Partie 2

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Je peux très simplement et à une vitesse à faire pâlir de honte la plus puissante des machines à calculer retrouver les renseignements dont j’aurai besoin pour enrichir mes histoires.Par exemple, dans le séjour, à la rangé 27… où ne serait-ce pas plutôt la 28 ? Est-ce bien dans le séjour d’ailleurs ? Ne serait-ce pas plutôt dans la cuisine ? Enfin quelque part par là… je peux sans peine retrouver toutes les informations relatives à l’Histoire de France durant le 19ème siècle. Mon récit se déroulera sans aucun doute durant cette période. Le 20ème siècle est bien trop grossier. le 21ème siècle débute sous de très mauvaises auspices et pour ce qu’il s’agit du XXII… l’avenir ne m'intéresse pas. Je laisse ces spéculations aux scribouillards puérils, aux rêveurs désireux de fuir la réalité au bord d’une fusée. Mon récit débutera certainement dans un beau décor, un château plein de tourelles et de cheminée finement ouvragées. Mon protagoniste puisqu’il m’en faut bien un sera sans doute un homme. Mais je n’exclue par qu’il puisse s’agir d’une femme. Il sera fort (je pense évidemment à son caractère quoiqu’il ne refusera pas si le besoin se fait sentir à utiliser ses poings pour mettre fin à un débat houleux). Il sera intelligent (pas trop non plus. Je ne souhaite pas en faire un Einstein), sensible (Il faut qu’il est de l’empathie pour son prochain) et avec une subtile pointe d’humour pince sans rire (mais pas au point de devenir odieux). Elle aura aussi quelques défauts bien entendu qui la rendront plus humaine. En y songeant, il serait intérressant que mon personnage soit présenté, au début de ces aventures sous la forme d’une pâte, une matière brut. Il pourrait être faible, naïf et au fur au mesure des péripéties gagner en assurance. J’imagine un homme marchant d’un pas ferme sur la grande allée menant au beau château. Le gravier crisse sous ses bottes couvertes de poussières signe qu’elle a bourlingué avant de parvenir jusqu’ici. Sur son visage de la fatigue bien sûr mais surtout une détermination à toute épreuve. D’où vient-il ? Que veut-elle ? Se demandent intrigués les palefreniers et les domestiques qui croisent sa route. Grimpant deux à deux les marches du parvis… Mais j’y songe… si j'adopte un personnage au caractère moins aboutit peut être serait-il préférable que le premier lieu où le lecteur le découvre soit le village où il naquit. Ce ne serait pas un de ces beaux village qui enchantent les touristes mais plutôt un village aux maisons pouilleuses planté au milieu d’un paysage morne hanté par de rude paysan au front bas. Ou une usine… Une usine avec des machines monstrueuses prête à vous broyer au moindre faux pas, des entrelacs d’engrenages titanesques tournant à une vitesses folles, un boucan assourdissant à vous rendre zinzin. Un décor cauchemardesque où ma créature oppressée par des conditions inhumaine, maintenu enchainé à son établi par un patronat avide, relève la tête et décide de se battre. j’ai sur le sujet une excellente documentation. Certainement la plus complètes de tout le pays (juste après la Bibliothèque National bien sûr !) Je crois qu’elle se trouve par là… où par là… rang 22… 15… 18… Par ici, quoi ! Une pièce entière consacré uniquement à ces thèmes, les affreuses conditions que subissaient les ouvriers, le travail des enfants, les mouvements sociaux, la montée des syndicats. Des informations précieuses et détaillées jusqu’à la veille de la première guerre mondiale. Une époque fort intéressante d'ailleurs. Je ne suis pas contre l’idée que mon récit ait lieu à la veille de la grande Guerre. Un auteur, j’en suis persuadé, doit rester ouvert à toutes les éventualités et jamais… jamais… JAMAIS… ne doit se fermer des portes. Mon héros ou mon héroïne grimpe deux à deux… trois à trois… quatre à quatre… NON… quatre à quatre, c’est trop. Elle risque de trébucher et cela ne ferait pas très sérieux… Enfin il ou elle monte les marches du château après avoir confié son cheval fourbu à un manan quand… Mais dans le cas où mon personnage interviendrait durant cette époque, la visite d’un château n’aurait plus beaucoup de sens. Un palais présidentiel me semble plus approprié… ou un ministère… ou les bureaux d’un grand patron de l’industrie. Krupp… Rockfeller… ce genre de vorace. J’ai certainement ici ou là des éléments qui me permettront d’enrichir cette voie. Elle grimpe trois à trois les marches… il en a parcouru un long chemin depuis son enfance passé à l’usine. Dans son village, la vie n’était pas simple. Son assiette est resté plus d’une fois vide. Ah ! Comme elle en a vu des injustices. Ah ! Comme il en accumulé des rancoeurs. Aujourd’hui, il est temps que les esclavagistes qui tirent les ficelles rendent des comptes. Il est temps que la grande distribution rétribue honnêtement les paysans. Il est temps… Il est temps… Il est temps… Ah oui…Je sens venir en moi le flot comme une saine marée. Vite, il me faut du papier, beaucoup de papier… et un stylo. Je me souviens d’avoir investi il y a bien longtemps de cela dans un beau stylo à plumes avec une petite tirette pour recharger le réservoir, un appareil très ingénieux. Et dans des ramettes de papier, du papier d’excellente qualité, tout un stock… De quoi voir venir… Retrouvons tous ceci et mettons nous à écrire.

