pulpeuses et plus roses !

Puis, après une pause dramatique, elle baissa les yeux vers sa poitrine et soupira profondément.

— Et surtout, ma poitrine ! Elle est trop petite. Je veux qu’elle soit plus généreuse, comme celles des plus belles actrices cathayennes !

La Damoiselle Sibylle, choquée, faillit s’étouffer avec sa gorgée de thé.

— Sylvie ! s’exclama-t-elle, horrifiée. C’est… c’est indécent !

Le Prince Olivier, hilare, se tenait les côtes.

— Oh, Sylvie, tu veux vraiment que les CGI fassent des miracles ?!

Margot, rouge de honte, se cacha le visage derrière ses mains.

— Votre Altesse, je vous en prie, un peu de décence !

La Princesse Sylvie, insensible à leurs réactions, continua sur sa lancée.

— Et mon ventre ! Trop rond à cause des gâteaux au miel et de la charcuterie. Je veux qu’il soit plat et musclé, comme celui des héroïnes de c-dramas !

La damoiselle, voyant que la situation commençait à échapper à tout contrôle, prit une profonde inspiration.

— Sylvie, ma chère, il est important de rester naturelle. Les spectateurs doivent reconnaître la véritable Princesse Sylvie dans son personnage.

— Mais Sibylle, je ne peux qu’être la plus belle ! s’exclama la Princesse Sylvie, les yeux brillants de détermination.

Le Prince Olivier, toujours amusé, s’avança.

— Sylvie, tu es déjà la princesse la plus excentrique et la plus drôle de Sylvaria. Pourquoi en vouloir encore plus ?

— Parce que je suis en train de devenir une star, Olivier ! Et les stars sont parfaites ! Et cela doit se voir ! répondit la Princesse Sylvie avec conviction.

La Damoiselle Sibylle, voyant qu’elle ne pourrait pas la raisonner, décida de jouer le jeu.

— Très bien, Sylvie. Si tu veux vraiment modifier ton apparence, nous pouvons en discuter avec les producteurs. Mais souviens-toi, la vraie beauté vient de l’intérieur.

— Oh, merci, Sibylle ! Je savais que vous comprendriez ! s’exclama la Princesse Sylvie, ravie.

Et ainsi, la Princesse Sylvie passa le reste de la journée à imaginer toutes les modifications qu’elle voulait apporter à son personnage. Margot et le Prince Olivier, quant à eux, échangèrent des regards complices, sachant que la post-production allait être une aventure aussi chaotique que le tournage lui-même.

Mais la Damoiselle avait une idée en tête. Elle savait que la Princesse Sylvie avait un faible pour les gâteaux au miel, la charcuterie et toutes sortes d’autres choses du même genre. Elle décida donc de préparer un festin spécial pour le dîner, avec tous les plats préférés de la princesse.

Lorsqu’ils se réunirent autour de la table, la Damoiselle Sibylle présenta, parmi d’autres spécialités gastronomiques de Sylvaria, un plateau de gâteaux au miel dorés, de saucisses fumées et de fromages fondants.

— Sylvie, ma chère, avant de prendre des décisions hâtives, goûtez d’abord à ces délices. Rien ne vaut un bon repas pour éclaircir les idées.

La Princesse Sylvie, tentée par les mets appétissants, ne put résister. Elle se jeta sur les gâteaux et les saucisses avec enthousiasme, mettant de côté pour plus tard ses préoccupations esthétiques.

Après avoir mangé plus qu’à sa faim, elle se sentit soudainement plus calme et plus sereine.

— Sibylle, vous avez raison. Je suis déjà parfaite telle que je suis. Je n’ai pas besoin de changer, admit-elle en souriant.

La damoiselle sourit, satisfaite d’avoir trouvé le moyen de ramener la princesse à la raison.

— Je suis ravie de vous l’entendre dire, Votre Altesse. La vraie beauté vient de l’intérieur, et vous êtes déjà une princesse magnifique.

Puis, voyant que la Princesse Sylvie commençait à s’assoupir, alourdie par son festin, la Damoiselle ajouta avec un sourire malicieux :

— Et puis, ma chère, regardez-vous maintenant. Vous venez de prendre cinq centimètres de tour de ventre avec ce festin. Les CGI ne serviront à rien si vous ne cultivez pas la maîtrise de soi, la discipline et la frugalité.

La Princesse Sylvie, à moitié endormie, ouvrit un œil et regarda son ventre avec horreur.

— Oh non… murmura-t-elle, réalisant soudainement l’absurdité de sa quête de perfection.

La damoiselle lui tapota gentiment l’épaule.

— La vraie beauté, Sylvie, vient de l’intérieur. Je vous le dis à nouveau. Cultivez votre esprit, votre cœur et votre caractère, et vous serez bien plus rayonnante que n’importe quelle actrice de c-drama. Maintenant, je souhaite simplement que votre digestion ne soit pas trop lourde.

La Princesse Sylvie, convaincue, ferma les yeux et s’endormit lourdement, tout habillée, dans son fauteuil moelleux, commençant à rêver de licornes et de gâteaux au miel, mais surtout de la véritable beauté qui venait de l’intérieur.

Mais soudain, un bruit étrange se fit entendre. La Princesse Sylvie se réveilla en sursaut, haletante, les mains agrippées à son corset.

— Sibylle… murmura-t-elle d’une voix étranglée. Je… j’ai du mal à respirer…

La Damoiselle Sibylle et Margot se précipitèrent vers elle, horrifiées de voir que son corset, qui lui allait parfaitement quelques heures auparavant, était désormais trop serré, comprimant son ventre gonflé par le festin.

— Oh, par la Sainte Licorne ! s’exclama La Damoiselle Sibylle. Votre corset est devenu trop petit !

Le Prince Olivier battit précipitamment en retraite et sortit des appartements de la princesse pendant que la Damoiselle et Margot la libéraient rapidement de ses vêtements pour accéder à son corset. Margot, paniquée, tenta de défaire les lacets, mais en vain.

— Il est trop serré ! s’écria-t-elle. Nous devons le couper !

La Princesse Sylvie, rouge et essoufflée, tenta de se calmer.

— Sibylle… murmura-t-elle entre deux respirations laborieuses. Vous aviez raison… La vraie beauté… vient de l’intérieur…

La Damoiselle Sibylle, soulagée de voir que la princesse avait enfin compris la leçon, sourit tendrement.

— Oui, ma chère. Et maintenant, laissez-nous vous libérer de ce corset avant que vous ne manquiez d’air.

Avec l’aide de Margot, elles parvinrent enfin à couper les lacets du corset, libérant la Princesse Sylvie de son étau.

— Merci… murmura-t-elle en respirant profondément. Je promets… de ne plus jamais… oublier cette leçon.

Et ainsi, la Princesse Sylvie, qu’elles aidèrent à se mettre au lit, apprit que la véritable beauté ne résidait pas dans les apparences, mais dans la sagesse, la discipline et l’acceptation de soi.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Cyr Roivan ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0