Chapitre 14 – Dans le dédale des nuits mondaines

Une minute de lecture

Je la saluai en retour, affichant mon plus beau sourire. Celui qu’on m’avait appris à travailler au Moulin Pourpre.

Le sourire de l’hôte parfait.

À vrai dire, je ne savais pas quoi répondre. Sa remarque était-elle un trait d’humour ? Une image de circonstance — oiseau, balcon, ciel nocturne ? Était-ce une invitation ? Une menace voilée ? Un intérêt sincère, ou simplement un jeu de pouvoir de plus ?

Ne sachant que dire, je choisis l’humour.

Je répondis que l’oiseau bleu avait replié temporairement ses ailes afin de savourer l’éclat de la nuit.

Je le regretterais plus tard.
Mais sur le moment, je ne sus rien trouver de mieux.

Car à peine avais-je prononcé ces mots qu’une invitation, en bonne et due forme, me fut retournée avec un sourire entendu.

Je savais que le Moulin Pourpre n’avait pas le monopole des soirées mondaines. D’autres lieux existaient. Plus intimes. Plus confidentiels encore.

Sur Terre, on aurait parlé de cercles fermés ou d’établissements privés.

Des endroits où l’on ne croisait jamais plus de dix personnes à la fois.

Orchestres discrets, chanteurs réservés pour quelques invités triés sur le volet. Majordomes attachés au service exclusif d’une seule personne.

Mais ces lieux, murmurait-on, étaient aussi le théâtre de débauches assumées et d’opérations clandestines. Sans qu’aucune enquête n’ait jamais pu établir quoi que ce soit de manière formelle.

Et c’est sans pouvoir franchement refuser que je descendis la rejoindre.

Je me laissai entraîner dans le tourbillon feutré des nuits confidentielles.

Nous empruntâmes des ruelles donnant sur d’autres ruelles, puis encore d’autres, si étroites et si semblables que je perdis rapidement tout sens de l’orientation.

Des portions de la ville que je n’avais jamais vues, malgré l’impression tenace de bien la connaître désormais.

Chaque détour semblait m’éloigner un peu plus des axes familiers, comme si l’on glissait volontairement hors des cartes usuelles.

Nous arrivâmes finalement dans une impasse.

Là, une lueur bleu-violacée, discrète mais parfaitement assumée, illuminait une enseigne que je n’avais encore jamais remarquée.
L’Oiseau Bleu.

Xoxo,
Isekai Gazette

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