Chapitre 6 : Un rêve éphémère 

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Ce matin je me levai de bonne humeur. Lorsque je descendis de ma chambre, une délicieuse odeur remplissait toute la demeure. Du lait chaud, des brioches, un pot de confiture, du fromage fouetté, jamais je n'aurai imaginé avoir droit un jour à un tel petit déjeuner, et surtout, venant de ma mère.

Pourtant, ce genre de chose devint très vite mon quotidien. Sur mon trajet de l'aller et de retour de l'école j'étais accompagné de mes amis. La première fois quand je les ai croisés sur mon chemin je doutais encore de leur sincérité. Mais très vite, mes doutes s'estompèrent.

Au lycée aussi, j'étais accueilli chaleureusement par tout le monde. Quand je repensais le quotidien que je vivais avant, ces jours si paisibles me paraissaient comme un rêve.

« Hé ! Le livre que t'as écrit, il est sombre mais très bien rédigé ! On ressent bien les sentiments du protagoniste, et tu as bien fais ressortir la cruauté du monde ! T'as vraiment un talent pour ça Glad, tu es l'espoir du club ! »

En réalité je me suis simplement basé sur mes propres expériences passés, rien de terrible. Mais pour Gallimard, c'était une œuvre qui sera la clé vers le succès littéraire. Personnellement je m'en fichais un peu, mais pour lui, c'était quelque chose qui lui tenait vraiment à cœur. Ça doit être ça, ce qu'on appelle une passion. J'espère aussi un jour me trouver une passion, et partager ce sentiment avec quelqu'un.

« Dis Glad, cet état d'esprit, en tant que démon j'ai peur que tu te sois adouci… »

- Ne t'inquiète pas pour ça Chat Bleu, je peux te zigouiller quand je veux.

- Ce serait bien si tu pouvais être diaboliqe d'une autre façon…

- Je fais comme je veux.

En réalité j'aurai aimé ne plus penser à mon inévitable destin. Alors, à chaque fois que nous en venons à cette discussion, je terminais le sujet de force et je changeai ensuite de sujet.

Gallimard, jeune homme jovial aux cheveux blonds, est mon " meilleur ami ". Il rêvait de devenir romancier, et je le soutenais dans son projet.

Émilie est une jeune fille brune à lunette, typique du genre " intelligente et studieuse mais pas très populaire ". Mais c'est, d'après ce qu'elle nous montre en apparence, vraiment une chic fille.

Et enfin, le dernier membre du club – il n'y a que quatre membre en me comptant avec – Delphine. C'est une jeune fille aux cheveux teints en rose, avec des vêtements de grandes marques, elle est d'habitude silencieuse, ou plutôt très peu active en club.

Elle passait tout son temps sur son téléphone, mais elle n'était pas du genre timide, elle n'était juste par passionée par les activités du club. En classe elle parlait avec tous ses amis de tout et de rien, bref extrêmement bavarde d'habitude, le genre typique de pu– de connasse qui fout rien mais qui fait "genre".

« Connasse c'est pas mieux que pute… »

« Elle ne vaut pas mieux »

Le pire c'est qu'elle est plutôt populaire à l'école, avec un corps de rêve, tous les plus beau garçons du lycée sont à ses pieds, jalousée et repectée par tous.

« Bref, tu ne l'aimes pas en gros »

s- C'est cela. Si j'arrivais à recruter un autre membre, je demanderai de la virer directement. Elle gâche mes précieux moment avec mes amis.

- Heureux d'apprendre que tu n'as pas "régressé".

- Je serai toujours aussi mauvais, ce caractère ne me quittera pas.

Mais comme elle fait profile bas d'habitude au club, on ne l'endend presque pas alors c'est toujours supportable.

Je profitais de mon heureux quotidien auprès de mes amis, insouciant, oubliant presque mon douleureux passé. Cependant, les répercussions de mes actions passés ne disparaissaient pas pour autant, et bientôt, ils me rattrapèrent.

