Qui voit l'Artnée est déjà fou — 2 (V2)
Cela devait cesser. Immédiatement !
Mina pouvait le voir, d’autres personnes pourraient l’entendre ! Pire, des Aers ! Pire encore, que sa mère arrive et constate son état d’hébétude !
Mina aperçut son regard et faillit se tourner, mais Felna revint promptement à elle.
— Allons, allons, ce n’est rien, fit-elle, l’air badin. Laissons donc ces questions, mon amie. Oh, mais j’y pense ! s’exclama-t-elle, pour mieux capter son attention. Pourrais-tu aller dès à présent préparer mes affaires pour le débarquement ?
— Mais, m’Aers, nous sommes encore loin et…
— « Il faut pêcher l’oiseau quand il est vif », Mina. Allez, file !
Felna attendit nerveusement son départ, puis fondit sur son père, encombrée de sa nouée, en franchissant le plus rapidement possible la distance qui les séparait.
— Père !
— Felna ? fit-il, le regard quittant ses mirages. Tiens, tu daignes encore me parler, finalement ?
Il essayait de garder contenance en affichant son éternel sourire, mais il était clair, au vu de ses cernes et de sa mine blafarde, qu’il était préoccupé jusqu’au tréfonds de son être.
— Je vous ai vu !
— J’imagine que c’est bien ce qu’il fallait pour me trouver sur ce pont gigantesque…
— Non, père, vous savez de quoi je parle ! essaya-t-elle de dire sans s’emporter. Écoutez-moi bien, je suis prête à passer sur vos frasques, et même vous pardonner, reprit-elle, précautionneusement. Mais, je vous en prie, pour le bien de cette famille et de ce qu’il en reste, il faut que vous cessiez de parler au Vide… C’est… c’est inconvenant !
On pouvait encore voir l’ombre de son acuité d’élucide, il semblait examiner plusieurs choses dans sa demande, jusqu’à ce que sa lassitude l’emporte.
— Ah, ça… fit-il, se tournant vers les abords de la voile. C’est ce que tout le monde pense toujours. Parler à l’invisible, c’est être frappé d’Ironie, disent-ils. Ce qui est drôle, tu vois, c’est que lorsqu’un Illum fait de même, personne ne le blâme. Mais j’entends, Felna, j’entends… Je ne veux pas te faire honte.
Il semblait si accablé.
— Père qu’avez-vous ? Vous ne faites qu’errer depuis notre dispute. Le Vent a-t-il pris vos sens ? Dites-moi que vous n’êtes pas devenu un pantin d’Ironie !
— Mais enfin, Felna, pour qui me prends-tu ? s’insurgea-t-il. S’il m’était possible de basculer dans la folie, crois bien que j’y serais déjà tombé depuis longTemps !
— Mais alors que faites-vous ?
Il la considéra. Son regard vif alla chercher profondément en elle, comme s’il la sondait. Felna remercia Terre de ne pas être un de ces criminels qu’il passait ses journées à interroger.
— Felna, as-tu déjà eu l’impression que quelque chose dans le monde cherchait à s’adresser à toi ? fit-il, énigmatique. Tu sais, comme si Messagère insufflait du sens dans un objet, un mot ou un mouvement, parfois juste un léger souffle. Un genre de signe, un Message, qui ne vaut que pour toi.
Felna se figea, repensant aux singes, leurs voix affreuses, à l’autel d’Ironie. Elle secoua la tête.
— Non, père, arrêtez, il ne faut pas s’intéresser à ces choses, elles sont malfaisantes, elles sont d’Ironie !
Une lueur naquit dans ses yeux, il posa ses mains sur les épaules de sa fille.
— Écoute-les, Felna, persista-t-il, malgré son malaise. Que te disent-elles ?
— Rien ! s’exclama-t-elle. Elles ne parlent pas ! Vous êtes dément ! Ça n’existe pas, père.
— Je sais que c’est difficile à entendre, mais il faut que tu me fasses confiance.
