109. La visite de Sven Thorvald
Le crépuscule drapait les tours d’argent du palais de Sylvaria d’une lueur rosée, tandis que le prince Olivier était immobilisé dans l’aile médicale du palais depuis cinq jours déjà. Le jeune prince était allongé sur son lit, le bras gauche maintenu dans un plâtre rigide, les côtes protégées par des attelles métalliques. La douleur pulsait à chaque respiration, mais son regard restait alerte. De sa main valide, il faisait défiler des comptes-rendus à l’écran d’une tablette posée sur sa table médicale.
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Le petit cadeau
La porte s’ouvrit avec un léger grincement, et la silhouette massive de Sven Thorvald franchit le seuil. Le pas silencieux, il avançait avec la grâce d’un géant qui connaît le poids de chaque geste. Sous son manteau de cuir, la carrure imposante d’un homme de deux mètres quinze se dessinait, et ses yeux, d’un bleu glacial, balayaient la pièce. Dans sa main droite, il portait un petit coffret en bois poli, contenant un pendentif en argent façonné en forme de dragon endormi.
— "Olivier," dit Sven d’une voix grave, posant le coffret sur la table de chevet. "J’ai pensé que ce petit symbole pourrait te rappeler que même les créatures les plus redoutables ont besoin de repos."
Le prince tourna la tête, ses yeux rencontrant le regard de son camarade. Un sourire fatigué se dessina sur ses lèvres, signe de la douleur qui se reflétait dans chaque respiration.
— "Un dragon endormi…" murmura-t-il, amusé. "C’est exactement ce qu’il me faut en ce moment."
Sven saisit une chaise placée près de l’armoire, la plaça près de la tête du lit et s’y assit. La chaise grinça légèrement sous son poids colossal et parut d’un coup ridiculement petite. Il fit preuve d’une délicatesse surprenante en posant une main massive sur l’épaule du prince.
— "Je suis revenu après avoir mis la main sur l’individu qui a placé les bombes et avoir dû gérer au plus pressé les affaires du Service."
Il raconta brièvement la poursuite : l’individu s’était enfui au volant d’un engin de chantier, un camion qui roulait à toute allure le long de la voie souterraine des cryptes.
Sven l’avait suivi dans un autre véhicule.
Une fois hors des cryptes, l’intrus avait changé de véhicule, échangeant le camion contre une puissante berline noire à conduite manuelle. Malgré les barrages, les hélicoptères qui tournaient au-dessus et les équipes de recherche déployées, il avait pu filer loin du palais, disparaissant dans les collines qui bordent la ville.
Ils ne l’avaient arrêté qu’en fin de nuit. L’interrogatoire était encore en cours. La gestion des conséquences de l’explosion avait mobilisé toutes les ressources disponibles.
Mais Sven arrêta là son récit, disant qu’il n’était pas venu "parler boutique". Il laissa échapper un rire rauque, presque moqueur, qui vibra dans la petite chambre.
— "Après toutes nos campagnes, toutes nos batailles, et voilà que ce sont justes quelques cailloux tombés du plafond qui t’ont mis à terre, mon vieux frère d’armes."
Sa voix était teintée d’une affection taquine, rappelant les innombrables fois où ils avaient défié la mort ensemble.
Olivier, les yeux pétillants d’un mélange d’ironie et de curiosité, répliqua d’une voix basse mais pleine d’esprit :
— "J’aurais aimé voir comment tu aurais encaissé ça à ma place."
Il laissa un instant de silence, comme pour laisser son ami imaginer la scène.
Sven, le sourcil légèrement froncé, répondit avec une gravité qui contrastait avec son ton plaisantin.
— "Je pense que ces cailloux m’auraient mis dans le même état que toi."
Il posa une main ferme sur le plâtre du bras du prince, ressentant la froideur du matériau, puis continua.
— "Une explosion d’une telle puissance ne laisse aucune échappatoire, même pour ceux qui ont survécu à des guerres entières. Et c’est justement ça le problème."
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Le Mystère de l’Explosion
Le prince releva la tête. Le souvenir de la déflagration le hantait. Il avait bon nombre d’interrogations à ce sujet. Des points difficilement explicables concernant les effets de l’explosion.