Je fus si surpris sur le coup, que je tombai à la renverse face à cette terrible nouvelle, moi qui étais à présent habitué à vivre comme une personne normale :

« Des cornes… il y a des cornes qui ont poussé sur ma tête »

En réalité les métamorphoses physiques ont déjà commencé depuis bien longtemps avec mes mèches blanches. Je voulais me rassurer que c'était qu'à cause du stress car j'essayais, en début de trimestre, constamment de trouver des "failles" chez mes "amis", persuadé qu'ils portent tous un masque pour cacher leur affreuse "vraie nature".

Mais au final, il faut dire que des gens qui sont sincèrement bienveillant existent. Au fils du temps ma certitude commençait à s'estomper, et bientôt, je ne pensais plus qu'à m'amuser avec mes amis, essayant d'oublier mon passé.

Mais voilà que quand j'essaie de passer à autre chose le passé me rattrape : Je commence à perdre mon humanité. Plus précisément je commençais à devenir un démon.

Je paniquai. Je voulus arrêter le temps. Je souhaitai annuler ma décision. Mais je ne pouvais pas, j'étais impuissant. Quand je regardais ma main, ma peau commençait à se déchirer, mes ongles tombèrent, pour laisser place à des griffes de bête sauvage, noires et acérées.

Mes dents aussi commençaient à tomber. Telles des billes qui tombent au sol après avoir ouvert le sac, mes dents rebondissaient au contact du sol, projetant en l'air des gouttes rouges, décorant le sol de rouge et de blanc.

Je tremblai, je paniquai, je prenai de la colle forte dans mon tiroir et me précipitai pour en mettre sur les dents et de les remettre dans ma bouche.

Je sentis quelque chose remonter le long de ma gorge, me faisant atrocement mal. Une main, suivit du bras, me sortaient de la bouche, m'arrachant toutes mes dents que j'ai recollé. Je vomis du sang et je me sentais étouffé.

Un bras ensanglanté sortait de ma bouche, me bloquant la trachée. Tout mon corps tremblait, cela faisait longtemps que je n'avais plus renssenti ce sentiment : la peur. Je ne pouvais plus prononcer un mot, ni même refermer ma machoire.

Heureusement, je pouvais toujours communiquer par télépathie avec Chat Bleu. Alors, je lui demandai de me "prêter ses pouvoirs" afin que je puisse reprendre ma forme humaine, mais…

« Désolé Glad, un démon de bas rang comme moi ne peut utiliser la métamorphose que sur des objets ou des créatures de faibles intelligences. Des êtres doués de paroles, ou des êtres bénis de Dieu ne peut être atteint par ces sorts. Si tu ne me croix pas tu peux toujours essayer »

C'était une terrible erreur de vouloir emprunter ses pouvoirs. En acquérant des pouvoirs de démons, ma transformation s'est accélérée. Mon ventre commençait à s'ouvrir, laissant tomber au sol mes organes ensanglantés. Ma chair devenait grise et mes veines devenaient de plus en plus visibles.

Des sortes de piques commencèrent aussi à pousser partout sur ma colonne vertébrale, mais il s'agissaient de véritables os, mutations de mes vertèbres, perçant ma peau et ma chair grise et dure, un liquide rouge ornait le long de mon dos.

« Je ne peux… vraiment plus faire quoi que ce soit ? »

- Non.

- Dois-je accepter mon sort.

- Tu l'as cherché.

- Te sens-tu responsable ?

- Absolument pas !

- Alors que c'est toi qui a tout prévu…

- Qu– quoi ?!

J'étais à présent résigné, j'avais repris mon calme. Le monde est pourri, ou c'est juste ma vie, dans tous les cas je ne pourrais être heureux, tout n'étais qu'une illusion éphémère.

- Tu avais dis que les D-mon pouvait vivre jusqu'à 20 ans n'est-ce pas ? D'ailleur, tu avais aussi dis le jour de notre rencontre que tu m'avais observé pendant longtemps n'est-ce pas ? Depuis combien de temps ?

- Depuis quand es-tu au couran–

- Réalise mon souhait démon serviteur, MEURS DANS D'ATROCE SOUFFRANCE, QU'IL N'EN RESTE RIEN DE TON ÂME !!!

- ARGHH !!!

