Miroir d'âme

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31. O6. 2024

Pendant notre séance, je m’ attends à aborder notre nouveau cadre de travail et à le fixer. Donc, lors de mon arrivée, après avoir exprimé ma fierté concernant les résultats scolaires de ma fille, je te fais part de mon intention de t' écouter concernant le sujet prévu. Au final, durant la conversation, tu m’ apprends que ce dernier se fixerait de lui- même au fil de nos entretiens.

Certains moments sont très intenses. Tout d' abord, quand je te transmets les propos de Lydie lors de la réception de son diplôme: “ J’ ai beaucoup travaillé pour réussir mais c’ est aussi grâce à Papa et toi puis aussi à « ...» ( elle mentionne ton prénom) parce que sans lui, tu ne serais pas si disponible Maman ».

Tu en es très touché, ton émotion est palpable et les perles nacrées frétillant au bord de tes mirettes souvent calcinées vives les magnifient d' autant plus. Tu m’ expliques, suite à cela, qu’ il t’ était, en général, très difficile de mesurer l’ ampleur et l’ impact de ton travail sur une famille…

Ensuite, lorsque je me confie à propos de mes inquiétudes concernant la santé de mon cher Audric, sa dégradation physique, ses réactions par rapport à notre collaboration. Et surtout, cet instant où avec toute ma pudeur, je parviens à te communiquer mon infinie tristesse de sentir l’ inéluctable échéance se rapprocher…

Enfin, pour terminer, l’expression pénible de mon angoisse quant à l’ évocation de mes craintes au sujet d’ une éventuelle dépendance thérapeutique ainsi que les raisons qui m’ avaient poussée à douter de Toi…

01. 07. 2024

Durant la soirée et la nuit défilent les nombreux caps que nous avons franchis ensemble, aussi rédhibitoires eussent- ils été… J’ en demeure bouche- bée, le coeur sans dessus- dessous, l’ âme en friche et je prends ma plume pour t' écrire ces quelques lignes que je te transmets :

« Décidément, tu es unique : aucun Autre n' aurait pu continuer à me tendre la main comme tu le fais si magnifiquement depuis un certain temps, malgré mes débordements narcissiques impitoyables dépeints ici- même sur cette toile, avec l' objectif de me hisser, au prix d' efforts inouïs, envers et contre tout, toujours un peu plus loin, encore un peu plus haut dans ma manière d' être au monde ; je te dois, en grande partie, cette renaissance en devenir!

Bien que j' écrive depuis longtemps avec mon sang; ces cinq dernières années, mon inspiration, je l 'ai puisée à l' encre de tes yeux souvent brûlés par toute la souffrance du monde... (Merci à Toi d Être!).

Partir à la découverte de son Âme demeure donc l 'aventure de toute une Vie car même si elle engendre certes, comme dans toute expérience, de nombreuses souffrances et frustrations, une fois ces dernières identifiées avec soin, puis remâchées et enfin dépassées, libre à chacun d' entre nous de les magnifier!

Pour ma part, je suis parvenue à accorder un sens à ce qui, au départ, n'en avait manifestement pas les apparences afin d' y apprivoiser ta "Sensibilité à Fleur de Peau" sans la défier ni la déifier mais pour simplement l' accueillir avec bienveillance en toute humilité... »

Durant toute la semaine, entre temps de divertir mes puces ( ce sont les vacances), je m’ éclate en créant de nouvelles photos pour illustrer mes futurs poèmes.

11. 07. 2024

Un jour noir…

J’ apprends via les réseaux sociaux la mort d’une amie qui m’ est très chère; j’ ai beaucoup de mal à y croire! J’espère qu’ il s’ agisse d’ une erreur, d’ une mauvaise blague durant plusieurs heures.

Non, pas ma Gaïa, c’ est impossible; j’ ai encore discuté avec elle avant hier!!!! Finalement, je dois bien me rendre à l’ évidence: elle est décédée…

Elle a choisi de mettre fin à ses jours, s’ est suicidée… Ces mots retentissent comme le sifflement de coups de fouet dans ma tête… Elle n’ avait pas cinquante ans, nous nous connaissions depuis quatre ans; une belle amitié certes virtuelle mais très solide nous unissait.

Elle- même fragile, elle menait pourtant un combat quotidien depuis de très nombreuses années au sein de diverses associations pour aider les plus démunis, les oubliés, les sans- abris contre une précarité inéluctable au point d’ en oublier sa propre existence...