— "Dis‑moi tout," répondit-il, le ton empreint d’une curiosité mêlée d’une pointe d’inquiétude. "Qu’ont découvert les spécialistes ?"
Sven inspira profondément, comme s’il rassemblait les fragments d’une enquête complexe.
— "Les analystes ont passé en revue les séquences vidéo prises par les caméras de surveillance ainsi que par les drones qui ont récupéré les deux dispositifs explosifs." Il fit une pause. "Ce qu’on voit, c’est l’individu qui place deux engins, semblables à des mines classiques, puis s’éloigne rapidement."
— "Des mines ? » rétorqua Olivier, fronçant les sourcils. « Ça aurait pu être…"
— "…un dispositif assez banal, oui, même les images prises de près par les drones qui les transportaient le confirment." interrompit Sven, un sourire en coin apparaissant malgré la gravité du sujet. "Mais la puissance de l’explosion qui a suivi dépasse largement tout ce que l’on peut imaginer avec les explosifs chimiques les plus puissants."
Le prince resta silencieux un instant, le regard se perdant dans les lueurs vacillantes du plafond.
— "Combien ?"
— "Imagine", poursuivit Sven, "une charge qui équivaudrait à plusieurs centaines de tonnes d’explosifs conventionnels. Peut-être plus de mille." Il laissa le mot "centaines" flotter dans l’air, comme une accusation silencieuse. "On parle de plusieurs ordres de grandeur au‑delà de ce que nos laboratoires ont jamais pu produire."
Olivier sentit un frisson parcourir son échine.
— "Vous avez déjà vu quelque chose d’aussi…"
— "Pas du tout," admit Sven, la gravité de ses paroles se reflétant dans ses yeux glacials. "Personne ne comprend encore la nature de ce matériau. Les ingénieurs qui ont étudié le site maintiennent que les engins ressemblaient à des mines ordinaires, mais la réaction qui s’en est suivie était d’une intensité inouïe."
— "Et les conséquences ?" demanda le prince, la voix légèrement tremblante. "Qu’est‑ce qui aurait pu arriver si…"
Sven se pencha légèrement en avant, comme pour confier un secret.
— "Si tu n’avais pas déclenché l’évacuation immédiate et fait emporter les charges au plus vite, les ouvriers du chantier auraient été engloutis dans l’explosion."
Il marqua une courte pause, le regard se posant sur le plâtre du bras d’Olivier.
— "Mais ce n’est pas tout." Il pointa du doigt comme pour montrer la chambre blindée, dissimulée dans le laboratoire secret, loin sous les fondations du palais. "Cette chambre forte, même aussi solide, aurait été réduite en poussière. Et les fondations d’au moins deux des grandes ailes du palais, celles des grands salons, des réceptions et des grands halls d’entrée auraient été gravement endommagées. Tout aurait pu s’effondrer."
Il se redressa, le dos légèrement voûté sous le poids de la révélation.
— " Nous avons eu la chance que tu aies réagi très rapidement, et c’est grâce à l’ordre d’évacuation que tu as donné, qu’il n’y a pas eu de victimes."
Le prince sentit son cœur se serrer
— "Des centaines de personnes étaient présentes dans les halls et ces sections du palais à ce moment‑là ?"
— "Exactement." répondit Sven, la voix empreinte d’une gravité qui ne laissait aucune place à l’ambiguïté.
Olivier hocha la tête, les pensées tourbillonnant comme les flammes d’un feu imaginaire.
— "Donc, la priorité maintenant, c’est de comprendre quelle est la nature de cette technologie et d’où elle vient ?"
Sven acquiesça.
— "Absolument."
Il se leva lentement, la chaise grinçant de soulagement, et se dirigea vers la fenêtre, où le crépuscule s’était transformé en nuit profonde.
— "Nous devons identifier la nature de ce composé, déterminer qui l’a fourni, et surtout, empêcher que cela ne puisse se reproduire."
Il se tourna, le regard fixé sur le prince.