Je le savais, mais ce n'était qu'une hypothèse. Il aurait attendu, créant des situations à son avantage, pour me pourrir la vie. Me rendre dégoûté de la vie, me donnant la haine envers l'humanité. Me transformer en démon par mon horrible quotidien. C'était aussi pour ça que ces trois-là étaient toujours là même après mes séjours à l'hôpital, qu'ils arrivaient à me retrouver peu importe le chemin que je prennais.

- Et cette fille, celle qui a jouée au "petite amie" et que j'ai ensuite tuée, c'était aussi toi n'est-ce pas ?! Réponds moi !

Étant donné que le D-mon ne peut pas désobéir aux ordres de son hôte, il ne pouvait que me répondre, même en brûlant dans des flammes bleus qui lui déchiquetaient l'âme et pourrissaient son corps.

- Oui… Comment m'as-tu…

- Il est vrai que tu peux lire dans mes pensées, mais il y avait des limites ! J'ai remarqué depuis longtemps que tes sorts n'étaient pas parfaits. Les bijous avaient une couleur terne, même si j'ai demandé l'immunité contre la douleur, j'en ressentais toujours si cela résulte à un contre coup d'un sort, ou par exemple pour ma métamorphose.

Idem pour ma régénération automatique-accélérée, et donc idem pour ce qui est de lire dans les pensées. Seules les pensées les plus "puissantes" peuvent être entendus, les pensées comme "oh une fleur" ou "peut-être que je vais manger du riz ce soir" ne peuvent être entendues !

- Je t'ai… sous-estimé… mais laisse moi te donner une info… pour tout de même te féliciter…

- J'en ai pas besoin.

- La fille… aux cheveux roux… s'appelle… Victoria Depandore… elle existe et… tu la connai–

Avant de pouvoir terminer sa phrase il disparut dans les flammes bleues, ne laissant aucune trace. Quant à moi, sa mort n'a pas annulé ma métamorphose. Des petits bras gris me poussèrent derrière la tête et m'arrachèrent la peau du visage par derrière, laissant un horrible crâne de chèvre possèdant une muqueuse sanglante servant de peau et deux machoires supérieur mais pas de machoire infèrieure.

Ma langue, toujours présente, était rouge et pointue, pendante sous le bras dans ma bouche. Des bouches et des têtes se formaient partout sur mon corps, des bras poussaient au dessus des bras pour déchirer ma peau qui se régénère sans cesse, un collier de mains qui me griffait le cou s'était formé autour de celui-ci.

Des doigts sortaient des yeux des crânes, qui vomissaient à leurs tours des bras et des mains qui s'agrippaient à mes ailes dans mon dos. Mes mains étaient devenues monstrueuses, des doigts rouges, disproportionnels au reste du corps poussaient sur des doigts rouges disproportionnels au reste du corps.

Mes os ressortaient, mon ventre s'ouvrait et se vidait de son contenu, et ne reste plus qu'une cage thoracique semblable à des barreaux de prison qui renferme une main à dix doigts qui m'écrasait le coeur. L'os de mon bassin était devenu énorme et a complètement déchiré la peau et la chair.

Agissant comme un exosquelette, poursuivit par des jambes ne comportant que des fibres musculaires, sans peau. Mon coccyx qui formait le bout de mon bassin a été prolongé par des vertèbres, ce qui me donne littéralement une queue squelettique.

Ma métamorphose me faisait horriblement mal, rien que d'être en vie était douleureux. Même avec une immunité contre la douleur j'avais mal. Il n'y avait probablement qu'une seule solution afin d'atténuer la douleur : devenir un démon de rang supérieur.

Cette nuit-là j'ai tué mes parents, ne supportant pas ma forme actuelle. Lorsque je repensais aux derniers mots de Chat Bleu, un souvenir sorti de nul part dans lequel une jolie fille un peu plus agée que moi prenait soin de moi alors que je m'étais perdu dans la rue refit surface. Cette fille ressemblait étrangement à cette fille que Chat Bleu s'était transformé.

Cependant il ne devait pas avoir assez de pouvoir afin de se métamorphoser lui-même en étant un démon mineur. Lui-même l'a dit, et j'ai moi-même essayé, alors comment a-il-fait ? Plein de questions me tourmentaient. Le lendemain matin, quand je me suis réveillé, j'étais de mauvaise humeur.

À suivre…

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