83. La Soirée Cinématographique de la Princesse Sylvie
Un des grands salons privés du palais de Sylvaria, le salon pourpre, celui avec le plus grand écran géant, avait été transformé en un temple du divertissement. L’écran géant trônait au centre d’un mur, avec en face de lui les deux plus confortables canapés que le royaume pouvait offrir, placés côte à côte. Des coussins moelleux en nombre, des couvertures douillettes, des tapis épais et une débauche de snacks caloriques – gâteaux au miel, fruits confits, tartes salées, et bien sûr, des montagnes de bonbons – étaient disposés à portée de main sur la grande table basse centrale. Des seaux à glace remplis de boissons pétillantes et fruitées complétaient le tableau. Sylvie avait même veillé à ce que des mouchoirs soient stratégiquement placés près des canapés, anticipant les larmes d’émotion qu’elle prévoyait de verser.
Margot, Damoiselle Sibylle et le prince Olivier étaient assis, résignés, tandis que Flamme et Long, les deux dragons nains, observaient la scène avec un mélange d’amusement et d’incompréhension. Flamme, en particulier, semblait se demander pourquoi tant de préparatifs étaient nécessaires pour regarder des lumières bouger sur un écran.
— "C’est bon, tout le monde est prêt ?!" s’exclama Sylvie, les yeux brillants d’excitation, en sautillant sur place. "On va enfin voir le premier épisode !"
— "Sylvie, ma chère, respirez un peu," murmura Damoiselle Sibylle, les yeux rivés sur son recueil de poèmes qu’elle avait abandonné à contrecœur sur la table. "Nous avons devant nous 90 épisodes à subir. Autant ne pas tout gâcher dès le premier."
— "Subir ?!" s’offusqua Sylvie. "C’est une œuvre d’art, Sibylle ! Une œuvre d’art !"
— "Oui, une œuvre d’art qui va nous priver de sommeil pendant 27 semaines pour un total de 4050 minutes, soit 67 heures et 30 minutes," marmonna Olivier, qui avait dû affecter son second, le commandant Thorvald, à une mission cruciale de contre-espionnage à cause de ce marathon cinématographique.
— "27 semaines ?!" rétorqua Sylvie en haussant les épaules. "Mais Olivier, je ne vois pas le problème ! Ce n’est qu’une soirée par semaine, quatre épisodes à la fois. Personne n’en mourra ! Et de toutes façons, j’ai déjà fait bloquer le salon privé pour toute la période. Si vous continuez à vous plaindre, je vous oblige à regarder avec moi les deuxièmes et troisièmes visionnages que je ferai des épisodes chaque semaine !"
Plus personne n’osa rien dire. Sylvie se plaça à une extrémité d’un des canapés, le prince Olivier, prudent, à celle de l’autre canapé. Margot et Damoiselle Sibylle étaient entre eux deux, Margot près de la Princesse, Sibylle près d’Olivier. Les canapés étaient suffisamment vastes pour qu’il y ait près d’un mètre entre chacun d’eux tout en les laissant s’assoir très à l’aise.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : "Elle a vraiment pensé à tout.")
— "Chut ! J’ai lancé !" cria Sylvie en pointant l’écran du doigt.
Les lumières s’éteignirent, et les premières notes du générique de début retentirent. Sylvie se pencha en avant, les mains jointes, et poussait déjà des « Ooooh ! » et des « Aaaah ! » devant la beauté et la poésie des images du générique de début. Elle était prête à plonger dans l’univers du Palais des Rêves Éternels.
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Première réaction : l’Emerveillement (et les Questions Saugrenues)
Dès les premières images, Sylvie poussa un cri de joie en reconnaissant les jardins du palais de Sylvaria, magnifiquement filmés.
— "Ohhh ! C’est le jardin des roses ! Vous vous souvenez quand j’ai trébuché sur les pavés et que j’ai atterri dans le bassin aux poissons ?!" s’exclama-t-elle, hilare.
— "Sylvie, chérie, concentrez-vous sur l’histoire," soupira Sibylle, qui essayait désespérément de suivre les dialogues.
— "Mais pourquoi est-ce que les gardes portent des uniformes différents de ceux de notre armée ?!" demanda soudain Sylvie, perplexe.
— "Parce que c’est une fiction, Votre Altesse," répondit Damoiselle Sibylle, exaspérée.
— "Ah bon ? Mais alors, pourquoi est-ce qu’ils ont utilisé nos vrais uniformes pour les figurants ?!"
— "Parce que c’était plus facile, Sylvie," intervint Olivier, qui commençait à regretter sa décision d’avoir accepté.
— "Oh ! Regardez ! C’est la salle du trône ! Et… oh non, ils ont changé la tapisserie ! Elle est beaucoup plus jolie dans la vraie vie !"
— "Sylvie, s’il vous plaît, laissez-nous écouter," supplia Margot, qui tentait de saisir l’intrigue principale.
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La Péripétie de Li Wei
Soudain, alors que l’histoire avançait, l’acteur Li Wei fit son apparition à l’écran. Sylvie, qui l’adorait littéralement, poussa un cri strident qui fit sursauter tout le monde.
— "LIIIII WEEEIIIII !!!!!" hurla-t-elle en bondissant du canapé, les mains sur le cœur, les yeux brillants d’excitation.
Tous frôlèrent l’arrêt cardiaque, sauf le prince Olivier, dont les réflexes de combattant prirent le dessus. Instinctivement, il effectua un mouvement de combat qui l’envoya par terre à deux mètres du canapé. Il se releva en grognant, visiblement mécontent.
— "Sylvie !" gronda-t-il en revenant vers le groupe, les cheveux en bataille. "Tu veux nous tuer ou quoi ?!"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en se cachant derrière un coussin. (Traduction approximative : "C’est quoi ce bruit ?!")