— "C’est une menace qui dépasse le simple acte criminel. Et c’est une nouvelle technologie d’armement. Nous devons la comprendre et la maîtriser avant qu’elle ne se répande."
Après une courte pause, Sven ajouta avec un sourire ironique :
— "Mais heureusement, je ne suis pas venu te parler boutique."
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L’Etat de Santé du Prince Olivier
Le prince sourit en retour, appréciant l’ironie de son ami. Il prit une légère inspiration, gêné par ses côtes fracturées.
— "Au moins, peut-être que tant que je serai dans cet état, je pourrai enfin bénéficier d’une exemption de tapes dans le dos." Il ricana, la douleur momentanément oubliée par la plaisanterie, mais revenant aussitôt sous l’effet du rire.
Sven, malgré son air sérieux, ne put retenir un petit rire qui résonna comme un grondement lointain.
— "Oui, profite de ce répit, mais sache que je garderai un œil sur tes progrès."
Il se pencha légèrement, son regard perçant scrutant les moniteurs qui affichaient les signes vitaux du prince.
— "Les médecins disent que ta fracture du bras guérit bien, mais que les côtes mettront plusieurs semaines à se consolider."
Il fit une pause, laissant le poids de ces mots se déposer.
— "Ils recommandent d’éviter tout effort brusque, surtout le maniement d’une épée, jusqu’à ce que les os soient suffisamment solides."
Olivier hocha la tête, absorbant chaque fragment d’information.
— "Ce que tu essaies de me dire, c’est que je ne pourrai pas brandir mon arme avant deux mois, voire trois mois, au minimum..."
Sa voix était empreinte d’une détermination tranquille, prête à reprendre le flambeau de la guerre dès que son corps le permettrait.
Sven acquiesça, son regard toujours fixé sur le visage du prince.
— "Nous devrons réviser nos plans, alors." Il tapota doucement le coffret contenant le pendentif. "Peut-être que ce petit dragon endormi te rappellera que, même en sommeil, le feu intérieur ne s’éteint jamais."
Olivier souleva le pendentif, le faisant tourner entre ses doigts comme pour sentir la chaleur imaginaire du petit animal.
— "Merci, Sven." Il le fixa du regard, puis ajouta, avec un brin de malice, "Quand je sortirai de là, je te rendrai la pareille."
Le silence retomba, ponctué seulement par les bruits des appareils médicaux. Deux hommes, liés par des années de combats, de rires et de sacrifices, se retrouvaient à nouveau côte à côte, même si l’un d’eux était cloué dans un lit.
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Le Cas de la Princesse Sylvie
Sven retourna s’assoir, les doigts croisés, un sourire espiègle se dessinant sur son visage massif. Il savait que le prince était encore sous le choc des révélations sur l’explosion et sur son état, mais il voulait détendre l’atmosphère.
Et surtout, il ne pouvait pas résister à l’idée de taquiner son ami sur le sujet qui, à ses yeux, méritait bien plus d’attention.
— "Bon, Olivier, " lança‑il d’une voix presque ironique, "on vient à peine de parler de la menace qui plane sur le royaume, et pourtant on n’a même pas abordé le sujet le plus épineux : ta princesse !"
Le prince releva les yeux, un sourcil haussé, comme s’il venait de sentir un courant d’électricité.
— "S’il te plaît, Sven, je t’en prie. Je suis grandement diminué pour l’instant…". Mais le prince savait déjà qu’il n’y échapperait pas. Il se résigna.
Sven se pencha légèrement, comme s’il allait confier un secret à un complice.
— "J’ai eu vent que Sylvie est passée te voir il y a quatre jours. Elle t’a tout raconté : ses entailles aux pieds, son fauteuil à roulettes qui ronronne, sa promenade en palanquin et le fait qu’elle a couru pieds nus à travers les jardins, du bout le plus reculé jusqu’à l’entrée des cryptes, en plein milieu des gravats et des éclats de pierre."
Olivier resta muet un instant, le visage se crispant légèrement, puis lâcha un petit rire nerveux.
— "Oui, mais il n’y a donc aucun moyen de garder une conversation privée avec toi…"
Sven, voyant la petite fissure dans le sérieux du prince, poussa la plaisanterie un cran de plus.
