85. L’ombre de l’océan
Le palais de Sylvaria baignait dans la douce lumière de l’après-midi, un soleil radieux caressant les tours de marbre rose. Les jardins, en pleine floraison, exhalaient des parfums de lavande et de jasmin, tandis que des fontaines cristallines murmuraient des mélodies apaisantes. Des nuages blancs et duveteux glissaient lentement dans le ciel azuré, comme indifférents aux tumultes du cœur humain. Dans les couloirs, les domestiques vaquaient à leurs tâches, ignorant que, derrière les portes closes du salon privé, un monde venait de basculer.
À l’intérieur, l’air était lourd, chargé d’émotions trop longtemps contenues. Les tasses de thé, à moitié vides, refroidissaient près d’une carafe de vin à moitié bue, les verres éparpillés témoignant d’une urgence qui avait fait oublier l’heure du déjeuner. La princesse Sylvie, Margot et Damoiselle Sibylle étaient assises, le regard fixe, comme si le temps lui-même s’était arrêté. Leurs esprits bouillonnaient, noyés sous le poids des millénaires qui venaient de leur être révélés.
La princesse Sylvie, les doigts crispés sur le bord de la table, sentait son cœur battre à tout rompre. Des fragments d’histoire défilaient devant ses yeux : des navires perdus dans la tempête, des terres submergées, des millénaires de séparation. Margot, les bras croisés, serrait les lèvres, comme pour retenir une avalanche de questions. Damoiselle Sibylle, d’ordinaire si maîtresse d’elle-même, avait les mains tremblantes, ses pensées tournoyant en un tourbillon de stupeur et d’effroi.
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Le Grand Effondrement
Ce fut la princesse Sylvie qui brisa le silence, sa voix tremblante trahissant l’intensité de son trouble.
— "Mais qu’est-ce que cette histoire d’océan en fureur qui engloutit un pays tout entier ?"
Le prince Olivier prit une profonde inspiration, son regard se voilant d’une ombre lointaine, comme s’il revivait ces instants de désolation. Sa voix, habituellement calme et posée, tremblait légèrement, chargée du poids des siècles.
— " Pendant près de vingt-cinq siècles, personne ne l’a jamais su. Cela a été totalement incompréhensible. Certains parlaient de colère divine. D’autres, de malédiction. Mais les quelques milliers de survivants, éparpillés dans les montagnes de l’arrière-pays, n’avaient pas le luxe de se perdre en conjectures. Il fallait survivre. Ou mourir."
Il marqua une pause, les doigts serrés sur le bord de la table, comme s’il s’accrochait à ces mots pour ne pas sombrer dans le souvenir.
— "Ils ont choisi de survivre. Et ils ont accepté les choses pour se concentrer sur les nécessités immédiates."
Un silence lourd s’installa, rompu seulement par le crépitement des lanternes à huile. La princesse Sylvie, Margot et Damoiselle Sibylle retenaient leur souffle, suspendues à ses lèvres.
— "L’explication n’est venue que récemment, il y a environ 150 ans, avec les progrès des sciences naturelles, notamment la géologie, la stratigraphie et l’océanographie."
Olivier se leva lentement et se dirigea vers une grande carte murale, tracée à l’encre bleue et dorée. Il suivit du doigt la ligne sinueuse des Montagnes Encerclantes, une chaîne colossale qui plongeait presque à pic dans l’océan sur près de 500 lieues.
— "Ces montagnes… elles défient la compréhension des scientifiques même aujourd’hui. Des pics de 5000, 8000, parfois 10 000 mètres de hauteur, qui s’enfoncent abruptement dans les flots. Un pan entier de ces montagnes, sur une longueur de plus de 10 lieues, s’est brutalement effondré dans l’océan."
Sa voix se fit plus grave, presque un murmure.
— "Et cela a déclenché un raz-de-marée inimaginable. Des vagues de plusieurs centaines de mètres de hauteur ont déferlé sur nos terres. La plus grande partie du territoire de Valoria est de faible altitude. Les vagues ont pénétré dans les terres jusqu’à plus de deux cent cinquante lieues, bien au-delà de Valoria. Le sol a été emporté, ne laissant que la roche mère. Les côtes ont reculé de plusieurs dizaines de kilomètres. Les vallées, les collines, les fleuves et les rivières… tout a été balayé, gommé. Le pays avait été raclé jusqu’à l’os."
