chapitre 4

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Je repense à la semaine dernière où cette sensation était devenue incontrôlable. À cet instant où j’avais cru que le château de cartes s’effondrait encore, quand Lïa m’avait dit ce que Cléo lui avait raconté. En entendant le récit de cette conversation que Mia et les autres auraient eue avec toi, je m’écroulais intérieurement. J’y repense et les souvenirs sont limpides, j’ai l’impression d’y être :

« Grosse.

– Et, Aurou, Cléo m’a dit qu’apparemment elles lui ont parlé et il a dit qu’il t’aime uniquement pour ton esprit car il te trouve laide.

Moche.

Je n’entendais plus les bruits alentours. Bourdonnement. Chaque mot m’enfonçait dans le cercle vicieux. On était en classe. Les larmes dévalaient mes joues mais aucun mot ne sortait de ma bouche. Lïa s’énervait face au fait que je l’ignore mais intérieurement je voulais lui dire. Je n’y arrivais pas. Je n’arrivais pas à parler.

Salope.

Déjà le matin et elle casse la tête.

Oulalaaa t’as des fesses énormes.

T’es lourde !

Bizarre.

Lïa disait quelque chose qui ressemblait à « c’est qu’un mec, tu vas pas pleurer pour ça. » Elle parlait si fort ! Tout le monde dans la classe l’entendait. Pitié qu’elle se taise. La honte m’envahissait. Qu’elle se taise, pitié. Bourdonnement. Cléa derrière moi, m’avait dit « t’inquiète pas, moi je te trouve très jolie », mais je ne l’écoutais pas.

Moquerie.

Elle se croit belle ?

Des rires.

C’était le trop. Je me lève d’un coup sans réaliser que je suis en cours. La prof me demande ce qu’il y a. Je lui demande si je peux aller aux toilettes. Elle dit oui. Je regarde le sol et mes cheveux masquent mon visage couvert de larmes. Je cours vers les toilettes. Je m’enferme. Je n’arrive plus à respirer. Je me laisse glisser contre le mur et m’assois. Je ne respire plus. J’hurle. Pitié, laissez-moi tranquille.

Je ne suis pas quelqu’un de mal. Je ne suis pas quelqu’un de mal. Je ne suis pas quelqu’un de mal. Je ne suis pas quelqu’un de mal. Je ne suis quelqu’un de mal.

Pitié. Je veux les oublier. Ils me hantent.

Salope.

Je crie. Au secours. Je me noie. J’ai honte. Je ne peux pas retourner en classe. Comment ai-je pu croire avoir droit à l’amour ? J’étouffe. Je sature. Pitié. J’ai besoin d’aide. Je suis fatiguée. Je parle seule dans les toilettes. Je suis envahie par les souvenirs. Mémoire circonstancielle. Je me souviens de quand je me cachais dans les toilettes, de quand j’avais raté une heure de cours parce que j’y étais cachée, en larmes. Je parle seule.

– Ressaisis-toi. Tu dois te ressaisir. Tu es forte. Tu es la meilleure. Je chantonne d’une voix tremblottante : « Allez vas-y Aurou, t’es la meilleure, Oe Oe Oe, la meilleure. »

Mais je suis fatiguée, c’est lourd, c’est trop, c’est épuisant.

– Que se passe-t-il ? Dis à haute voix pourquoi ça ne va pas.

Les mots sont bloqués dans ma gorge, je n’y arrive pas. Elles m’ont cassée. Elles ont fait de moi cet être fragile. Je suis faible. Je n’arrive plus à parler et m’en rendre compte m’emplis d’effroi. J’inspire faiblement et réunis mon courage.

– Tu vas y arriver, cite trois choses autour de toi.

Un lavabo.
J’inspire et j’expire.
Une poubelle.
Inspiration et expiration. J’hoquette.
Une porte.
Je respire.
Je me lève et me regarde dans le miroir.

Salope.

Ferme-la putain.

Je m’agrippe au lavabo. Je vais y arriver.
Respire, Aurou.
Je me lave le visage et prends le temps de respirer et de calmer mon flot de larmes.

– Tout va bien. Tu es en sécurité… »

La sonnerie retentit, me tirant de mes songes.

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