— Il faut fermer son cœur à ces choses.
— C’est ce que je faisais avant. Mais ce n’est qu’en considérant l’irréel que nous trouverons des réponses, Felna. Il suffit de se pencher là où personne ne regarde pour la voir. Elle est juste là…
Il l’approcha du bastingage.
— De quoi parlez-vous ?
— Là, tu ne la vois pas ? Sous la coque… Elle est bien cachée, mais elle nous accompagne depuis que nous avons dépassé le lit du Vent.
— Taisez-vous ! Je ne veux pas en entendre plus !
— L’Artnée est…
Felna s’arracha à lui, elle n’avait pas la force de résister à sa folie. Il la prit par le bras.
— Non, attends Felna, laisse-moi t’expliquer ! Tout s’imbrique, l’inversé, l’Artnée, mon père…
Elle poussa un cri suraigu et le frappa pour qu’il la lâche. Des passagers arrivèrent et Mina déboula d’une des coursives. EntreTemps, son père l’avait lâchée. Tous se tenaient suspendus. Felna tremblait des pieds à la tête.
La honte, elle se trouvait là, dans ces regards. Non seulement son père sombrait au Ciel, mais il voulait l’y emporter avec lui. Il bredouillait devant elle, minable. Puis, soudain, comme si les dieux venaient de le frapper, il se redressa, la fixant avec une colère incompréhensible.
— Eh bien, que puis-je y faire, Felna ? Allez, vas-y, ma fille ! éructa-t-il. Tu veux rester aux palais astraux toute ta vie, c’est ça ? Eh bien, restes-y, alors ! Et ton mari, et ta descendance, et le bien de la Cité ? Tu y as pensé ?
Comprenant la manœuvre, Felna, les larmes aux yeux, embraya d’une voix tremblante.
— Je n’ai pas de comptes à vous rendre, père ! Je suis une femme faite ! Je ferai comme bon me semblera. En attendant, laissez-moi !
Elle en profita pour s’extirper de ces lieux devenus bondés — les Aers ne rataient jamais d’assister à une bonne dispute — et frôla sa mère qui, à l’affut, avait bien entendu été attirée.
Était-ce un sourire qui fleurissait sur son visage ou l’expression de son mépris ?
Derrière, son père cria.
— C’est ça ! On en reparlera !
Ils étaient si faciles à berner. Il suffisait de leur servir ce dont ils se délectaient : un peu de scandale pour tromper leur ennui profond. Raul grimaça, se redressa — depuis peu, il avait la fâcheuse tendance à se tenir voûté — et prit le Temps de soutenir leurs regards, pendant que cette salope d’Artnée se marrait sous la coque. Bien joué, t’as réussi à me donner l’air d’être le dernier des cinglés, se garda-t-il de lui lancer à voix haute.
EntreTemps, Felna avait débarrassé le plancher. Sa fille, bien qu’intelligente, avait encore l’impulsivité de la jeunesse. Elle sautait aux conclusions au lieu de réfléchir. Résultat : même elle le prenait pour un fils d’Ironie, à présent.
À force de regarder tout le monde, l’œil torve, on le laissa tranquille, plus par crainte que par sollicitude. Milia — dont la beauté n’avait d’égal que la condescendance — après l’avoir percé de son mépris, se détourna magnifiquement, suivie par sa cour. Personne ne l’interrogea. Être un paria avait ses avantages. Rapidement, il se retrouva seul sur son petit bout de pont, à ruminer ses aigreurs.
Les palais astraux s’imposaient dans le paysage comme un vieux monstre crispé par des siècles d’immobilité. Il était cerné par la petite cité secondaire que son Oblat de père subrigeait patiemment, aidé de ses "amis", ainsi qu’une tripotée d’Artes débauchés pour la cause. L’entreprise de séduction de ces subâtisseurs de renom faisait pitié. Ceux qu’on appelait faiseurs jusque-là, passaient de maudits adorateurs d’Art à glorieux fils d’Inspiration. On leur faisait les yeux doux, on les complimentait, on louait leurs idées. Tout ça pour obtenir de pouvoir suspendre dans les confins les résidences les plus farfelues, bien loin des dictats formels des Ter, qui exigeaient des subâtis simples, qui n’offensaient pas les dieux.
