Chapitre XV - Deuxième round, K.O

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Le 10 novembre 2025, je suis retourné à Vilnius.

La deuxième fois.

La première rencontre avait été un vertige.

Celle-ci allait être plus dangereuse.

Parce que maintenant, je savais.

Je savais ce que je ressentais.

Je savais qu’elle le savait.

Et je savais que nous avions décidé de « tenir la ligne ».

À 12h57, alors que nous étions dans le même open space, à quelques mètres l’un de l’autre, je lui ai écrit :

10/11/2025, 12:57 – Noah :

Désolé… aujourd’hui rien que de te regarder ça me stresse.

C’était vrai.

Je pensais que ce serait plus simple que la première fois.

Que l’effet de surprise serait passé.

Que je serais plus solide.

C’était pire.

À 14h40, elle a répondu :

10/11/2025, 14:40 – Rolina :

Ne t’inquiète pas, j’ai trouvé ce que je cherchais au fait, merci.

Professionnelle.

Stable.

À 14h47, je lui ai écrit :

10/11/2025, 14:47 – Noah :

Tu me paralyses aujourd’hui… Je pensais que ce serait plus facile, mais non. C’est pire que ce que j’imaginais.

Je la regardais travailler.

Ses cheveux.

Ses gestes.

Sa concentration.

Et je me sentais désarmé.

À 15h32 :

10/11/2025, 15:32 – Rolina :

Oh non… maintenant je me sens mal. Je ne veux pas que tu te sentes comme ça.

Elle ne voulait pas me faire souffrir.

Elle ne voulait pas être la cause d’un déséquilibre.

À 15h37, j’ai écrit :

10/11/2025, 15:37 – Noah :

Tu es vraiment très belle. Je le savais déjà, mais aujourd’hui tu m’as complètement captivé. Deuxième round et je suis déjà K.O.

Ce n’était pas une exagération.

Je n’étais pas dans le désir brut.

J’étais dans l’évidence.

À 16h35 :

10/11/2025, 16:35 – Rolina :

Oh mon Dieu… je ne sais pas quoi dire. Merci pour les compliments, je suppose.

Elle ne jouait pas la séduction.

Elle était gênée.

À 16h40, j’ai écrit :

10/11/2025, 16:40 – Noah :

Le week-end a été difficile pour moi. Je veux être honnête, c’est notre deal. Tu m’as manqué.

Peut-être que je suis trop émotionnel aujourd’hui. Désolé.

Mais je veux aussi te laisser respirer. Je sais que tu en as besoin.

Je la voyais, à quelques mètres.

Et pourtant je lui écrivais.

À 17h50 :

10/11/2025, 17:50 – Rolina :

Je suis un peu inquiète pour toi. On devrait arrêter ? Je ne veux pas que tu te sentes comme ça. Ça ne devrait pas te torturer.

Le mot « arrêter » m’a traversé.

À 18h19 :

10/11/2025, 18:19 – Rolina :

Repose-toi. Oublie ça pour l’instant et réponds quand tu seras prêt.

Elle prenait soin de moi.

À 18h32, j’ai répondu :

10/11/2025, 18:32 – Noah :

Ne t’inquiète pas. Je suis un grand garçon.

Ce que je ressens n’est pas une torture. C’est la vie. Intense. Parfois désordonnée. Mais réelle.

Tu n’as pas à me protéger de ça.

Prends ton temps. Je suis là. Je respire très bien.

Je ne voulais pas qu’elle transforme l’intensité en culpabilité.

À 18h40 :

10/11/2025, 18:40 – Rolina :

Prends soin de toi. Si quelque chose ne va pas, dis-le-moi. Je ne veux pas que tu te sentes comme ça à cause de moi.

À 18h42, j’ai écrit :

10/11/2025, 18:42 – Noah :

Tu ne m’as pas brisé. Tu m’as juste rappelé ce que ça fait de ressentir.

C’était ça, la vérité.

À 18h46 :

10/11/2025, 18:46 – Rolina :

Tu penses que c’est normal ? Vu notre situation… On ne planifie rien. Je m’inquiète. Ça ne devrait pas être aussi intense.

Elle cherchait une mesure.

Je lui ai répondu :

10/11/2025, 18:51 – Noah :

C’est ok, Miracle.

Puis :

10/11/2025, 18:53 – Noah :

Prends un morceau de Toblerone.

Le chocolat était devenu notre antidote symbolique.

À 20h17 :

10/11/2025, 20:17 – Rolina :

Oui, j’en ai aussi maintenant. Merci.

À 20h19 :

10/11/2025, 20:19 – Rolina :

D’une certaine manière tu as réussi à faire ça sans t’en rendre compte.

Sans m’en rendre compte.

Non.

Je m’en rendais compte.

À 21h00 :

10/11/2025, 21:00 – Rolina :

Tu as bien joué. Tu m’as surprise.

Je lui ai répondu que ce n’était qu’un échauffement.

Mais à 21h14, j’ai écrit quelque chose de plus important :

10/11/2025, 21:14 – Noah :

Merci pour aujourd’hui. Tu as été vraiment douce avec moi. Je l’ai remarqué.

Parce que c’était vrai.

Elle avait ajusté son énergie.

Elle avait mesuré ses regards.

Elle avait fait attention à moi.

À 21h29, elle a posé la vraie question.

10/11/2025, 21:29 – Rolina :

Peux-tu être honnête avec moi ? On s’est promis ça.

Je suis heureuse, mais en même temps j’ai l’impression de te devoir quelque chose parce que je laisse ça arriver.

Est-ce qu’on est toujours “partners in crime” ou qu’est-ce qu’il se passe vraiment ?

Je n’ai pas besoin d’indices ici.

C’était frontal.

Elle voulait une définition.

À 21h33, j’ai répondu :

10/11/2025, 21:33 – Noah :

Tu ne me dois rien.

Ce qui se passe est réel, oui, mais ce n’est pas une dette.

Nous sommes toujours partenaires… juste peut-être ceux qui ont commencé à trop se soucier l’un de l’autre.

Puis j’ai ajouté :

Tu ne dois pas “laisser” ça arriver.

Tu dois aimer quand ça arrive.

Parce que ce n’était pas une permission.

C’était une évidence.

Puis la conversation a glissé vers l’âge.

À 22h16, je lui ai demandé :

Vingt-huit ?

Elle a confirmé.

Dix-huit ans d’écart.

Elle m’a demandé si ça me dérangeait.

Je lui ai répondu non.

Mais la vérité, c’est que ce n’était pas un chiffre.

C’était une vertige supplémentaire.

À 22h41, elle a demandé :

Tu ne te sens pas bizarre avec moi ?

Et là, je lui ai écrit la phrase la plus importante de la journée.

10/11/2025, 22:41 – Noah :

Avec toi je respire.

Je me sens vivant.

Et merci… parce que tu as fait quelque chose que j’essayais de faire depuis onze ans.

J’ai fait la paix avec mon passé grâce à toi.

Ce n’était plus un jeu.

Ce n’était plus du flirt.

C’était une transformation.

À 22h46, je lui ai écrit :

Sweet dream, Miracle.

Et ce soir-là, je savais une chose.

Ce n’était pas l’âge qui comptait.

Ce n’était pas la situation.

Ce n’était même pas l’intensité.

C’était ce fait simple et irréversible :

La deuxième fois à Vilnius, je n’étais plus surpris.

J’étais conscient.

Et conscient d’aimer.

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