La princesse Sylvie sentit un frisson lui parcourir l’échine. Elle imaginait ces vagues monstrueuses, avalant tout sur leur passage, renvoyant des siècles d’histoire au néant.
— "De nouvelles îles sont apparues. Et loin au nord, à plus de cent cinquante lieues des côtes les plus proches, là où l’océan avait rejeté son butin, se trouvaient maintenant ce que nous appelons les Terrils – un chaos déformé de tout ce que la mer avait emporté et entassé, abandonné là."
Il se tourna vers elles, ses yeux brillant d’une lueur étrange, mélange de tristesse et de fierté.
— "Les survivants étaient les habitants des quelques petites villes et villages qui se trouvaient loin au nord-est, sur les premiers contreforts des mMontagnes Encerclantes. Il n’y avait plus qu’eux. Mais ils ont refusé de disparaître."
Un silence pesant s’installa, comme si le palais lui-même retenait son souffle. La princesse Sylvie sentit une boule se former dans sa gorge. Elle regarda Margot et Damoiselle Sibylle, et vit que leurs visages étaient pâles, leurs yeux écarquillés d’horreur.
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Les Jours d’Après
Olivier marqua une pause, son regard se perdant un instant dans les cartes accrochées aux murs. Puis, d’une voix plus douce mais non moins grave, il ajouta :
— "Sylvaria n’a absolument pas été impactée."
Les trois jeunes femmes levèrent les yeux vers lui, surprises.
— "La configuration de la géographie de cette partie du continent, la protection offerte par vos propres montagnes, et la grande distance vous ont protégées. Il n’y a aucune mention de quoi que ce soit dans vos annales à la date de cette catastrophe."
La princesse Sylvie sentit son cœur se serrer. Elle avait passé des mois à fouiller les archives historiques, cherchant des traces expliquant la disparition soudaine de ce peuple, « les marins », sans jamais rien trouver. Ils avaient cessé de venir. Et c’était tout. Pourtant, dans les bases de données des Guildes scientifiques, cet évènement avait été étudié autrefois, elle devrait pouvoir trouver des choses…
— "Par contre, pour notre pays…" Olivier hésita, comme si les mots lui coûtaient.
— "L’effondrement s’est produit à peine à trente lieues de Valoria. Avec une direction initiale précisément orientée vers Valoria."
Un frisson parcourut l’assemblée. La princesse Sylvie imagina les vagues monstrueuses, déferlant droit vers Valoria, comme si le destin lui-même avait voulu frapper ce royaume.
— "Si les Montagnes Encerclantes ne s’étendaient pas autant vers le sud en avançant dans l’Océan Infini, vous auriez subi le même sort. Mais les montagnes vous ont protégées. Et nous… nous avons payé le prix."
Margot, les bras croisés, murmura d’une voix rauque :
— "C’est… c’est presque comme si quelqu’un avait voulu vous détruire."
Olivier hocha lentement la tête.
— "C’est ce que beaucoup ont pensé. Mais la vérité est plus simple, et plus cruelle : la nature n’a pas de haine. Elle n’a que des lois. Et ce jour-là, Valoria s’est trouvée sur son chemin."
Un silence lourd s’installa, chargé de toutes les questions qui restaient sans réponses. La princesse Sylvie sentit une colère sourde monter en elle. Pourquoi personne n’avait su ? Pourquoi Sylvaria avait-elle oublié ?
Damoiselle Sibylle, les mains jointes sur ses genoux, leva les yeux vers Olivier. Sa voix était douce, mais empreinte d’une curiosité profonde.
— "Comment avez-vous réussi à préserver vos connaissances et votre culture après ce cataclysme ?"
Olivier ferma les yeux un instant, comme s’il revoyait ces siècles de lutte silencieuse. Lorsqu’il les rouvrit, son regard était empreint d’une mélancolie teintée de fierté.
—"Ce n’était que de petites villes provinciales éloignées et des villages minuscules. Aucun centre du savoir, aucune bibliothèque véritable, pas de savants et presque aucun érudit. Peut-être quelques livres et traités. Il ne restait pour ainsi dire plus rien sauf ce que les survivants avaient dans leur tête."
Il fit une pause, comme pour laisser ces mots s’imprégner dans l’esprit de ses interlocutrices.
