Chapitre XXII – Olympe édition

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Je m’étais réveillé avec encore la sensation de la veille dans la poitrine. Pas une émotion brutale, plutôt une continuité douce, comme si la nuit avait laissé une empreinte calme entre nous. Je savais que cette journée serait différente. Nous avions franchi une étape invisible, sans déclaration officielle, simplement par la manière dont nous nous parlions désormais. Je voulais rester présent sans envahir, tendre sans précipiter.

18/11/2025, 08:01 – Noah :

« Bonjour. Je me suis réveillé avec une pensée étrange… si une seule conversation tardive avec toi peut déjà apporter autant de sérénité, je n’ose pas imaginer ce que serait le fait de se réveiller réellement à côté de toi. J’espère que ton matin est aussi doux que le sentiment que tu as laissé dans le mien. »

Je n’avais pas écrit cela comme une promesse romantique, mais comme une image apaisante. Une manière de dire que nos échanges nocturnes avaient un impact réel sur mon état intérieur.

18/11/2025, 08:08 – Rolina :

« Bonjour, c’est une matière à réflexion. »

18/11/2025, 08:09 – Rolina :

« Mon matin est plutôt bon, paisible. Quand on s’endort dans ce genre d’ambiance, on se réveille bien, même sans avoir dormi suffisamment d’heures. »

Sa réponse confirmait ce que je ressentais aussi : nos discussions n’étaient pas seulement agréables, elles modifiaient notre façon de commencer la journée.

18/11/2025, 08:23 – Noah :

« Et juste pour que tu le saches : si quelque chose te pèse, que ce soit le matin, la nuit ou à n’importe quel moment, tu peux me contacter. Si je peux répondre, je le ferai. C’est ce type de présence que tu mérites. »

Je voulais poser une base saine. Pas une dépendance, mais une présence stable, fiable.

18/11/2025, 08:29 – Rolina :

« Merci, c’est un cadeau pour moi. »

La matinée avait ensuite glissé vers le travail. Je l’observais discrètement, sans en faire trop, mais je percevais chez elle une énergie différente, plus douce que d’habitude.

18/11/2025, 10:04 – Noah :

« Tu sais… on plaisante souvent sur tes deux versions, Rolanda X3000 et Rolanda Heavy Metal. Mais ce matin, j’en ai vu une troisième. Une version plus calme, plus lumineuse, presque apaisée. Je l’appellerais… Rolanda Olympe. Parce qu’elle n’est pas entrée dans la réunion, elle est descendue comme une présence tranquille. »

Je cherchais des mots pour décrire ce que j’avais vu : une posture plus ouverte, moins protégée.

18/11/2025, 10:40 – Rolina :

« Donc j’ai une troisième version ? C’est une découverte. Peut-être que c’est à cause de mon pull blanc aujourd’hui qui donnait un effet plus doux ? »

18/11/2025, 12:00 – Noah :

« Ce n’est pas le pull. Ce que j’ai vu ce matin, ce n’était pas une question de vêtements, mais une lumière différente en toi. Plus calme, plus chaleureuse, comme si tu t’autorisais à être plus douce. »

Je précisais mon idée pour qu’elle comprenne que je parlais de son état intérieur, pas de son apparence.

18/11/2025, 12:28 – Rolina :

« Arrêté de me cacher ? »

18/11/2025, 12:31 – Noah :

« Oui. Pas de moi, de toi-même. Tu avais l’air d’une femme qui n’a plus besoin de porter une armure en permanence. »

Elle avait réfléchi à cette idée. Sa manière de répondre montrait qu’elle prenait mes observations au sérieux.

18/11/2025, 12:34 – Rolina :

« Ça me fait réfléchir. Peut-être que ça m’arrive rarement, mais je peux m’y reconnaître en partie. »

Je restais léger pour ne pas la mettre mal à l’aise.

18/11/2025, 12:34 – Noah :

« Détends-toi, je ne dis pas que tu es devenue un papillon spirituel du jour au lendemain. Juste que, pendant un instant, ton édition Olympe est apparue. Et je garde ce secret pour moi. »

Elle avait ri, et la conversation avait continué sur ce ton entre sérieux et humour. Je faisais souvent référence au Toblerone, ce chocolat que j’évoquais comme une métaphore de mon imagination et de mon énergie. Pour elle, c’était devenu un symbole léger de mes excès et de mon humour.