— "Oh, Olivier, ne sois pas rabat-joie !" s’exclama Sylvie, sans même remarquer la chute du Prince. "C’est Li Wei ! Mon acteur préféré ! Il est trop beau !"
— "Grrrrr…" fit Long, en roulant des yeux. (Traduction approximative : "Elle va encore crier !")
Damoiselle Sibylle, toujours aussi calme malgré tout, soupira profondément.
— "Sylvie, ma chère, un peu de retenue, je vous prie. Nous sommes en train de regarder un drame historique, pas un concert."
— "Mais Sibylle, c’est Li Wei !" rétorqua Sylvie, les joues roses d’excitation. "Il est parfait ! Regardez comme il bouge avec grâce !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en bâillant. (Traduction approximative : "Je m’ennuie.")
Margot, qui avait réussi à se remettre de sa frayeur, tenta de ramener Sylvie à la réalité.
— "Princesse, concentrez-vous sur l’histoire. Nous avons encore trois épisodes à regarder."
— "Oh, Margot, tu ne comprends pas !" s’exclama Sylvie en sautillant sur place. "C’est un moment historique ! Mon acteur préféré à l’écran !"
— "Grrrrr…" fit Long, en se levant pour aller chercher un snack. (Traduction approximative : "Je vais manger en paix.")
Olivier, toujours grognon, se rassit sur le canapé en se frottant l’épaule.
— "Sylvie, si tu cries encore une fois comme ça, je te jure que je te fais sortir de la pièce."
— "Oh, Olivier, ne sois pas si strict !" rétorqua Sylvie en riant. "C’est juste un peu d’enthousiasme !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : "Elle est insupportable.")
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La Confusion Alimentaire
Alors que l’histoire avançait lentement (comme c’est souvent le cas dans les premiers épisodes), Sylvie, incapable de rester immobile, se mit à fouiller dans les snacks.
— "Où sont les gâteaux au miel ?!" chuchota-t-elle, tâtonnant dans le noir.
— "À gauche, sous les chips," murmura Margot, les yeux toujours rivés à l’écran.
— "Non, ce sont les bonbons !"
— "Sylvie, arrêtez de toucher à tout !" gronda Damoiselle Sibylle.
— "Grrrrr…" fit Flamme, allongé sur un coussin. (Traduction approximative : "Pourquoi est-ce qu’on regarde des images bouger ? C’est bizarre.")
— "Flamme, tu ne comprends pas l’art du cinéma !" rétorqua Sylvie, indignée.
— "Grrrrr…" fit Long, en roulant des yeux. (Traduction approximative : "Je comprends surtout que tu vas encore poser 100 questions.")
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L’Indignation Royale
Quand l’épisode en arriva à une scène où un personnage secondaire (que Sylvie ne reconnut pas) prononçait une réplique qu’elle jugea insultante envers le royaume, elle bondit de son siège.
— "QUOI ?! IL A DIT QUOI ?! C’EST UNE INSULTE À SYLVARIA !"
— "Sylvie, c’est une fiction," répéta Damoiselle Sibylle pour la centième fois.
— "Une fiction ?! On ne peut pas insulter notre royaume dans une fiction !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : "Elle va encore faire une crise.")
— "Je vais écrire une lettre de protestation !"
— "Princesse, asseyez-vous et regardez la suite," ordonna Margot, qui commençait à perdre patience.
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La Fin du Premier Episode : un Soulagement Relatif
Enfin, après ce qui leur sembla une éternité, le générique de fin apparut. Sylvie, les yeux brillants, se tourna vers ses compagnons avec un sourire radieux.
— "Alors ?! Qu’avez-vous pensé ?!"
— "Que c’était long," répondit Olivier.
— "Que vous avez posé au moins 50 questions," ajouta Damoiselle Sibylle.
— "Et que nous avons encore trois épisodes à subir," conclut Margot, en se massant les tempes.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en se levant pour aller chercher un gâteau. (Traduction approximative : "Je vais manger un peu.")
— "Oh, ne soyez pas rabat-joie ! C’était MAGNIFIQUE ! Et attendez de voir la suite !"
Sylvie, ignorant leurs commentaires, se précipita pour lancer le deuxième épisode, tandis que ses compagnons se préparaient mentalement pour une longue et éprouvante soirée.
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Le Deuxième Épisode : La Même Chose mais en Pire
Alors que le deuxième épisode commençait, Sylvie, toujours aussi enthousiaste, se blottit dans son canapé avec un sourire radieux. Margot, Damoiselle Sibylle et le prince Olivier échangeaient des regards inquiets, tandis que Flamme et Long, les dragons nains, semblaient prêts à fuir à la moindre occasion.
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La Théorie du Complot
Dès les premières minutes de l’épisode, Sylvie fronça les sourcils en voyant un détail qui lui semblait suspect.
— "Attendez une minute…" murmura-t-elle, les yeux plissés. "Pourquoi est-ce que le personnage principal porte une bague exactement comme celle que j’ai vue au marché noir il y a trois mois ?!"
— "Princesse, c’est une fiction," soupira Margot, en essayant de suivre l’intrigue.
— "Non, non, non…" insista Sylvie en se levant d’un bond. "Je suis sûre que c’est un message codé ! Peut-être que les scénaristes savent quelque chose sur le marché noir !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en roulant des yeux. (Traduction approximative : "Elle va encore partir dans des théories folles.")
— "Sylvie, asseyez-vous," ordonna Damoiselle Sibylle, exaspérée. "Vous allez nous gâcher l’épisode."
— "Je dois enquêter !" déclara Sylvie en sautant par-dessus le dossier du canapé. "Je reviens tout de suite !"
— "Sylvie !" cria Olivier en se levant d’un bond. "Si tu sors de cette pièce, je te jure que…"
Trop tard. Sylvie avait déjà disparu dans un tourbillon de soie et de détermination.