— "La transmission orale a été notre seule sauvegarde pendant les premières décennies. Les anciens racontaient ce qu’ils savaient, ce qu’ils avaient vu, ce qu’ils avaient appris. Lentement des écrits réapparurent, mais tout était à redécouvrir. Presque tout avait été perdu."
La princesse Sylvie sentit un pincement au cœur. Elle imaginait ces hommes et ces femmes, perdus dans des montagnes hostiles, tentant désespérément de préserver leur héritage.
— "Mais nos dirigeants savaient une chose, cependant," poursuivit Olivier, sa voix se renforçant légèrement. "Au loin, au sud, par-delà les mers et les montagnes, vivait le peuple de nos ancêtres. Celui que nous avions un temps retrouvé et qui nous avait accueillis. Nos frères et nos sœurs."
Un sourire triste effleura ses lèvres.
—"Mais nous étions trop faibles, trop isolés pour tenter de vous rejoindre. Il a fallu quinze siècles de reconstruction, de patience, de persévérance… avant que nos navires ne puissent à nouveau braver les océans et vous retrouver."
Margot, les bras croisés, murmura :
— "C’est… incroyable. Vous avez tout reconstruit à partir de rien."
Olivier hocha lentement la tête.
— "Pas à partir de rien. À partir de ce qui comptait vraiment : notre mémoire, notre volonté, et l’espoir de vous retrouver un jour. Nous vous avions perdus une première fois, nous vous avions retrouvés, puis nous avions été arrachés à vous de nouveau. Nous vous retrouverions."
Un silence lourd s’installa, chargé de respect et d’admiration. La princesse Sylvie sentit une larme couler sur sa joue. Elle regarda Margot et Damoiselle Sibylle, et vit qu’elles partageaient la même émotion.
— "Et maintenant," murmura Sibylle, "nous sommes enfin réunis."
Olivier sourit, et pour la première fois depuis le début de cette conversation, son regard se fit chaleureux.
— "Oui. Et cette fois, plus personne ne nous séparera."
Margot, qui avait écouté avec une attention inhabituelle, fronça soudain les sourcils. Sa question fusa, brutale et directe.
— "Mais Sylvaria n’a rien fait ? Essayer de savoir ce qu’il vous était arrivé ?"
Olivier soupira, comme si cette question lui avait déjà été posée mille fois. Il secoua lentement la tête.
— "Non. Rien. Mais ils n’étaient pas à blâmer. Ce n’étaient pas des marins, juste des pêcheurs. Ils pêchaient près de leurs côtes, ne s’aventurant jamais bien longtemps hors de leur vue, c’est tout. Pas des navigateurs qui parcouraient les océans. Ils avaient appelé la mer l’Océan Infini. On ne part pas dans l’infini, sauf s’il y a une réelle nécessité. Comme cela avait été le cas pour Valoria.."
Il marqua une pause, les yeux perdus dans le vague.
— "A ce moment-là, ils vivaient à Sylvaria depuis plus de quinze siècles. Ils avaient tout. Même le superflu. Et ils étaient conscients que leurs navires ne pourraient pas affronter la traversée : plus de cinq cents lieues sans escale, aux pieds des Montagnes Encerclantes sans possibilité d’abri, avec de puissantes tempêtes. Et surtout… le retour. Le même trajet, mais avec les redoutables courants marins qui se dirigent vers Valoria."
Un sourire amer effleura ses lèvres.
— "Leurs connaissance en navigation n’étaient pas assez avancées. Ils le déplorèrent, ne comprirent pas… mais l’acceptèrent. Et le temps passa."
La princesse Sylvie sentit une boule se former dans sa gorge. Elle imaginait ces pêcheurs sylvariens, regardant l’horizon, impuissants, tandis que leurs cousins valoriens disparaissaient à jamais.
— "Alors… vous avez été oubliés," murmura Damoiselle Sibylle, la voix tremblante.
Olivier hocha la tête.
— "Oui. Pendant des siècles. Jusqu’à ce que nous soyons assez forts pour revenir."
Un silence lourd s’installa, chargé de tout ce qui aurait pu être, mais ne le fut jamais. Margot, les bras croisés, murmura.
— "C’est injuste."
Olivier la regarda, et pour la première fois, un vrai sourire éclaira son visage.
