Journal du Gutuater (Entrée LXXX – L’air qui bourdonne)
Juin.
La terre n’a jamais vraiment séché.
Les chemins collent encore par endroits. Les herbes hautes dissimulent des flaques que l’on croyait disparues.
Le soir, on entend davantage les insectes.
Un bourdonnement continu, surtout près des zones basses. Les enfants s’en amusent. Les adultes frappent l’air d’un geste las.
L’odeur est plus marquée.
Vase. Herbes écrasées. Eau retenue.
Je n’y prête pas grande attention.
Dans le Berry, l’humidité est une vieille compagne.
Cependant, plusieurs cas de ce que j’appelle une fièvre des marais me sont rapportés.
Frissons.
Chaleur soudaine.
Sueurs abondantes.
Faiblesse pendant quelques jours.
Une vieille femme du quartier bas en est morte. Elle était déjà fragile.
On dit que cela passera.
Je me sens moi-même légèrement patraque depuis deux jours. Rien d’alarmant.
Lucius également.
Il prétend que ce n’est qu’une fatigue passagère.
Je veux le croire.
La plupart se remettent en moins d’une semaine.
Nous verrons.

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