Il fallut de longues manœuvres pour parquer le cygne dans l’embarcadère trop étroit. L’Artnée resta bien sagement agrippée en dessous de la coque, échappant volontairement aux regards. Au bout d’un Temps inutilement long, un coup de trompe désagréable leur signala que les passerelles étaient enfin installées et sécurisées. Raul, en veillant à éviter autant sa femme que sa fille, se mêla aux autres pour débarquer, soulagé de quitter enfin le maudit vaisseau.
On les accueillit en grande pompe sur une plateforme digne des plus beaux districts de la Cité.
— Bienvenues aux palais astraux, belles gens, que Terre vous porte ! entonna une Vox surmaquillée et obséquieuse. Vous arrivez au cœur même des confins. C’est ici, chers citoyens, que le monde se réinvente ! proclama-t-elle, ouvrant grand les bras vers les Caprices, comme s’elle allait les embrasser d’un geste, telle Attraction. Voyez, belles gens, la sœur somptueuse de notre Cité ancestrale. Sentez la promesse de renouveau qu’elle annonce. Percevez, sur ses ponts et susplaces, le souffle d’Inspiration revenant enfin sous notre monde-inversé.
Raul suivait le troupeau en écoutant son blabla. Tout le monde s’esbaudissait sur les Caprices, qui portaient bien leur nom. Ici, on ne respectait aucune règle, on se servait de la capacité de la corne à se plier à la volonté du façonneur, sacrifiant parfois la stabilité pour l’esthétique. Une folie. Un caprice. Raul ne pouvait imaginer Ter capable de tolérer pareil étalage d’excentricités sans craindre l’arrivée d’une grande main de dieu pour arracher ce grand foutoir du plafond.
C’était donc ainsi que les hauts-Aers "méritants" venaient passer de bons moments parmi les œuvres d’Art, enfin détachés des obligations citoyennes. Se baigner dans la beauté… comme des gosses séchant l’école commune pour flâner sur les ponts et jouer à l’acastale dans des subâtis abandonnés. Une beauté qui lui donnait d’autant plus envie de gerber qu’il se souvenait de la misère de certains districts ou encore celle de l’aire sans-caste.
Les Aers qui découvraient l’endroit ne tarissaient pas d’éloges et de questions. Pourquoi les subâtis n’étaient-ils pas cubiques et sobres ? s’inquiétaient-ils, comme si on enfreignait une loi implicite. Comment ces structures tenaient-elles sans le surport de la déesse ? Ne craignait-on pas l’Art et ses blessures à notre Terre ? Pourquoi ne voyait-on pas de temples ni de Forge ? Toute cette beauté ne risquait-elle pas de rivaliser avec les dieux ? Très bonnes questions, se délectait Raul, en se demandant ce que cette drôle d’oiselle allait leur pondre…
— Mes amis, chantonna-t-elle, insupportable. Les palais suspendus ne sont pas soumis aux mêmes lois que la Cité sacrée. L’exigence des dieux diffère sous ces lieux retirés, simplement parce qu’ils sont éloignés de leur regard et donc délaissés par eux.
Raison de plus pour faire ce que vous voulez, résuma Raul, pour lui-même.
— C’est pour cette même raison que nos gens d’armes veillent, pour compenser l’absence de surveillance divine. La liberté est belle, mais dangereuse. Nous ne voulons pas offenser les neufs. Vous trouverez, disséminés, des temples pour veiller au respect du culte, chaque habitation possède aussi ses autels, précisa la Vox. Ce sont ces conditions d’excentricité par rapport aux temples et aux dieux qui font à la fois la richesse et le malheur de nos palais astraux. La vie est douce, lorsqu’on est loin du jugement divin, ajouta-t-elle, d’un sourire complice. Mais, méfiance, les Ter recommandent de revenir à la Cité au moins une fois par saison, afin d’éviter la déchéance.
