Journal du Gutuater (Entrée LXXXIII – Lumière)

Une minute de lecture

Lucius s’est finalement éteint.

J’ai pleuré. En silence.
Avant de prévenir la ville.

J’ai même prié.
Alors même que le Fils du Ciel ne naîtra que dans plusieurs décennies.
Et que je n’y ai jamais cru.

Je lui ai chanté l’Ave Maria une dernière fois.
Cette chanson étrange dont il comprenait les mots sans en saisir les promesses.

Déjà le manque et la liberté retrouvée s’entremêlent.

Je suis libre. Mais demeure prisonnier.

Il m’irritait.

Sa façon exaspérante de tout contrôler, pourtant mêlée d’inquiétudes, m’agaçait.
M’intimidait parfois.
Mais son flegme, son calme, nos discussions, ses questions, son indifférence feinte — ces choses me manqueront.

Peut-être a-t-il vu en moi une moitié de barbare, une moitié d’accident romain.
Peut-être ne savait-il pas lui-même ce qu’il observait.

Ni moi ce que j’observais chez lui.

Je ne le saurai jamais.

Ses codes m’échappent encore.

Ils parlent de vertu, d’ordre, de mesure. De dignité.
Mais sous ces mots se cachent des logiques qui ne sont pas les miennes.

Geôlier, mentor, sauveur, protecteur ?
Aucun de ça. Et tout à la fois.

Aujourd’hui je voudrais simplement le penser par un mot simple :

ami

Je reste avec ce sentiment étrange :
perte, chagrin, et une pointe de délivrance.

Lucius.

Quelle ironie.

Tu portais bien ton nom.

Tu auras été une lumière.

Celle d’Apollon, de Lug, et de Charon.

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