Interlude Divin

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Elle est maline cette petite humaine. Bon, pas que je fasse beaucoup d'efforts pour cacher mes intentions. Je veux dire… les mains collées, c’était quand même très clair ! Mais elle a trouvé rapidement. Plus rapidement que bon nombre des idiots que j’ai déjà maudit.

— Alors comme ça, tu te passionnes de nouveau pour les humains ? me demande Apollon assis sur la méridienne en face de la mienne.

J’hausse les épaules sans me détourner de ma perle qui nous retranscrit toute la scène en direct. Les mortels continuent de parler, mais n’abordent à présent que des banalités.

— Ces deux mollusques ont déshonoré l’Amour avec un grand A. Il est donc normal que je les tourmente un peu.

À ma remarque, Apollon se met à tousser frénétiquement. Je rêve ou il ose s’étouffer avec ma meilleure bouteille d’ambroisie ?

— Un peu, pouffe le dieu des arts, une larme à l'œil. Tu les as collés ensemble dès le premier jour. Littéralement. Non, vraiment, tu es la meilleure des garces, chère amie. J’ai hâte de suivre leurs épreuves, déclare-t-il après avoir reposé sa coupe sur la table basse.

La meilleure, évidemment.

Garce… Oui, aussi.

J’allonge mes interminables jambes nacrées le long de mon assise en satin rose. Un calice d’or et de cristal en main, j’installe une pause théâtrale avant de boire une gorgée. Avec classe et élégance, contrairement à certains.

— J’hésite. Il y a tant de possibilités. Tant d’idées qui fusent dans mon esprit.

— Peu importe. Recommence maintenant, on va bien rigoler ! assure-t-il en s’installant plus confortablement dans les épais coussins en plume de pégase.

— Oh non, mon petit soleil. Il faut choisir le bon moment. Le but n’est pas de les rendre fou, mais fou d’amour. Tu comprends la subtilité ?

— Bien sûr, ironisa-t-il lentement. Aphrodite et sa célèbre subtilité. C’est bien connu.

D’un claquement de doigt, il fait apparaître une lyre et glisse ses doigts sur les cordes. Le dieu des arts n’a besoin que d’une seconde pour créer une nouvelle mélodie envoûtante. C’est aussi facile pour lui, qu’être parfaite pour moi. Autour de nous, les notes s'amplifient, s'évaporent et viennent caresser mes oreilles. C’est presque comme si je pouvais distinguer les couleurs de ce poème symphonique. Son odeur. Ou encore le goût qu’il aurait sur ma langue. Même les plantes luxuriantes qui décorent ma demeure frémissent et ondulent, emportés par les sonorités. C’en est enivrant. Si je n’étais pas déjà plus sublime que toutes les musiques de l’univers, j’en serais presque jalouse.

Soudain, je m’arrête de battre la mesure du doigt. Et je vois dans un de mes nombreux miroirs qu’un sourire resplendissant, quoiqu’un peu malicieux, s’y reflète. Mon sourire. Sur mes séduisantes lèvres semblables aux pétales d’une rose fraîche, prête à éclore.

— Tu viens de me donner une idée, mon petit soleil.

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