— "Mais es-tu au courant de l’incident avec le soldat des commandos ? Celui qui a pointé son laser de combat sur elle sans la reconnaître ?"
Le regard d’Olivier s’élargit, comme s’il venait d’être frappé par une rafale inattendue.
— "Quoi ? Un soldat ? Il l’a mise en joue ? Je… je n’ai rien entendu à ce sujet."
Sven éclata d’un rire qui résonna doucement dans la petite pièce.
— "Imagine la scène : la Princesse fonce dans les cuisines inférieures, déboule en trombe, comme une sauvageonne débraillée, les vêtements à moitié déchirés et en désordre, écorchée de partout. ‘HALTE !’ Le commando l’arrête instantanément, arme braquée sur elle. Au lieu de se recroqueviller comme le ferait n’importe quelle princesse effrayée bien élevée, elle relève la tête, bombe le torse, et lui déballe tout son pédigrée : ‘Moi, Son Altesse Royale, Sylvie Monique Isabeau de Sylvaria, 143ᵉ porteuse du Nom de la Sainte Sylvie, Princesse Héritière de Sylvaria, je vous ordonne de me rendre compte !’"
Le prince resta figé, la bouche entrouverte, comme s’il venait d’entendre un conte fantastique.
— "Tu… tu plaisantes ? C’est… c’est incroyable."
Sven haussa les épaules, le sourire toujours présent.
— "Les commandos ne sont pas émotifs et on ne la leur fait pas comme ça, mais là, ni une, ni deux, il a courbé l’échine immédiatement."
Sven tapota le bord du coffret, comme pour souligner l’importance de la scène.
— "Elle a du cran, même si elle reste un peu… empotée. Franchement quelle idée… S’être débarrassée de ses chaussures comme ça… Mais remarque, ça a plutôt été un mal pour un bien parce que cela l’a empêchée de s’aventurer dans les cryptes juste après l’explosion, ce qui aurait vraiment été suicidaire."
Olivier, les yeux brillants d’incrédulité, secoua la tête, un rire nerveux s’échappant de ses lèvres.
— "Je n’arrive pas à y croire… Je pensais connaître Sylvie, mais… c’est… c’est presque…"
Sven, ravi de voir son ami perdre son sérieux, savourait l'incrédulité du prince.
— "Alors, qu’est‑ce qui te choque le plus ? Le laser ? Le discours royal ? Ou le fait qu’elle a couru à travers les décombres ?"
—"Tout ! Tout à la fois ! Je… je ne savais même pas qu’elle était capable de… de… C’est… c’est… c’est la chose la plus folle que j’aie jamais entendue !"
Olivier trébucha sur ses propres mots, la surprise le poussant à parler plus vite, à bout de souffle, sa cage thoracique douloureuse l’empêchant de respirer normalement.
— "Et pourtant, elle a fait tout ça," répliqua Sven, "sans même se plaindre, quels que soient les obstacles, avec un seul et unique objectif depuis l’instant de l’explosion : toi… Te retrouver. C’est ce qui la rend… unique."
Sven, satisfait de voir son ami distrait de ses soucis, conclut avec un clin d’œil.
— "Voilà pourquoi je dis que le vrai danger n’est pas toujours ce qui explose sous nos pieds, mais parfois ce qui est sous notre nez mais qu’on n’avait jamais remarqué avant. Et maintenant, si tu veux bien, on peut retourner à nos plans… ou à un petit thé, histoire de digérer tout ça."
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Et maintenant ?
Le prince, encore haletant, acquiesça, un sourire sincère illuminant enfin son visage.
— "Un thé, alors. Et… merci, Sven. Pour le rappel que même les princesses les plus empotées peuvent être… redoutablement impressionnantes."
Olivier ferma les yeux un instant, comme s’il cherchait à rassembler les fragments d’un souvenir douloureux. Lorsqu’il rouvrit les paupières, son regard était chargé d’une émotion contenue.
