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Chant d’Avaricum

Quand Avaricum se dévoile,
Et que la brume fluviale,
Se dissipe, lève le voile,
Son humeur devient joviale.

Et moi, simple égaré,
Misérable déphasé,
Je contemple, étonné,
Son tumulte enjoué.

Humble barde qui chante faux,
Troubadour tombé de bien haut,
Poète jeté dans ses eaux,
Aujourd’hui te donne ces mots.

Gaulois, Francs ou Romains,
Ici façonnent de leurs mains,
Ce qui demain, peut-être enfin,
Décidera de nos chemins.

Honneur ou dignité,
Tous ici rassemblés,
Sous un même ciel étoilé,
Présent, futur ou passé.

De commérages en arbitrages,
Ici jamais les druides ne ragent,
Sans faillir et avec courage,
Paresseux mais toujours sages.

Lucius la malice,
Lucius le complice,
Lucius lumineux,
Lucius le curieux.

Cervoise, vin ou hydromel,
Ici les boissons se mêlent,
Trois peuples sous le même ciel,
Deux cités presque jumelles.

Je ne suis point inspiré,
Mais sous tes fumées,
Mon cœur embrumé,
A fini par s’accoutumer.

Lucius scrutait les mots. Les examinait avec cet esprit romain analytique, teinté de curiosité personnelle.
Il ne comprenait pas ce que j’écrivais, pas complètement, reconnaissant en revanche la forme.

Carmen est ?

Une poésie ? me demanda-t-il.

Je répondis que oui. Un possible futur chant. Maladroit. Pas très recherché, précisai-je.

Son attention se porta sur la partie qui le concernait, sur un mot en particulier :

« malice ».

Malitia ? dit-il en fronçant légèrement les sourcils.

Je tentai de lui expliquer que oui… mais non. Enfin, pas tout à fait.
Chez lui, ce mot évoquait surtout la méchanceté ou la fourberie. Une intention de nuire.

Je lui expliquai que, chez nous, le sens avait évolué avec le temps. Que cela pouvait aussi signifier taquin, espiègle, voire railleur, sans être nécessairement méchant.

Lucius resta pensif.

Malitia levior ?
Une malice… plus légère ?

Je haussai les épaules. Oui. Disons cela.

Et puis, pour être tout à fait honnête, j’ajoutai que pour la rime et la sonorité j’avais trouvé ce mot plutôt convenable.

Je lui citai même la référence d’un dessin animé que je regardais enfant.

Il resta là un moment, songeur, répétant presque pour lui-même :

Linguam corrumpis.

Tu déformes la langue.

Puis, comme à son habitude, ses mains se posèrent sur mon épaule.

Enfin, ce mot, celui qui le caractérise :

Bene.

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