Elle souriait. Avec son maquillage, elle pouvait facilement dissimuler son malaise par rapport à l’une des questions. Elle choisit néanmoins d’y répondre.
— Et, en effet, il n’y a pas de Forge, fit-elle, dépitée. Nous dépendons de la Cité pour notre constitution. Ce n’est pas une cité indépendante, mais bien une extension de La suspendue. Nos palais astraux, malgré leur éloignement, font partie intégrante du Terraume. L’Oblat n’en est pas le dirigeant, il n’est que le porte-parole sous-Terre de l’Acastale.
Raul se sentait de plus en plus mal à l’aise avec ses Nos palais astraux. Une partie de la Cité, tu parles…
Ils pénétrèrent un pont tubulaire dont les ouvertures au sol découpaient la lueur du jour pour faire danser au plafond des êtres de lumière. Le genre de truc fait pour en mettre plein les mirettes à tout le monde.
— Si c’est vraiment une extension de la Cité, hasarda Raul, en dépassant un jeune couple de lignée Iramni — encore des cousins —, qui caracolaient en tête de cortège, assoiffé de nouvelles portions de plafond à envahir. Comment expliques-tu que les Ter n’aient pas leur mot à dire sur les constructions ? D’ailleurs, où sont-ils, je n’en vois aucun ?
— Pour la même raison que je viens d’expliciter, Aers, sourit la Vox, imperturbable. Les dieux étant éloignés, les Ter, hélas pour nous, ne viennent que rarement dans les confins.
Ça ne tient surtout pas la route, songea Raul, en se gardant bien de lui répondre. Quand il se rappelait de l’omniprésence de ceux-ci sous l’aire sans-caste, Raul doutait vraiment que la politique habituelle de contrôle des temples délaisse aussi facilement de nouveaux sous-Territoires. Quelque chose d’autre se tramait ici. D’ordinaire, les faiseurs étaient tenus serrés par les temples, qui ne toléraient rien qui ne soit pas traditionnel et surtout qui marque une quelconque innovation. Il était peu probable que les palais astraux bénéficient de passe-droits sous prétexte qu’ils se trouvaient soi-disant éloignés des dieux. Tout cela cachait autre chose. Il y avait des accords là-dessous. Le genre d’arrangements douteux dont son père était friand.
Ils traversèrent des ponts larges et ornés de belle façon, aux ancrages solides. Autour d’eux, les habitations n’avaient rien de ces abrupts cubes amoncelés en grappes plongeantes qui donnaient à la Cité ses allures de vignoble titanesque. Ici, les subâtis se faisaient œuvres d’Art. On bêlait d’admiration devant d’édifiantes maisons-statues, outrageusement charmantes, qui auraient filé une crise de cœur à n’importe quel Ter. Certains subâtis évoquaient de gigantesques visages, quasi susplantés au plafond, où on rentrait par l’oreille et ressortait par une bouche-balcon. Dégueulasse. D’autres osaient des formes, disons, audacieuses, qui donnaient parfois quelque chose d’intéressant, mais qui souvent ressemblaient plus à un bordeCiel sans nom. Raul imaginait facilement les propriétaires accuser les subâtisseurs d’avoir loupé le coche, ou encore le pauvre périnsident tentant de dicter à la Forge les plans d’un subâti représentant « L’ineffable lutte entre le Vide et l’Attraction, mais avec quatre chambres ». Fatuité, quand tu nous tiens…
Pendant ce Temps, le troupeau suait l’admiration à grosses gouttes. Évidemment, puisque cet étalage était là pour faire rêver ! Bientôt, ils commanderaient les mêmes absurdités pour venir les infliger au plafond du monde, vantant au passage les dessins de tel ou tel Artes, vedette du moment…
Raul insista.