Elle avait laissé une lettre, son ressenti sur son blog la veille de passer à l’ acte et je l’ ai carrément loupé!!!!!! Nul d’ ailleurs n’ a pu empêcher l’ inévitable car ceux qui se sont inquiétés et ont prévenu la police et les secours n’ ont pu que constater son décès…

Je suis secouée par les spasmes de mes sanglots; un véritable flot de larmes amères s’ écoule de mes yeux hébétés après avoir lu la nouvelle officielle de son décès sur sa page FB!

J’ y écris ces quelques lignes en son hommage :

  • « Gaïa est une étoile qui brillera éternellement nous renvoyant tout l’ éclat de sa grandeur d’ âme qui l’ a accompagnée durant sa si longue nuit… »

Ensuite, je publie pudiquement ce petit billet d’ humeur:

  • « Dimanche endeuillé, ton départ si brutal me consterne .... Repose en paix ma Gaïa et de là- haut, veille sur tous ceux que tu as défendu durant ta trop courte Vie avec ce charisme qui te caractérisait tant. Tu es et resteras à jamais dans mon coeur ! »

Je réfléchis encore et encore pour en arriver à émettre cette infâme conclusion: “L' écriture à elle- seule ne représente qu' un bien maigre exutoire ; elle ne permet pas de sauver les âmes en proie aux plus vils démons…”

14. 07. 2024

Je suis en mode interrogation ce soir, et ton ressenti me titille... Les réponses que tu y apportes me marquent particulièrement.

Moi, curieuse:

– « Qu’as- tu ressenti en lisant mon texto ?

Toi, visiblement mal à l’aise:

– « Je ne l’ ai pas encore relu, je ne sais même pas si je le ferai mais il m’ a touché… »

J’ enchaine :

  • « Et quelles sont tes émotions vécues à la relecture de la lettre de fin de thérapie, tu ne me hais pas? Ne regrettes- tu pas ta décision de continuer le travail ensemble? Comment fais- tu pour avoir un degré de tolérance aussi élevé? Beaucoup m’ auraient envoyée promener, pas Toi… »

Tu me réponds doucement, tes prunelles azures magnétiques fixées dans les miennes :

  • « Erin, sache que si c’était à refaire, je le referais mille fois malgré les clashs, les après- séances douloureuses, les prises de tête… »

Emue aux larmes, profondément touchée, je balbutie juste:

  • « Tu m’ fais pleurer là! »

Tu me proposes ensuite la réalisation d’ un exercice sur toutes les perceptions sensorielles ressenties à cet instant- même de notre entretien, dans cet ici et maintenant .

Je te relate donc que je vois ta compagne et ton bout d’ chou passer devant la maison. Inquiet , tu me demandes s’ il est accompagné , ce que je confirme puisqu’ il suivait sa maman. Ta réponse me touche: « Sinon, ça me tracasserait! »

Ensuite, j’ en viens à ma perception du goût et je te lâche sous forme de boutade : « J’ ai un ami pour dîner » en référence à Hannibal dans « Le silence des agneaux ». Tu me fais sourire car tu n’ en captes pas, sur le coup, la forme humoristique… Et pour cause… (Cela restera chez moi au travail durant la fin de soirée et une partie de la nuit.)

Pour conclure, nous abordons le thème de l’ expression visuelle:

  • « Le regard de l’homme est différent de celui de la femme, Erin...

  • Comment ça? Qu’il soit masculin ou féminin, on peut tout lire dans un regard!

  • Non, la femme utilise des artifices par son maquillage et ça en change toute l’ expression! »

Suite à cela, je prends illico intérieurement la décision de ne pas me maquiller les yeux pour la prochaine fois afin de tester tes dires, et surtout de nous permettre à l’ un comme à l’ autre de nous retrouver sur la même fréquence au niveau du sujet évoqué….

Cette parenthèse entraînera une longue réflexion suite à laquelle je transcrirai, quelques jours plus tard, le poème « Miroirs d’ âmes » :

« Poètes bohèmes, artistes androgynes, putains désabusées, chanteurs abandonnés, anarchistes soudoyés ou hors- la- loi ; tes yeux, miroir réfractaire, reflètent leurs âmes désavouées quand désertent ces artifices un tant soit peu rabats- joie là où tout impact se magnifie puisque rien n' y ment jamais ! Pourrais- je encore parler aux étoiles mentholées, dis- moi, lorsque s' éteindra cette nuit repentie ô combien déplorée?»

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