— "Peut-être. Mais maintenant, et cela depuis plus de treize siècles, nous sommes de nouveau là. Cependant, ce second retour à Sylvaria dû surmonter de grands obstacles au sein même du peuple valorien. Car durant les siècles qui suivirent l’Engloutissement, les valoriens, pour la plupart, oublièrent le passé, oublièrent Sylvaria ainsi que leurs origines."
En entendant cela, Damoiselle Sibylle ne put s’empêcher de demander :
— "Comment cela ? Comment purent-ils oublier qu’ils avaient des frères au loin, ce qui avait été la base de leur identité jusque-là ? »
Olivier expliqua d’une voix calme :
— "A dater de l’Engloutissement, les Valoriens allèrent de l’avant. Ils ne s’arrêtèrent plus sur le passé, ils se concentrèrent sur ce qu’il y avait devant eux. Les descendants des survivants n’avaient jamais vu ni connu Sylvaria. Ils savaient juste vaguement que leurs ancêtres venaient du sud, quelque part au-delà de l’océan. Et comme les nécessités de la survie sont devenues leur seule préoccupation pendant près de quinze siècles, ils oublièrent."
La Damoiselle Sibylle serra les poings, sentant une colère sourde monter en elle. Comment pouvaient-ils oublier leur propre histoire ?
La princesse Sylvie objecta, perplexe :
— "Alors pourquoi, mille cinq cents ans après la catastrophe, être revenus à Sylvaria ?"
Olivier hocha lentement la tête, comme s’il s’attendait à cette question.
— "Si le peuple ne s’intéressait plus à ces choses, les quelques représentants de l’autorité qui avaient survécu, et dont sont issues les lignées royales et les nobles de Valoria, ainsi que les quelques lettrés et intellectuels survivants, eux ont gardé intacte la mémoire de ces souvenirs et l’ont transmise. Et ils ont patiemment guidé le peuple pour qu’un jour Sylvaria soit retrouvée. Eux savent encore aujourd’hui."
Damoiselle Sibylle sentit une larme couler sur sa joue. Ces hommes et ces femmes avaient porté le poids de l’Histoire sur leurs épaules, seuls.
Il fit une pause, laissant ses mots faire leur effet.
—"Pour le peuple, depuis l’Engloutissement, l’Histoire commence quelque part durant la reconstruction et la réunification. Avant l’Engloutissement, pour eux, Valoria n’existait pas, et donc cela ne les intéresse pas. Depuis, un pays éloigné s’appelant Sylvaria a été découvert ? Très bien. Voyons ce qu’il nous offre comme perspectives, comme alliances, et on avance…"
Olivier sourit, comme s’il revivait ces moments d’avancées triomphales.
— "À trois reprises, durant les mille ans qui ont suivi nos secondes retrouvailles, Sylvaria a armé de puissantes escadres pour déposer sur nos côtes des armées entières afin de nous sauver des attaques des peuples hostiles du Nord ? Très bien. Cela confirme l’avantage d’avoir trouvé des alliés et conforte le peuple dans sa vision pragmatique et utilitaire des choses."
Margot sentit une bouffée de fierté l’envahir. Sylvaria avait sauvé Valoria. Plusieurs fois.
— "Alors Valoria a construit de vastes ports fortifiés au pied des Montagnes Encerclantes pour sécuriser les routes maritimes vers Sylvaria. Même si cela a pris plusieurs générations, peu importe. Les Valoriens savent ce qu’est l’effort collectif dans la durée ! Et ensuite, on avance, encore plus loin, et on survit."
Damoiselle Sibylle sentit une admiration profonde l’envahir. Ces gens étaient incroyables.
Il marqua une nouvelle pause, son regard se faisant plus intense.
— "Valoria est ainsi, forgée par la nécessité de la survie. C’est Valoria qui a été à l’origine des Grandes Révolutions Conceptuelles d’il y a sept siècles et de l’avènement de l’ère des sciences pour nos deux peuples. Depuis l’Engloutissement, Valoria est naturellement et entièrement tournée vers l’innovation, la découverte et l’invention. Toutes les Guildes scientifiques trouvent leur origine à Valoria. Parce que les Valoriens ont appris dans l’épreuve qu’un peuple ignorant est un peuple condamné."
La princesse Sylvie comprenait enfin ss leçons d’Histoire. Elle comprenait désormais pourquoi Valoria, il y a bien longtemps, avait tant insisté pour que Sylvaria s’associe à ses programmes de recherche.