— Et pourrais-tu me dire, Vox, comment des formes aux évocations si… puissantes… parviennent à sortir des allées de la Forge ? interrogea-t-il, haut et fort, en consultant son entourage du regard. J’ai peut-être raté quelque chose… Non ?
La Vox parut vaguement décontenancée, comme si on lui posait la question pour la première fois. Ou alors, elle faisait bien semblant.
— Je ne saurai dire, Aers, déclara-t-elle, s’arrêtant pour réfléchir. J’imagine que… les puissants savent s’accorder, comme nos dieux, pour le bien du monde ! conclut-elle, enjouée.
— Sans doute… sans doute, rétorqua Raul, indifférent à ceux qui chuchotaient dans son dos.
La Vox, nullement atteinte, passa vite à autre chose. Ils firent halte sur une plateforme idéalement située pour offrir un panorama sur les Caprices.
— Voyez, nos merveilles ! leur chanta-t-elle. Ici, les Artes peuvent donner libre cours à leurs élans. Ici, la maison-Terre ! clama-t-elle en indiquant un large plateau suspendu à une tripotée d’ancrages. Ne vous y trompez pas, ce disque est bien habité ! Fouler le balcon situé sur son toit donne l’impression d’être un dieu marchant sur l’Envers. Vous apprécierez également la reproduction des arbres et montagnes qui y grandissent — et surtout le lac, alimenté en eau !
Elle continua avec des baraques plus extravagantes les unes que les autres, en vantant la liberté dont ses palais astraux jouissaient. En creux, on entendait les invitations à venir pendre ses propres délires sous les roches chaleureuses. Et le pire, dans tout ça, c’était que le plafond était vraiment chaleureux. Avec ses belles nuances de rouge et d’ocre, on aurait pu se coucher sur la corne et le contempler à longueur de journée.
— Continuons, fit la guide, toute excitée. Nous voici maintenant sous la maison d’une ancienne réalienne, mais je ne vous dirai pas son nom, ajouta-t-elle en souriant, avant de reprendre. Les mains qui en jaillissent vous étonneront sans doute, mais elles ne sont pas placées là par hasard. Elles se tendent vers quelque chose qui se situe au fond du Ciel…
Raul ne trouvait plus Milia parmi les visiteurs. Elle avait dû discrètement s’extirper du groupe pour rallier sa retraite dans le coin. Après tout, elle devait connaître tous ces boniments par cœur. Felna, de son côté, appréciait avec sobriété ce qu’elle voyait, bien calée entre sa suivante et une Aers dont il avait oublié le nom. Elle se tenait précautionneusement à bonne distance de lui. Qu’elle reste dans son coin. C’est même mieux. Raul avait son objectif de toute façon. Ces sûbatis ridicules, il n’en avait que faire. Il attendait d’arriver au palais. Connaissant l’énergumène imbu de sa personne qu’était son père, il imaginait celui-ci attendre ses nouvelles recrues dans le hall pour mieux les rallier à ses projets. C’est là qu’il le confronterait ! Et en public, ce serait encore mieux !
— … On les voit parfois, même au grand jour. Ne vous penchez pas trop ! intervint la Vox, en voyant de jeunes imbéciles se jucher sur le garde-corps. Il y a, tout en bas, trois étoiles, plus brillantes. Il s’agit des carnas incandescents des trois premières réaliennes. Celles qui ont aidé l’Acastale originelle à bannir les patriarches de notre Terraume. Les mains tendues qui jaillissent de ce subâti visent ces étoiles et, dit-on, en redirigent la lumière et les forces vers notre Terre.
Fatigué des « Oh » et des « Ah » admiratifs, Raul laissa son regard vagabonder vers les autres habitations. Un mouvement subreptice s’immisça derrière une façade représentant Messagère domptant un oiseau-feuille. Une ombre immense, qui l’observait.

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