Journal du Gutuater (Entrée XV – Conserver)

Une minute de lecture

Les feuilles de mon petit carnet ne dureront pas.

D’abord parce qu’elles existent en quantité limitée, et parce que le papier ne traversera sûrement pas le temps et les âges.

C’est dans cet état d’esprit que je me mis à réfléchir aux supports d’écriture disponibles à cette époque. Et surtout à ceux capables de survivre au temps, même hypothétiquement.

Mon témoignage ne sera qu’un parmi d’autres. Partiel. Peut-être partial.

Mais je tiens à en laisser un. C’est ainsi que je l’ai expliqué à Lucius.

Il m’écouta sans m’interrompre.

Je lui dis qu’à mon époque, on retrouvait parfois des textes enfermés dans des amphores scellées, telles que des lettres préservées par accident, de modestes fragments qui traversaient les siècles.

Il fronça les sourcils au mot « siècles ».

Deux mille ans le laissent toujours dubitatif.

Il ne me qualifie jamais ouvertement de menteur et se contente de douter avec élégance.

Je lui demandai alors :

— Qu’est-ce qui dure ?

Après un moment de réflexion, il répondit :

— Le papyrus, si c’est sec.
— Des parchemins, si on peut payer.

Il ajouta, après un silence :

— La cire ne dure pas.

Évidemment. Je suis bien conscient que les tablettes de cire ne sont pas un support de longue durée. Les parchemins semblent inutilement coûteux et rares.

Je jetai donc mon dévolu sur le papyrus, qui semble d’ailleurs plus accessible via le réseau commercial.

Et Lucius semble en posséder une bonne quantité. Il écrit lui-même régulièrement dessus, tant pour la gestion de ses affaires que pour la correspondance.

À vrai dire, je suis un peu surpris, car ce n’est pas le support que j’avais en tête à cette époque pour un Romain.

J’imaginais davantage des tablettes en pierre.

Comme quoi, parfois, les illustrations des livres d’histoire ou l’imagerie populaire sont clairement erronées.

À la réflexion, il est logique que Rome, par le biais de l’Égypte ou d’autres circuits commerciaux, se fournisse régulièrement en papyrus.

Je crois que je m’orienterai vers ce support.

Écrire dessus me semble presque familier.

Fluide.

Annotations

Vous aimez lire Aurelian3310 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0