— "Sylvaria a suivi. Nous avons partagé toutes ces connaissances avec vous parce qu’à deux, on avance mieux que tout seul. Sylvaria a depuis toujours à sa disposition des ressources que nous n’avions jamais eues et en quantité presque illimitée. Ce que Valoria attend de Sylvaria aujourd’hui est toujours la même chose que lorsque nous nous sommes retrouvés il y a treize siècles : ensemble, nous pouvons être plus forts, mieux survivre. Alors traçons des routes, bâtissons des ponts, perçons des tunnels. Travaillons à notre survie. C’est ainsi que pensent les valoriens."
Margot sentit son souffle se couper. Elle se sentait écrasée, réduite à l’insignifiance devant des choses d’une telle envergure. Des siècles de lutte, de sacrifices, de reconstructions… Elle n’était qu’une petite pièce dans un mécanisme bien plus grand qu’elle.
Il s’arrêta un instant, son regard se faisant plus grave.
— "Mais nos dirigeants, eux, ont une vision différente des choses. Et leur vision rejoint celle de vos dirigeants, le roi ton père, et ta mère, Sylvie, ainsi que vos Conseils. Une vision qui vise aussi la survie mais sur le long terme. C’est en particulier la vision de ta mère, son plan, et il passe par toi Sylvie. Et cela nécessite de connaître et de s’appuyer sur le passé."
D’un coup, la princesse Sylvie sentit son cœur battre à tout rompre. Elle ne comprenait plus. Qu’avait-elle à voir avec tout cela ? Pourquoi sa mère, la reine Sylvie, aurait-elle un plan la concernant ?
— "Mais… qu’est-ce que j’ai à voir avec tout ça ?", demanda-t-elle, confuse.
Olivier la regarda, visiblement aussi perdu qu’elle.
— "Je n’en sais pas plus que toi, Sylvie. Même en tant que prince héritier de Valoria, je n’en sais pas davantage. Seuls les souverains des deux royaumes savent. Il appartiendra au roi et à la reine de Sylvaria de t’en dire plus."
La princesse Sylvie sentit un frisson lui parcourir l’échine. Quel était ce plan mystérieux ? Pourquoi sa mère ne lui en avait-elle jamais parlé ?
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L’effet des révélations sur Sylvie, Sibylle et Margot
La princesse Sylvie sentit son esprit tourner à toute vitesse. Des millénaires d’obstacles inimaginables, de survie, de reconstruction. Valoria avait traversé l’impensable, et pourtant, elle était là, forte, déterminée, prête à aller de l’avant. Encore une fois, elle regarda Olivier. Elle l’appelait il y a bien longtemps Son Prince Charmant personnel... Combien son monde devait être déjà à cette époque à l’exact opposé du sien ! Il était l’héritier d’un tel peuple…
Damoiselle Sibylle, les mains jointes, semblait perdue dans ses pensées. Elle imaginait ces siècles de silence, de sacrifices, de résilience. Elle comprenait désormais pourquoi Valoria était si attachée à Sylvaria. Ce n’était pas seulement une alliance politique, mais une promesse de survie mutuelle.
Margot, les bras croisés, fixait le sol. Elle se sentait minuscule, insignifiante. Comment pouvait-elle espérer jouer un rôle dans un monde où des royaumes entiers se battaient pour leur survie depuis des millénaires ?
Elle murmura :
—"On a sauté le déjeuner, non ?"
La princesse Sylvie et Damoiselle Sibylle échangèrent un regard, puis éclatèrent de rire, libérant la tension accumulée. Le soleil avait commencé à descendre, teintant le palais de Sylvaria de nuances dorées. Le temps avait filé sans qu’ils s’en rendent compte, emporté par le tourbillon des révélations.
Le prince Olivier sourit, soulagé de voir que l’atmosphère s’allégeait enfin.
— "Je crois qu’il est temps de faire servir quelque chose. Un festin, peut-être ? Pour célébrer notre réunification."
Sylvie hocha la tête, un sourire aux lèvres.
— "Oui. Un festin. Et ensuite… nous travaillerons à notre avenir."
Et tandis que le soir tombait sur Sylvaria, les quatre jeunes gens se levèrent, prêts à écrire un nouveau chapitre de leur histoire commune.

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