Chapitre 66 Quand quatre mots ne suffisent plus
Tu m'écris "Tu me manques". Pas de ponctuation. Une seule majuscule. Un simple petit message de bonne nuit, sur une plateforme quelconque.
Je réponds "Tu me manques aussi". C'est idiot, j'ai vraiment l'impression que ces quatre petits mots sont vides. Si seulement ils pouvaient contenir ne serait-ce qu'une once de la réalité.
Comment expliquer, avec des mots — cet outil si... utile et pourtant trop peu clair et limité — que tu me manques trop pour pouvoir le décrire ?
Enfin... il y a ce vide, dans un coin de mon cœur, comme si, dès qu'on était séparées, tu en gardais un morceau avec toi, pour ne pas m'oublier.
Pourtant, je nous sais proches malgré la distance, et j'arrive presque à sentir ta présence, quand ton prénom flotte au bout de mes lèvres et que l'image de ton être s'imprime dans mes yeux.
Ce "Tu me manques aussi" est si vide. Trop vide. Alors que mon cœur, lui, est plein. Plein à craquer d'amour, comme une pochette surprise, un feu d'artifice en attente d'une allumette, une cocotte minute en surchauffe.

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