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Le Retour Triomphal (et les Snacks Volés)
Quelques minutes plus tard, Sylvie revint en trombe, les joues roses d’excitation. Dans le noir, elle trébucha sur un coussin, perdit l’équilibre et se rattrapa en bousculant tout le monde.
— "Pardon ! Pardon !" gloussa-t-elle en riant, avant de s’écraser lourdement sur le canapé.
Malheureusement, son poids atterrit directement sur le pied de Margot, qui poussa un hurlement de douleur et de colère.
— "AAAAAAAH ! SYLVIE, ESPÈCE DE MALADROITE !"
— "Oh ! Désolée, Margot !" s’exclama Sylvie, sans paraître vraiment désolée. "Je ne t’avais pas vue !"
— "Grrrrr…" fit Long, en reculant pour éviter les dégâts collatéraux. (Traduction approximative : "Elle va encore tout casser.")
Margot, furieuse, se massa le pied en pestant.
— "Tu pourrais faire attention ! Je vais avoir une luxation !"
— "Oh, ne sois pas si dramatique," rétorqua Sylvie en attrapant une poignée de bonbons qu’elle fourra dans sa poche. "Il y a pire dans la vie !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en la regardant avec suspicion. (Traduction approximative : "Elle a encore volé des bonbons.")
— "Sylvie, ces bonbons étaient pour tout le monde," gronda Margot, toujours en train de se masser le pied.
— "Oh, Margot, ne sois pas si pingre !" rétorqua Sylvie en riant. "Il y en a plein d’autres !"
Pendant le quart d’heure suivant, Margot resta assise, la jambe pliée, à se masser le pied en grognant et grommelant, gênant Damoiselle Sibylle qui devait constamment lui demander de faire moins de bruit.
— "Margot, s’il te plaît, cesse ou bien pousse-toi," soupira Damoiselle Sibylle, exaspérée.
— "Je ne peux pas ! Mon pied me fait un mal de chien !" gémit Margot.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : "C’est insupportable.")
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La Danse Interrompue
Alors que l’épisode avançait, une scène de bal royal apparut à l’écran. Sylvie, incapable de résister, se leva d’un bond et se mit à exécuter des mouvements au milieu du salon, à la lueur de l’écran.
— "Regardez ! C’est exactement comme la valse de la cour !" s’exclama-t-elle en tournoyant. "Je peux la faire aussi !"
— "Sylvie, arrêtez de sauter partout !" gronda Damoiselle Sibylle.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en s’écartant précipitamment. (Traduction approximative : "Ca va faire mal !")
Soudain, dans un mouvement maladroit, Sylvie se cogna violemment le tibia contre le rebord de la table des snacks, en verre trempé épais et très solide. On entendit un fort bruit sourd et elle hurla de douleur en tombant en arrière. Elle envoya promener dans les airs un des plateaux de snacks. Les bonbons et les gâteaux volèrent dans tous les sens, atterrissant sur les coussins, le sol et même sur la tête de Long.
— "AAAAAAH ! MON TIBIA !" hurla Sylvie, en se tenant la jambe.
— "Grrrrr…" fit Long, en secouant un bonbon collé à son crâne. (Traduction approximative : "C’est quoi un tibia ?!")
Dans le noir, Sylvie revint à quatre pattes vers sa place en geignant.
— "Aïe… Aïe… Aïe… Je vais avoir un bleu…" gémissait-elle en se massant le tibia.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en la regardant avec un mélange de pitié et d’agacement. (Traduction approximative : "Elle exagère toujours.")
Margot, savourant sa vengeance, prit un air détaché.
— "Oh, Sylvie, ne sois pas si dramatique," dit-elle avec un sourire narquois. "Il y a pire dans la vie."
— "Tu dis ça parce que tu es mauvaise !" rétorqua Sylvie en grognant.
— "Grrrrr…" fit Long, en ramassant un gâteau au miel tombé près de lui. (Traduction approximative : "Je prends ce qui traîne.")
Pendant le quart d’heure suivant, Sylvie resta assise, la jambe tendue, à se masser le tibia en gémissant, gênant Margot qui devait constamment déplacer ses jambes pour éviter des coups de pied involontaires.
— "Sylvie, s’il te plaît, pousse-toi," soupira Margot, exaspérée.
— "Je ne peux pas ! Mon tibia me fait un mal de chien !" gémit Sylvie.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : « Ça va être comme ça jusqu’au bout ?")
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La Découverte Horrifique
Alors que l’épisode touchait à sa fin, Sylvie poussa un cri strident en voyant une scène particulièrement dramatique.
— "NON ! PAS ÇA ! IL NE PEUT PAS MOURIR !" hurla-t-elle, les mains sur le visage.
— "Sylvie, c’est un drama historique," soupira Margot. "Des personnages meurent tout le temps."
— "Mais c’est mon personnage préféré !" gémit Sylvie, les larmes aux yeux. "Je ne peux pas croire qu’ils aient fait ça !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : "Elle pleure pour un personnage fictif.")
— "Sylvie, c’est juste une histoire," tenta de la réconforter Margot.
— "Ce n’était que le deuxième épisode, ce personnage n’était pas si important que cela, Princesse." tenta de la réconforter Damoiselle Sibylle.
— "Non, c’est un crime contre l’humanité !" déclara Sylvie en se levant. "Je vais écrire une lettre de protestation au réalisateur !"
— "Sylvie, assieds-toi," ordonna Olivier, épuisé. "L’épisode est fini."
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La fin du deuxième épisode : Un Soulagement Relatif
Enfin, le générique de fin était là. Sylvie, les yeux rougis, se tourna vers ses compagnons avec un sourire tremblant.
— "Alors ?! Qu’avez-vous pensé ?!"
— "Que c’était encore pire que le premier," répondit Olivier, en se frottant les tempes.