— "Oui, mais pourtant… Lorsqu’elle est venue il y a trois jours, dès qu’elle est entrée dans la chambre, elle s’est arrêtée net, le regard rivé sur le lit, sur … tout cela." Olivier fit un mouvement de tête comme pour désigner tous les dispositifs médicaux qui l’entouraient. "Elle ne s’attendait manifestement pas à voir une telle scène."
Son expression sembla s’altérer.
— "Elle a éclaté en sanglots dès qu’elle a compris que je ne pouvais pas me lever. Que je ne pouvais qu’à peine parler. Elle m’a confié, entre deux sanglots, qu’elle avait vu l’explosion depuis les jardins, que le panache de poussière avait obscurci le ciel, et qu’en tentant d’atteindre les cryptes elle avait réalisé qu’elle ne pourrait pas aller plus loin. Elle ne savait pas si j’étais vivant ou mort".
Sa voix se fit plus douce, comme s’il voulait apaiser la douleur qu’il évoquait.
— "Ce n’était que le lendemain de l’explosion, dans l’après‑midi qu’elle avait appris que les équipes de secours m’avaient extrait et que j’étais sauvé. Pourtant, à son arrivée ici, dans la chambre, le surlendemain, j’ai senti son désarroi, sa détresse. J’ai tenté de la rassurer, de lui dire que le danger était passé, que la guérison ne dépendait que du temps et de la patience".
Il baissa les yeux vers le plâtre qui maintenait son bras, comme s’il cherchait à mesurer l’impact de ses paroles.
— "Je lui ai suggéré que, peut‑être, il ne serait pas nécessaire qu’elle revienne si souvent, afin de ne pas alourdir son propre cœur. Elle a quitté la chambre l’air abattu, le pas traînant, comme si le poids de la tristesse l’accompagnait. Cela fait quatre jours maintenant".
Sven resta silencieux un instant, observant le prince avec la gravité qui caractérisait ses prises de décision. Puis, d’une voix mesurée et empreinte de compassion, il répondit.
— "Olivier, vieux frère, étant donné les circonstances, tu as bien fait. Mais ne reste pas sans rien faire pour elle de ton côté. Même immobilisé ici, tu peux l’aider de façon importante".
Il poursuivit :
— "Adresse-lui régulièrement des mots d’encouragement. Même un bref message de ta part lui remontera le moral. Et arrange-toi avec Margot, Sibylle et Mei‑Ling pour la convaincre de te passer des appels vidéo. Une parole, un sourire rappelleront à la Princesse que tu es là."
Et enfin, Sven ajouta :
— "Et ne néglige pas ta propre convalescence. Montre‑lui, par ta persévérance, que tu progresses, même modestement. Chaque petite amélioration sera pour elle un signe d’espoir."
Sven posa une main massive mais étonnamment douce sur l’épaule du prince, transmettant une chaleur inattendue.
— "Ta présence morale, tes mots, et ta détermination à guérir, vieux frère, seront les piliers qui soutiendront la Princesse Sylvie jusqu’à ce qu’elle retrouve la force de se relever."
Le prince adressa alors dans son cœur une pensée secrète à la Princesse Sylvie : "Sylvie, où que tu sois, sache que chaque jour je me relèverai un peu davantage, non seulement pour moi, mais pour nous deux"
Sven, toujours assis sur sa chaise, esquissa un large sourire qui fit vibrer les murs de pierre. Et d’une voix grave et chaleureuse, conclut :
— "Le temps guérit les corps, mais les mots et les gestes sincères guérissent les cœurs. Bientôt, le soleil percera à nouveau les fenêtres de cette chambre, et la princesse reviendra, le cœur léger."
Olivier hocha la tête, le regard se durcissant légèrement, comme s’il venait d’arrêter une nouvelle stratégie. « Les cicatrices resteraient, mais elles ne seraient pas des marques de désespoir ».
La nuit s’était étendue depuis longtemps sur les jardins du palais, mais dans la petite chambre, une lueur d’espoir venait de renaître, alimentée par la volonté du prince ainsi que par la franchise brute et le cœur généreux de Sven, qui, malgré sa stature imposante, savait manier la douceur comme il maniait la force.

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