Un drôle d’individu hante mes couloirs, un vieille homme à l’aspect misérable, le dos vouté, la bouche édentée, couvert de croute. Un véritable épouvantail qui m’empeche par sa présence obstinée d’atteindre le local où j’ai entreposé, j’en mettrais ma main au feu, mon nécessaire à écriture. Quand je suis tombé nez à nez avec lui, figé par la surprise et la peur, nous nous sommes observés. Le bougre semblait aussi étonné que moi. Enfin, au bon d’un long moment, retrouvant un peu de courage, Je lui fit un geste. « Allez va-t’en, lui dis-je en levant un poing menaçant. Pschitt… Pschitt… Du balai… » Mais l’effronté plutôt que de s’avouer vaincu et de filer est resté là, planté devant moi en levant également le poing. J’allais me réfugier dans un coin, au pied d’un étagère, hors de sa vue pour réfléchir à la stratégie à adopter. Que fait-il ici celui-la ? Pourquoi m’empeche-il d’accéder à mes précieux outils ? Lorsque Je me penche pour vérifier si il est toujours présent, l’autre, comme si il était doté d’un sixième sens qui lui permettez de sonder mes moindres faits et gestes, apparait également. Il s’agit sans doute d’un magicien. Non.. plutôt d’un sorcier… un sorcier tout droit sortit d’un comte et destiné à m’empecher d’accomplir mon oeuvre. Le plus frustrant dans cet mésaventure est que peu à peu, je sens le flot qui s’était emparé de moi se tarir, diminuer en puissance comme un feu qui n’aurait plus de combustible. Ma femme, ma tendre et douce Marie, saurait comment s’y prendre pour chasser l’intrus. Elle saurait comment le maîtriser. Elle a toujours été plus forte que moi. Vous ai-je déjà parlé d’elle ? Je n’en suis plus certain …

J’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme au cours d’un voyage que j’avais entrepris aux Indes, un voyage auquel mon père s’était formellement opposé mais que j’avais fait malgré tout. Mon père était un homme certe avisé en affaire mais affreusement ennuyeux. Un notaire tout ce qu’il y a de plus morne et pour qui mes désirs d’aventures n’étaient qu’un perte de temps et d’argent. Contre son avis je parti à l’autre bout du monde et m’y perdit… quelque part… entre les montagnes du Penjab et Bombay. Une vaste zone je vous l’accorde mais impossible d'être plus précis tant j’avais vécu de péripéties. Désespérant de revoir un visage, plus près de la fin que jamais je ne l’avais été auparavant, je fut sauvé par un ange. Torturé par d’affreuses fièvres, elle me soigna, pansa mes plaies et enfin au bout de longues semaines grâce à sa patience parvint à me sauver. Quand je repris conscience, elle était là, assise à mon chevet, achevant une magnifique broderie. Je vois encore ses mains délicates voltigeaient au-dessus de son ouvrage telles des papillons au coeur du printemps. Quand elle m’aperçut son sourire finit par me convaincre qu’elle était ma destinée. Je lui promis aussitôt d’être jusqu’à la fin des temps son dévoué. Nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre et l’affaire fût faite. Plus tard, elle me raconta son histoire. « Mon père eut trois fils, commença-t-elle. Malheureusement pour lui, aucun ne le combla. Le premier était un bon à rien. Le deuxième un idiot et le troisième, un garçon tyrannique. Désespéré de trouver un successeur digne de lui, Il prit alors une nouvelle épouse et pria les Dieux de lui accorder encore un fils. En retour à ses prières, il eut une fille. Fou de colère, maudissant les Dieux de lui avoir joué ce mauvais tour, il cacha ce fait à tous et m’éleva comme un garçon. Je reçu une excellente éducation. J’appris les armes, à monter à cheval, l’art de la guerre et de la paix. Je fis sa fierté. J’étais plus intelligente que chacun des ses fils réunis. J’étais plus courageuse qu’aucun d’entres eux, J’étais plus sage que lui-même. mais j’étais une fille et il n’existait pas selon les lois de mon peuple de maux plus grave que cela. Les forces de mon père déclinaient de jour en jour et bientôt viendrait le temps où je devrais prendre sa succession. Une fois sur le trône, ma position me protégerait et je pourrais enfin vivre au grand jour mon genre. En attendant, mes trois frères jaloux de moi s’entendirent pour me faire tomber et malgré la prudence auquel depuis des années je m’étais astreinte, ils découvrirent mon secret. Le gardant pour eux, ils attendirent le jour de mon intronisation, quand la couronne protectrice fut à deux doigts de couvrir ma tête, pour dévoiler à mon peuple la supercherie. Je parvins à m’enfuir in extremis. Depuis, Je vis ici en exile dans ce château attendant comme l’une de vos princesse de comtes qu’un passant vienne me délivrer. »

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