— "Que vous avez posé au moins 200 questions," ajouta Damoiselle Sibylle, en retrouvant son recueil de poèmes.
— "Et que nous avons encore deux épisodes à tenir," conclut Margot, en recommençant à se masser le pied.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en se levant pour aller chercher un gâteau. (Traduction approximative : "Ca fait longtemps que j’ai mangé mon dernier gâteau…")
— "Oh, ne soyez pas rabat-joie !" s’exclama Sylvie en essuyant ses larmes. "C’était tragique, mais magnifique ! Et attendez de voir la suite !"
Sylvie, ignorant leurs commentaires, se précipita pour lancer le troisième épisode, tandis que ses compagnons trouvaient un certain réconfort à l’idée que la moitié était déjà derrière eux
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Le Troisième Épisode : Toujours Plus Fort
Le troisième épisode commença dans un silence tendu. Sylvie, avait repris son massage de tibia, mais son humeur était aussi instable qu’un dragon nain affamé. Margot, toujours en train de se frotter le pied, jetait des regards noirs à la princesse chaque fois qu’elle bougeait. Damoiselle Sibylle, quant à elle, semblait prête à s’endormir, son recueil de poèmes à la main, tandis qu’Olivier fixait l’écran avec une expression qui disait clairement : "Je préférerais être en mission secrète."
Flamme et Long, les dragons nains, avaient décidé de s’installer à bonne distance des plateaux de snacks, préférant observer la scène depuis un coin sûr du salon.
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La Crise d’Indignation
Dès les premières minutes de l’épisode, Sylvie se raidit en voyant un nouveau personnage apparaître à l’écran.
— "Attendez… Qui c’est CELUI-LA ?!" s’exclama-t-elle, les yeux écarquillés, en pointant l’écran du doigt.
— "C’est le nouveau conseiller royal," répondit Margot, en essayant de suivre l’intrigue.
— "Non, non, non…" insista Sylvie en se levant d’un bond. "Il ressemble TRAIT POUR TRAIT à ce prétentieux de Magister Thaddeus le Logicien !" Elle parlait de l’ingénieur des machines ancestrales du palais, spécialiste en cryptographie et mécanismes complexes.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en roulant des yeux. (Traduction approximative : "Elle va encore faire une crise.")
— "Sylvie, c’est une fiction," tenta de la calmer Damoiselle Sibylle.
— "C’est IMPOSSIBLE !" hurla Sylvie, les poings serrés. "Thaddeus le Logicien a dû corrompre les scénaristes pour se faire passer pour un héros !"
— "Sylvie, asseyez-vous," ordonna Olivier, exaspéré. "Vous délirez."
— "Je ne délire PAS !" rétorqua Sylvie en sautant par-dessus le dossier du canapé. "Je vais écrire une lettre de protestation à la guilde des acteurs !"
— "Sylvie !" cria Olivier en se levant d’un bond. "Si tu sors de cette pièce, je te jure que…"
Cette fois-ci, l’injonction du Prince Olivier fit revenir la princesse qui enjamba le dossier du canapé dans l’autre sens en donnant un grand coup de pied dans les côtes de Margot.
— "OOOUUUF ! ! SYLVIE, JE VAIS ETRE COUVERTE DE BLEUS AVEC DES COTES CASSEES !"
— "Oh ! Pardon, Margot !" s’exclama Sylvie, sans paraître vraiment désolée. "Je n’avais pas vu que tu prenais autant de place !"
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La Scène Romantique Interrompue (et les Dragons en Danger)
Alors que l’épisode arrivait à une scène particulièrement émouvante – un baiser passionné entre les deux personnages principaux sous la pluie –, Sylvie retint son souffle, les mains jointes devant sa bouche, prête à savourer ce moment de pure romance.
C’est alors qu’un des dragons, incapable de se retenir, lâcha un commentaire narquois :
— "Grrrrr…" fit-il, en ricanant. (Traduction approximative : "Oh non, pitié, ce gars, quel boulet !")
Sylvie, dont le cœur venait à peine de fondre, sentit une vague de colère monter en elle. Sans réfléchir, elle attrapa brutalement un coussin – celui que Damoiselle Sibylle avait soigneusement placé pour caler ses reins – et le lança à toute volée dans le noir en direction des dragons.
— "TAIS-TOI, FLAMME !" hurla-t-elle, furieuse.
Un gros bruit sourd retentit, suivi d’un intense flash lumineux qui illumina brièvement la pièce, aveuglant tout le monde momentanément. Un des dragons, touché de plein fouet avait craché une flamme de surprise.
— "GRRRR… !" entendit-on. (Traduction approximative : CENSURE, TROP VULGAIRE)
— "SYLVIE !" rugit Margot, exaspérée. "Tu viens de lancer un coussin sur les dragons !"
— "GRRRR…" fit Long, en grognant. (Traduction approximative : "C’était quoi, ça ?!")
— "Ils ont gâché ma scène romantique !" se défendit Sylvie, les bras croisés.
— "GRRRR…" fit Flamme, visiblement vexé. (Traduction approximative : "C’était juste une blague !")
— "Sylvie, c’est inacceptable," gronda Damoiselle Sibylle, en cherchant désespérément son coussin perdu. "Vous m’avez volé mon coussin !"
Olivier, qui supportait depuis un moment les commentaires narquois des dragons, ne put s’empêcher de sourire.
— "Bien visé !" dit-il, goguenard.
— "OLIVIER !" s’exclamèrent en chœur Margot et Damoiselle Sibylle, scandalisées qu’il s’en prenne à ces petits animaux innocents.
— "GRRRR…" firent les dragons, offensés. (Traduction approximative : "Traître !")
On entendit une cavalcade de petites pattes sur le sol. Flamme et Long, visiblement paniqués, se précipitèrent vers le fond de la salle pour se mettre à l’abri derrière les canapés.