18/11/2025, 13:18 – Noah :

« Un abonnement au Toblerone serait dangereux pour moi… mais peut-être encore plus pour toi. Parce que chaque fois que mon imagination s’emballe, tu découvres une nouvelle version de toi-même. Alors peut-être qu’on devrait être prudents tous les deux. »

Cette remarque restait volontairement ambivalente : à la fois une plaisanterie et une reconnaissance du lien qui se construisait entre nous.

La journée avait ensuite repris son cours, jusqu’au soir où notre échange avait changé de tonalité. Depuis quelques jours, un petit jeu s’était installé entre nous autour de la douche et des « portes ouvertes ». Quand l’un disait aller se doucher, l’autre répondait en plaisantant sur le fait de laisser la porte ouverte, comme une image intime mais jamais explicite. C’était un jeu symbolique, un langage codé qui marquait la naissance d’une complicité plus sensuelle.

18/11/2025, 20:24 – Noah :

« Salut toi. Comment s’est passée ta journée ? La mienne a été étrange : j’ai passé la journée à faire semblant d’être un adulte parfaitement fonctionnel, alors qu’à l’intérieur mon esprit répétait ton nom en boucle. Je vais prendre une douche. Je laisse la porte ouverte… au cas où mon système aurait encore besoin d’une assistance technique version Olympe. »

Je mélangeais humour informatique et sous-entendus affectifs. Elle avait immédiatement compris la référence à notre jeu.

18/11/2025, 20:50 – Rolina :

« Pauvre homme, esprit en mode pixelisé avec une bande-son corrompue… ça a l’air d’avoir été une journée difficile. Je t’envoie mon soutien. Reste prudent ce soir, on a besoin de toi ici. »

18/11/2025, 20:58 – Rolina :

« Et pour la douche : tu dis penser à moi toutes les sept minutes. Si on fait le calcul, ta douche dure forcément plus longtemps que ça. Avec les portes ouvertes que tu évoques, le résultat semble assez clair et logique. »

Elle jouait avec mes propres codes, en utilisant son esprit analytique pour entrer dans la plaisanterie.

18/11/2025, 21:10 – Noah :

« Donc tu as vraiment fait le calcul de ma douche ? Je suis impressionné et un peu inquiet. Si tu peux analyser ça, je me demande ce que tu pourrais encore prédire sur moi. »

La discussion oscillait entre humour et tension douce, sans jamais franchir de limite explicite. Mais je sentais sa fatigue arriver.

18/11/2025, 21:18 – Rolina :

« Si je dis bonne nuit plus tôt ce soir, c’est parce que je me sens vraiment fatiguée aujourd’hui. Je pense à mon lit depuis cet après-midi. »

À cet instant, la priorité avait changé. Le jeu s’effaçait devant le respect.

18/11/2025, 21:28 – Noah :

« Celle qui écoute, c’est toi. Et si tu es fatiguée, va te reposer. Tu ne me dois pas des longues nuits. Juste une bonne nuit. Dors tôt si tu en as besoin, je serai encore là demain. »

Elle avait accepté sans hésiter.

18/11/2025, 21:33 – Rolina :

« Merci. Je vais essayer de dormir maintenant. Doux rêves, demain est un nouveau jour. »

Je voulais terminer la journée avec une image apaisante, sans intensifier davantage la tension émotionnelle.

18/11/2025, 21:37 – Noah :

« Bonne nuit. Repose-toi. Tu mérites un sommeil qui fait taire le monde entier. Et si ton esprit vagabonde avant de t’endormir, souviens-toi simplement qu’à quelque part quelqu’un termine sa journée avec la chaleur de toi dans ses pensées. Je serai encore là quand le matin te retrouvera. »

Ce soir-là avait marqué le véritable début de notre langage codé : l’édition Olympe, les calculs absurdes, les portes ouvertes et les douches évoquées comme des métaphores. Rien n’était explicite, mais tout était déjà chargé d’un vertige nouveau. Ce n’était pas encore une histoire déclarée. C’était une complicité en train de devenir réelle, un espace où le jeu, la douceur et le désir commençaient à se mêler sans jamais se dire directement.

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