Partie 1

5 minutes de lecture

En moins de trois décennie, je suis parvenu à rassembler une documentation tant en quantité qu’en qualité plutôt satisfaisante.

Sous la forme de livres (des gros, des petits, des minces et des épais), de magazines, de fascicules, de journaux, d’albums, de photo, de gravures.. des éditions anciennes et récentes, j’ai maintenant à ma disposition la matière première indispensable à l’élaboration de mon Grand Projet.

Trente années pour venir à bout de cette première étape, cela peut vous semblez long mais je vous assure que pour une documentation de cette qualité, c’est le strict nécessaire. Il n’en fallait pas moins pour une oeuvre aussi ambitieuse que celle que je m'apprête à livrer au monde.

Pour venir à bout de ce travail, outre le temps qu’il a fallu y consacrer, la totalité de la superficie de mon appartement, une surface considérable que mon père m’a légué et que j’ai encore augmenté en achetant l’appartement mitoyen, m’a été nécessaire. Quand les murs furent plein à rabord, je me débarrassais des meubles. Avec le fruits de la vente de ces biens encombrants je fis posé par d’habiles menuisiers des étagères d’après un plan que j’avais conçu de manière à optimiser au plus juste l’espace dont je disposais. Quand les étagères à leur tour furent surchargées, n’ayant plus les moyens financier de faire appel à des professionels, je n'hésitais pas une seconde à m’investir personnellement. J’achetais le matériel indispensable, de solides planches, un scie, un marteau et une boite de bon clous, et je me retroussais les manches. Vous l’aurez certainement compris, je suis plutôt un cérébral et durant cette période je souffrais le martyr de ne pas être plus adroit de mes mains. Quoiqu’il en soit, en comblant, ici et là les recoins encore exploitables avec mes petits bricolages, je gagnais encore un peu de place.

Ma femme n’attendit pas cette période douloureuse pour disparaître.

Un jour que j’avais besoin de son aide — une pile de lourds documents s’étaient effondrés sur mon passage et je ne savais plus comment m’y prendre pour éviter d’être écrasé sous leurs poids — malgré mes appels répétés, Marie ne vint pas à mon secours. Je lui en voulu beaucoup. Quand elle avait eu besoin d’aide, je n’avais hésiter une seconde.

J’ai rencontré Marie lors d’une soirée organisé par mon père qui désirait me marier à un bon parti.

Il avaient invité plusieurs de ses plus fidèles clients, des commerçants aux ventres bedonnants, satisfaits de leur sort, des hommes arrogants et dont chacun avaient une fille prête à marier. J’étais alors un jouvenceau, le visage imberbe, ignorant presque tout de l’amour si ce n’est ce qu’il en avait lu dans les romans et je tombais ce soir là effectivement éperdument amoureux. Malheureusement pour mon père, ce ne fut pas d’une des prétendantes auxquelles il me destinait, des jeunes femmes fort aimables mais bien pâlotte en comparaison de celle qui emporta mon coeur. Marie faisait partie de l’équipe envoyait par le traiteur. J’observais ses allers et venues à travers le salon. La jeune fille transportait les plateaux plein de coupes et de mets fins avec une telle grâce, avec une telle adresse que j’en étais subjugué. De son côté, elle n’avait pas manqué de remarquer mes coups d’oeil insistant et commença à s’en amuser. C’est ainsi que la jeune servante commença à me faire des grimaces. D’abord étonné par son comportement, je me pris au jeu et lui répondis de la même manière. La soirée pris fin trop rapidement. Les commerçants s’en allèrent emportant leurs filles sous le bras et Marie avant que je ne puisse lui adresser la parole disparu également. Ne voulant pas en resté là, après une rapide enquête, je retrouvais son adresse.

La jeune fille vivait dans un pauvre immeuble de la rue P. Un immeuble envahit par une jeunesse sans le sou mais joyeuse. Je n’appris rien d’elle sur son passé. Je l’aimais et son silence m’importait peu. Pourtant un jour, ne sachant plus vers qui se tourner, elle fut contrainte de me raconter son histoire. « Je m’en veux beaucoup, me dit-elle en séchant ses larmes. de ne pas l’avoir fait plutôt. J’avais l’intention de tout de dire mais les circonstances me pousse à le faire plus rapidement que je ne l’avais prévu. Je suis la fille d’une noble famille. Mon père est Roi. Il règne sur un petit pays loin d’ici. Mon sort aurait comblé la plupart mais moi, trop fière, trop indépendante, je refusais de vivre comme on me l’imposait, Je m’enfuie de ma cage dorée. Je voulais découvrir le monde, tu comprends ? Et puis je t’ai rencontré et rien que pour cela, Je ne regrette rien. Pour vivre, comme tu as pu le constater, je fais des petits boulots. Depuis quelques mois, je prend également la pose pour les étudiants d’une école d’arts. Le travail est facile (quoique) et je n’aurai pas eu à me plaindre si malheureusement pour moi, le professeur qui leur donne la leçon ne m’avait pas reconnu. Depuis il menace de tout dévoiler si je ne lui paye pas une rançon. S’il ne s'agissait que de moi, cela n’aurait aucune importance mais tu comprends… mon père, ma famille… le scandale serait immense. »

Sans hésiter, je cherchais un moyen de tirer mon amour des griffes dans lesquelles elle était tombée. Je me rendais à l’école des beaux arts me renseigner sur les cours du soir et je m'inscrivais à celui que donnait le maître chanteur. Pendant un mois, je suivais l’homme durant ses allers et venues et fit des découvertes tout à fait ahurissantes sur son compte. J’achetais un appareil photographique, un excellent appareil d’une marque allemande réputée pour la qualité de ses objectifs et sa solidité. Cette caractéristique aura son importance plus tard. En peu de temps, j'accumulais sur le misérable des preuves sur sa conduite et un soir, quand j’estimais que j’en savais assez, Je l’attendis au pied de son immeuble. L’homme fut surpris de me trouver là. Je prétendis d’un air entendu que j’avais des photos qui lui plairaient. Le pervers croyant voir en moi un adepte, alléché par la perspective de découvrir mes délicatesses m’invita à monter chez lui. Il ne s’attendait pas à être à son tour la victime d’un de ses jeux favori. Je lui proposé un marché plutôt raisonnable (« Laissez Marie tranquille… Abandonnez vos moeurs et vous serez sauf. ») mais au lieu d'accepter, l’homme se jeta sur moi pour m’étrangler. Il était très fort et je n’eus pas d’autres choix que de saisir mon appareil photographique et frapper. Longtemps, je regardais la tâche rouge s’étendre autour de son corps. Puis je repris enfin mes esprits. Rapidement, je maquillais la scène en cambriolage et disparu à tout jamais de ce lieu maudit. Par chance, personne ne me vit. La police mit sur le compte d’un maraudeur le crime que j’avais commis.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Pierre-Jean Paris ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0