— "GRRRR…" fit Flamme, en se cachant. (Traduction approximative : "On ne dit plus rien !")
— "GRRRR…" fit Long, en hochant la tête. (Traduction approximative : "Oui, oui, on se tait !")
Sylvie, satisfaite, croisa les bras.
— "Bon, maintenant, on peut regarder en paix ?"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en jetant un regard noir depuis sa cachette. (Traduction approximative : "Et c’est elle qui dit ça ?")
Un silence tendu marqua les minutes suivantes, chacun évitant soigneusement de déranger les autres.
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La Catastrophe Culinaire
Alors que l’épisode avançait, une scène de banquet royal apparut à l’écran. Sylvie, incapable de résister à la vue de tous ces plats délicieux, se leva d’un bond et se précipita vers la table des snacks.
— "Ohhh ! Des gâteaux au miel !" s’exclama-t-elle en attrapant un gâteau à pleines mains.
Malheureusement, dans sa précipitation, elle renversa un des seaux à glace directement sur le canapé de Damoiselle Sibylle et du prince Olivier, trempant les coussins et les couvertures.
— "Oh non…" murmura-t-elle en regardant le désastre.
— "SYLVIE !" rugit Olivier, furieux. "Tu viens de ruiner les coussins pour tout le monde !"
— "Grrrrr…" fit Long, qui était revenu, en reculant pour éviter les éclaboussures. (Traduction approximative : "Je vais manger ailleurs.")
Sylvie, paniquée, tenta de nettoyer les dégâts avec une serviette, mais ne réussit qu’à étaler de l’eau sur une plus grande surface.
— "Oh, ce n’est pas si grave," tenta-t-elle de minimiser, en riant nerveusement.
— "Ce n’est pas si grave ?!" explosa Margot. "Regarde ce que tu as fait !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en secouant la tête. (Traduction approximative : "Elle est incorrigible.")
Les coussins et les couvertures mouillés furent lancés en tas dans un coin, et quant au reste, ils s’en accommodèrent.
L'Incendie Inopportun
Alors que l’épisode atteignait son climax – une scène d’attaque de ville avec des combats, des incendies et des explosions de projectiles enflammés à l’écran –, Olivier, toujours avec son côté militaire aguerri, fronça soudain les sourcils.
— "Par ma foi, il me semble percevoir une odeur de brûlé…" murmura-t-il, l’air soucieux.
Personne ne lui prêta attention, tous absorbés par l’intensité du siège de la ville.
— "Olivier, gardez vos esprits et regardez l’écran," soupira Margot, sans quitter la scène des yeux.
— "Nenni, je vous assure, cela sent le brûlé !" insista-t-il en reniflant l’air.
Damoiselle Sibylle, d’un air pincé, lui lança un regard condescendant.
— "Mon cher Olivier, vous souffrez sans doute d’hallucinations sensorielles. Vous vous laissez trop emporter par le récit. Essayez de garder votre sang-froid."
— "Mais enfin, c’est fort évident !" rétorqua-t-il, exaspéré.
C’est alors qu’une petite flamme apparut au sol, à droite de l’écran. Elle grandit rapidement, gagnant en intensité.
— "Miséricorde ! C’est ce maudit coussin qui s’embrase !" s’exclama Olivier en bondissant sur ses pieds. Le coussin lancé précédemment par Sylvie sur les dragons avait dû être touché par la flamme qu’ils avaient involontairement émise.
Ses réflexes militaires prirent immédiatement le dessus. Il arracha sa cape et se précipita pour étouffer les flammes naissantes, passant et repassant devant l’écran, gênant tout le monde.
— "Olivier, ôtez-vous de là !" grogna Margot, sans quitter la scène des yeux. "C’est la bataille finale !"
— "Sylvie, un seau à glace, je vous prie !" cria Olivier, paniqué.
— "Je ne puis ! Je perdrais la scène !" rétorqua Sylvie, les yeux rivés sur l’écran.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en reculant prudemment. (Traduction approximative : "Ils vont tous périr dans les flammes !")
— "Grrrrr…" répondit Long, en restant allongé. (Traduction approximative : "Eux oui, mais pas nous ! On est des dragons !")
Margot, excédée, attrapa une pantoufle et la lança en direction d’Olivier. Il y eut un bruit mou et un grognement.
— "Olivier, éteignez cela et cessez de nous importuner !"
Olivier décida d'ignorer la pantoufle qu'il avait reçue sur la tête et resta concentré sur sa tâche. Après quelques secondes de lutte supplémentaires, il parvint enfin à éteindre les flammes.
Il revint penaud vers le canapé, sa cape fumante et en partie brûlée à la main.
— "Voilà, c’est réglé," annonça-t-il, essoufflé.
Personne ne lui prêta attention. Tous étaient toujours plongés dans la scène finale du siège de la ville.
Damoiselle Sibylle, compatissante, lui adressa un sourire triste.
— "Olivier, c’est prodigieux à quel point les gens sont ingrats. Vous venez de nous sauver d’un incendie, et nul ne vous en remercie."
— "Merci, Damoiselle Sibylle," murmura-t-il, touché.
— "De rien, mon cher. Vous êtes un véritable héros… même si nul ne le reconnaît."
Olivier soupira, résigné, tandis que le générique de fin défilait enfin.
— "Alors ?! Qu’avez-vous pensé ?!" s’exclama Sylvie, les yeux brillants d’émotion.
— "Que c’était épique," répondit Damoiselle Sibylle, en tenant son recueil de poèmes.
— "Que vous avez failli nous réduire en cendres," gronda Olivier, en jetant un regard noir à Margot, se souvenant du lancer de pantoufle.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en hochant la tête. (Traduction approximative : "Oui, c’était périlleux.")
— "Et que nous avons encore un épisode à subir," conclut Margot, en se massant le pied.
