L'abrupt (passage provisoire)
Jusqu’au soir leurs bras avaient affronté la gravité. La promesse de Falen était tenue, ils ne savaient presque plus les lever, même pour trinquer. Aris avait en plus la tête remplie d’informations, qu’il avait tenter de retenir en quantité, mais le résultat ressemblait à un fatras d’images, idées, conseils, concepts, ordonnancement d’actions, recommandations en tous genre qui semblaient faire des nœuds dans son crâne à mesure que le vin s’engouffrait dans sa bouche.
Car les arpenteurs buvaient. Malgré l’exigence des journées, malgré la nécessité d’une concentration inébranlable, ceux-ci galvanisaient leurs incarnats à pleines bolées.
— Pourquoi vous nous appelez mouches ? traina Bornu, tel une outre trop pleine, prête à se déverser.
Arbo, dans le même état rétorqua, pâteuse :
— Parce que vous êtes petits et cons, comme ces bestioles, mon gros !
Bornu grimaça mais reprit, mollement déterminé.
— D’accord, mais les mouches sont les aimés des dieux, ils craignent pas le Vide, puisqu’ils volent… Non ?
Son Init, Cler, trancha.
— Sont peut-être aimé des dieux, mais ils crêvent d’un seul coup de tatane ! cracha-t-il en tapant sur la table. Comme vous ! Et puis, les mouches, qui les bouffe, hein ?
— Les oiseaux, dirent en chœur les quatre autres Inits.
— Donc… vous êtes les moucherons, vous essayez de tenir au plafond, mais au moindre coup de Vent, n’importe quel éboulis ou l’arrivée des prédateurs, vous êtes finis ! Les oiseaux c’est nous, on vous bouffe !

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