Journal du Gutuater (Entrée LVIII – Apprendre sans écrire)

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J’ai décidé de vous résumer, entrée par entrée, ce que j’ai pu glaner auprès d’Ategnatos.

Je vous épargne les très nombreuses conversations.
L’hydromel aide, mais il n’est pas miraculeux.

Je commence par la base.

L’éducation.

Elle se déroule dans ce bâtiment que j’avais souvent aperçu sans y prêter grande attention.
Mais aussi dehors.
Très souvent dehors.

Dans des clairières.

Je ne l’avais jamais vraiment remarqué.

Les enfants — et les jeunes en général — s’y rassemblent sous la supervision des druides.
On leur apprend à comprendre la nature :
ses dangers,
ses cycles,
ses bienfaits.

On leur apprend à la respecter.
À l’honorer.

Mais rien n’est écrit.

Rien.

Les druides parlent par métaphores.
Toujours.

Des histoires.
Des récits longs.
Des énigmes.
Des jeux.

Ils ne disent jamais :
« Voici la règle. »

Ils racontent un loup.
Une rivière.
Un chêne frappé par la foudre.

Et les enfants doivent comprendre.

Oui.

J’y ai participé.

Exceptionnellement.

Ategnatos m’y autorisa, pour « raison pédagogique », selon ses mots.

Les enfants furent fascinés.

Un adulte.

Avec eux.

Je crois surtout qu’ils se demandaient ce qu’un homme aussi vieux que moi pouvait encore apprendre.

À cet instant précis, j’ai dû passer pour le benêt officiel des hôtes de ces bois.

Mais j’ai appris.

Plus que je ne l’aurais cru.

L’éducation de la tête est une chose.

Puis vient celle du corps.

Et là encore, je fus surpris.

Dès le plus jeune âge, ils s’exercent :

  • au tir,
  • à la lance,
  • au javelot,
  • à la course.

Mais rien de mécanique.

Pas de tours absurdes autour des murs.
Pas de séries sans but.

Tout est intégré à la vie.

On apprend à courir en chassant.
À viser en jouant.
À lancer en riant.

Le corps se forme naturellement.

Et, détail qui m’a profondément surpris, garçons et filles participent. Pas de différence ou de parcours franchement différencié selon les sexes.

Certains domaines semblent parfois plus investis par l’un ou l’autre, mais aucune interdiction stricte ne m’a été montrée.

Je n’avais jamais vraiment fait attention.

Une des sentinelles sur les tours est une femme.

Je l’ai découvert presque par hasard.

Sous l’armure, sous le casque, je n’avais rien remarqué.

Je restai un instant interdit.

De nos jours, l’accès des femmes à certaines carrières n’a pas toujours été simple.

Ici, cela semble… moins problématique.

Je ne dis pas que l’égalité est parfaite.

Je dis simplement que ce que j’imaginais ne correspond pas entièrement à ce que j’observe.

Les Bituriges seraient-ils moins patriarcaux que je ne le croyais ?

Ou est-ce spécifique à cette cité ?

Je l’ignore.

Je ne le saurai peut-être jamais.

En tout cas, une chose est sûre :

On apprend ici sans écrire.
On transmet sans graver.
Tout est gravé dans la mémoire et par l'expérience.

Et cela force un certain respect.

Restez en ligne.

Dans la prochaine entrée, je vous parlerai des assemblées.

Et là, croyez-moi, il est aussi question de cochons.

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