— "Grrrrr…" fit Long, en se levant pour aller chercher un gâteau. (Traduction approximative : "Pourquoi tout ce bruit pour juste un début d’incendie ?")
— "Oh, ne soyez pas si moroses !" s’exclama Sylvie en éternuant à cause de la fumée émise par le coussin. "C’était grandiose ! Et attendez de voir la suite !"
Sylvie, ignorant leurs commentaires, se précipita pour lancer le quatrième épisode, tandis que ses compagnons, à bouts de forces se disaient que la délivrance était proche.
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Le Quatrième Épisode - Chaos Absolu
Le quatrième épisode débuta dans une atmosphère électrique. Sylvie, toujours aussi enthousiaste malgré les précédents incidents, s'était installée avec une montagne de snacks, déterminée à ne pas laisser quiconque gâcher son plaisir. Margot, Damoiselle Sibylle et Olivier échangeaient des regards résignés, tandis que Flamme et Long, les dragons nains, s'étaient réfugiés derrière un paravent, au cas où.
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La Crise d’Inconfort
Alors que l’épisode atteignait un moment particulièrement intense – un duel épique entre deux généraux, Sylvie, absorbée par l’action, sentit soudain une urgence pressante. Son visage se figea, ses yeux s’écarquillèrent, et elle serra discrètement les cuisses.
— "Par tous les saints…" murmura-t-elle, paniquée, en se tortillant légèrement.
— "Sylvie, tu vas bien ?" demanda Margot, distraite par l’écran.
— "Oui, oui, tout va bien !" mentit Sylvie, avec un sourire forcé. "Je… euh… j’ai juste un petit frisson !"
— "Grrrrr…" fit Flamme, en reniflant l’air. (Traduction approximative : "Elle ment effrontément.")
Sylvie tenta de se lever avec une raideur suspecte, évitant soigneusement de comprimer son ventre. Cette fois-ci elle n’enjamba pas le dossier du canapé. Elle fit le tour par devant et se mit à marcher en crabe vers le fond du salon, où se trouvaient les commodités, en faisant des bruits étranges – "Hmm-hmm…" et "Ahem…" pour masquer son malaise.
— "Grrrrr…" fit Long, en gloussant. (Traduction approximative : "Elle va exploser !")
— "Sylvie, où allez-vous donc ?" demanda Damoiselle Sibylle, sans détourner les yeux de l’écran.
— "Euh… je… je vais chercher un… un coussin supplémentaire !" improvisa Sylvie, en continuant sa marche maladroite.
— "Grrrrr…" firent les dragons en chœur, hilares. (Traduction approximative : "Y’a urgence !")
— "Oh, par pitié…" soupira Margot, en roulant des yeux. "Va donc, Sylvie, mais dépêche-toi, tu rates le meilleur passage !"
Sylvie, honteuse, accéléra le pas, disparaissant derrière la porte avec un soulagement audible.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en secouant la tête. (Traduction approximative : "Les humains sont pathétiques.")
— "Vraiment, quelle indécence…" murmura Damoiselle Sibylle, scandalisée. "Manquer ainsi à l’étiquette…"
Elle prit un gâteau au miel avec une élégance affectée, comme pour compenser l’impolitesse ambiante.
— "Hmpf…" ricana Olivier, amusé. "Au moins, elle a eu la décence de partir discrètement."
— "Grrrrr…" fit Long, en levant les yeux au ciel. (Traduction approximative : "Les humains sont ridicules.")
Margot, profitant de l’espace libéré par Sylvie, s’étala confortablement sur le canapé.
— "Enfin un peu de place…" soupira-t-elle, ravie.
Pendant ce temps, les dragons continuaient leurs commentaires narquois, tandis que Damoiselle Sibylle grignotait son gâteau avec une dignité outragée.
— "Grrrrr…" fit Flamme, en gloussant. (Traduction approximative : "Elle va revenir avec des excuses bidon.")
— "Grrrrr…" fit Long, en hochant la tête. (Traduction approximative : "Et elle aura encore faim en revenant.")
L’épisode continua, mais l’ambiance était désormais teintée d’un mélange de moqueries et de soulagement – du moins, jusqu’au retour de Sylvie.
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Le Retour Catastrophique de Sylvie
Après une absence qui sembla durer une éternité, Sylvie réapparut enfin, marchant sur la pointe des pieds comme si elle craignait de réveiller un dragon endormi. Elle s’approcha discrètement du canapé, le regard fixé sur l’écran, et murmura à qui voulait bien l’entendre :
— "Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?"
Personne ne lui répondit, trop absorbés par l’épisode. Sylvie, impatiente, décida de reprendre sa place. Avec sa maladresse caractéristique, elle enjamba vigoureusement le dossier du canapé sans cesser de fixer l’écran des yeux et ne remarquant donc pas que Margot s’était étalée confortablement sur toute la longueur.
— "Margot, attention !" tenta de la prévenir Damoiselle Sibylle.
Mais il était trop tard !
Sylvie posa son pied gauche directement sur le ventre de Margot, qui, concentrée sur l’écran, ne vit pas arriver le danger.
— "AAAAAAH ! SYLVIE, ASSASSIN ! TU M’ÉCRASES !" hurla Margot, se dégageant brusquement.
Sylvie, réalisant son erreur, tenta de relever son pied, mais perdit l’équilibre. Dans un mouvement désordonné, elle bascula vers sa gauche, poussant violemment Damoiselle Sibylle, qui s’affala sur le prince Olivier.
— "SIBYLLE !" s’exclama Olivier, surpris, en essayant de se dégager.
— "OLIVIER !" gémit Damoiselle Sibylle, horriblement gênée, en tentant de se relever avec dignité.
— "SYLVIE, TU AS FAIT EXPLOSER MON VENTRE !" rugit Margot, malmenée et meurtrie.
— "GRRRR… !" firent Flamme et Long en chœur, avant de se précipiter vers un buffet du salon pour se cacher dedans. (Traduction approximative : "On se casse d’ici !")
— "SYLVIE, TU M’AS MARCHÉ DESSUS !" renchérit Margot, furieuse.
Un bref chaos indescriptible s’ensuivit et Sylvie finit par se retrouver finalement entre Margot à sa droite et Damoiselle Sibylle à sa gauche, qui la coincèrent fermement entre elles, toutes trois sur le même canapé.
— "PRINCESSE, VOUS NE BOUGEREZ PLUS D’ICI LA FIN DE L’ÉPISODE !" ordonna Damoiselle Sibylle, les dents serrées.
— "ET TU N’AURAS NI BONBONS, NI GÂTEAUX, NI RIEN DU TOUT !" ajouta Margot, d’un ton glacial.
— "MAIS… MAIS…" protesta Sylvie, outrée.
— "RIEN DU TOUT !" répéta Damoiselle Sibylle, en croisant les bras.
Olivier, maintenant seul sur son canapé et toujours étourdi par l’assaut de Damoiselle Sibylle, soupira profondément.
— "Bon sang…" murmura-t-il en attrapant la télécommande. "Je vais devoir remettre l’épisode de dix minutes en arrière."
— "GRRRR…" fit Flamme, depuis sa cachette. (Traduction approximative : "C’est l’enfer ici !")
— "GRRRR…" fit Long, en hochant la tête. (Traduction approximative : "On aurait dû rester dans notre grotte.")
Sylvie, coincée et frustrée, fut obligée de se tenir tranquille, tandis que l’épisode reprenait depuis le début du duel. Margot et Damoiselle Sibylle veillaient jalousement pour s’assurer qu’elle ne ferait plus de bêtises.
— "Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?" murmura Sylvie, tentant une dernière fois de briser le silence.
— "TAIS-TOI, SYLVIE !" grondèrent Margot et Damoiselle Sibylle en chœur.
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L'Apparition de Mei-Ling et l'État Second d'Olivier
Sylvie, toujours coincée entre Margot et Damoiselle Sibylle, tenta de se faire oublier en se tenant parfaitement immobile. Elle fixait l’écran avec une intensité inhabituelle, comme si sa vie en dépendait.
C’est alors qu’il y eut la première scène avec Mei-Ling. La légende vivante, leur amie à tous, faisait son entrée en tant que princesse guerrière d’un royaume étranger. Vêtue d’une élégante armure légère, elle incarnait une héroïne martiale, la rivale en amour du premier rôle féminin pour le cœur du prince héritier, joué par Li Wei.
Sylvie, incapable de se contenir, explosa de joie.
— "MEI-LING ! C’EST MEI-LING !" s’exclama-t-elle, en se tortillant entre Margot et Damoiselle Sibylle. "Regardez sa tenue ! C’est exactement celle que j’avais vue sur le tournage ! Elle est magnifique !"
— "Sylvie, tais-toi !" gronda Margot, en se frottant le ventre, visiblement mal à l’aise.
— "Oh, mais regardez comme elle est gracieuse !" s’extasia Damoiselle Sibylle, émue aux larmes. "Et cette façon de réciter des poèmes… Quelle sensibilité !"
Sylvie, toujours aussi enthousiaste, continua ses commentaires personnels.
— "Et ses cheveux ! Ils sont parfaits ! Et ses bijoux ! Et… Oh, regardez cette scène de combat ! Elle est incroyable !"
Margot, de plus en plus irritée, se massait le ventre en maugréant.
— "Par les Saintes Licornes, Princesse Sylvie, faites silence !"
Mais Sylvie, perdue dans son admiration, ne l’entendait pas.
— "Et cette robe ! Elle est encore plus belle en vrai ! Je savais que Mei-Ling serait parfaite dedans !"
Pendant ce temps, le prince Olivier était silencieux. Il fixait l’écran avec une intensité troublante. Penché en avant, il ne semblait plus présent dans la pièce. Son regard était captivé par Mei-Ling, sublimée par les jeux de lumière, le maquillage, son costume et les retouches numériques.
Les trois jeunes femmes s’aperçurent soudain de l’état anormal du prince. Elles le regardèrent toutes les trois, éberluées, sans rien dire.
— "Prince Olivier…" murmura Damoiselle Sibylle, inquiète.
— "Il est… transporté," murmura Margot, en plissant les yeux.
— "Grrrrr…" fit Flamme, depuis sa cachette. (Traduction approximative : "Il bave presque.")
Sylvie tendit nonchalamment la main, ramassa un coussin et le lança sur la tête d’Olivier.
— "OLIVIER !" cria-t-elle, en riant.
Le prince sursauta, comme sorti d’un rêve. Il prit immédiatement un air détaché. Il ajusta son col avec une élégance feinte et prit un ton de critique de cinéma.
— "Excellent, excellent ! Très belle scène," déclara-t-il, sans jeter le moindre regard à ses trois voisines.
— "Grrrrr…" fit Long, en roulant des yeux. (Traduction approximative : "Encore un qui ment effrontément.")
— "Prince Olivier, êtes-vous sûr d’aller bien ?" demanda Damoiselle Sibylle, sceptique.
— "C’est juste… une excellente performance. Excellente."
— "Grrrrr…" firent les dragons en chœur. (Traduction approximative : "Quel acteur !")
Sylvie, toujours aussi enthousiaste, continua de commenter chaque détail de la scène, tandis que Margot était de mauvaise humeur parce qu’elle avait mal au ventre, et que Damoiselle Sibylle observait Olivier d’un regard soupçonneux.
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Margot a le Mot de la Fin
Le quatrième et dernier épisode venait de se conclure sur une fin incroyable, laissant tout le monde sous le choc et la princesse Sylvie insupportablement impatiente avant les quatre prochains épisodes dans une semaine. Alors que le générique de fin défilait, même Damoiselle Sibylle et le prince Olivier reconnaissaient à contrecœur combien cette histoire était intelligemment construite. Les décors du palais de Sylvaria étaient somptueux, les dialogues percutants, et chacun y allait de son commentaire sur ses scènes préférées.
— "Incroyable, n’est-ce pas ?" s’exclama Damoiselle Sibylle, émue. "Cette intrigue est d’une finesse rare."
— "Oui, et les costumes…" soupira Sylvie, rêveuse. "Mei-Ling était sublime."
— "Les décors étaient magnifiques," admit Olivier, toujours un peu absent, comme s’il revoyait encore Mei-Ling dans son esprit.
— "Et malgré tout, même Sylvie n’a pas réussi à nous gâcher complètement l’histoire," conclut Margot en grimaçant.
Tous rirent, sauf Margot, qui n’en dit pas plus, encadrant toujours étroitement Sylvie sur son côté droit. Elle se frottait et se massait le ventre avec un air étrange, visiblement mal à l’aise.
Soudain, faisant vibrer le canapé, un grondement sourd, profond et puissant s’éleva, comme un roulement de tonnerre lointain, comme provenant de l’intérieur du divan.
BRRRRRRROOOOOOMMMM…
Un silence de mort s’abattit sur le salon.
Sylvie, outrée, se leva brusquement, les yeux écarquillés.
— "MARGOT !" hurla-t-elle, scandalisée. "Quelle est cette diablerie ?!"
Damoiselle Sibylle, bouche bée, n’avait pas les mots. Elle fixait Margot avec un mélange d’horreur et d’incrédulité.
— "MARGOT !" répéta Sylvie, outrée. "Comment as-tu osé ?!"
— "GRRRR… !" firent Flamme et Long en chœur, hilares, depuis leur cachette. (Traduction approximative : "C’était digne des Dieux !")
— "GRRRR… !" ajouta Long. (Traduction approximative : "Nous avons trouvé notre Maître !")
Margot, rouge de honte mais qui allait beaucoup mieux, se recroquevilla sur elle-même. Mais d’un coup, son embarras se transforma en colère.
— "C’EST DE TA FAUTE !" rugit-elle en pointant Sylvie du doigt. "Tu m’as marché dessus tout à l’heure ! Si tu veux, je te fais la même chose, pour voir si tu ferais mieux ?!"
— "QUOI ?!" s’indigna Sylvie. "Tu rejettes la faute sur moi ? C’est toujours comme ça, dans ces cas-là !"
— "GRRRR…" fit Flamme, en gloussant. (Traduction approximative : "Elle a raison, c’est toujours la même excuse.")
— « Parce que c’était de ma faute peut-être ? » dis Margot la voix tremblante, d’un coup presque au bord des larmes. « Quand je repense à toutes ces années pendant lesquelles j’ai supporté VOS flatulences comme si de rien n’était ! »
La princesse se figea en silence, serrant les poings, fusillant Margot du regard pendant que ses joues devenaient de plus en plus rouges et ses cheveux se hérissaient.
Olivier, pris au piège de cette dispute absurde, tenta une timide intervention.
— "Calmez-vous, mesdames. De grâce !"
— "NE ME DIS PAS DE ME CALMER, OLIVIER !" hurla Margot. "ELLE M’A ÉCRASÉE COMME UN CAFARD !"
— "GRRRR…" fit Long, en secouant la tête. (Traduction approximative : "C’est la guerre ici.")
Au milieu de ce chaos, Damoiselle Sibylle restait parfaitement calme, stoïque, de marbre. Assise bien droite sur le canapé, elle saisit l’occasion pour leur donner une dernière leçon de bonnes manières.
— "Mes chers amis," commença-t-elle d’une voix douce mais ferme, "dans ce genre de situation, l’irréparable s’étant déjà produit, les convenances veulent que l’on s’excuse poliment et que l’on poursuive ses activités comme si de rien n’était… ou bien que l’on prenne congé élégamment. C’est selon."
Elle récupéra son recueil de poèmes, désormais tout chiffonné, humide et avec une page à-demi arrachée (quelqu’un avait dû s’asseoir dessus durant la séance), se leva avec grâce, ajusta sa robe et les regarda avec un sourire teinté d’une légère pointe d’amusement.
— "Je vous remercie pour cette soirée… inoubliable." Elle marqua une pause, avant d’ajouter : "Je pense que je vais prendre congé, maintenant."
— "Attends, Sibylle !" tenta Sylvie, un peu honteuse.
— "Non, non, ma chère," répondit Damoiselle Sibylle en levant une main. "Certaines choses ne peuvent être réparées. Mais n’oubliez pas…" Elle sourit, un éclair de malice dans les yeux. "Une bonne soirée cinéma entre amis, c’est comme une flatulence à la cour : ça peut être gênant sur le moment, mais ça crée des souvenirs… et des histoires à raconter."
Sur ces mots, elle salua élégamment et se dirigea vers la porte, laissant derrière elle un silence gêné.
— "GRRRR…" fit Flamme, en hochant la tête. (Traduction approximative : "Elle a raison. On ne l’oubliera jamais.")
— "GRRRR…" fit Long, en gloussant. (Traduction approximative : "Moi, je reste pour les snacks.")
Sylvie et Margot échangèrent un regard, puis éclatèrent de rire malgré elles.
— "Bon…" soupira Olivier, en se frottant les tempes. "Qui veut un autre gâteau ?"
Et ainsi se conclut cette soirée folle, entre chaos, rires et amitié… et une promesse : la semaine prochaine, chacun aurait son propre fauteuil, sa propre table à friandises, et quant aux dragons, eh bien, la princesse Sylvie réfléchirait d’ici-là s’ils seraient invités ou pas !

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