Chapitre 18 — La convocation
Je finissais de me préparer lorsque l’on frappa à la porte.
Un coup bref.
Je m’arrêtai aussitôt.
Personne ne frappait jamais ainsi à cette heure-là.
Le Moulin Pourpre attendait, comme chaque soir.
Une habitude parmi d’autres.
J’étais déjà en train d’enfiler mon manteau lorsque le second coup retentit, identique au premier.
J’ouvris.
Un messager se tenait sur le seuil.
Vêtu sobrement, sans couleur distinctive, sans emblème apparent.
Il ne me regarda pas vraiment.
Son attention semblait déjà ailleurs, comme s’il n’était là que pour accomplir une tâche précise avant de disparaître.
— Vous êtes attendu au palais, dit-il.
Pas invité.
Pas convoqué.
Attendu.
Il me tendit un pli scellé, sans cérémonie. Le sceau n’était pas royal.
Du moins, pas celui que je connaissais.
Une marque plus discrète, presque neutre, comme si elle avait été conçue pour ne pas attirer l’attention.
— Immédiatement.
Je pris le document sans l’ouvrir.
— Puis-je savoir le motif ? demandai-je.
Le messager hésita une fraction de seconde. Pas assez longtemps pour être un refus.
Juste assez pour que je comprenne que la réponse existait, mais qu’elle ne m’était pas destinée.
— Non.
Il inclina légèrement la tête, déjà prêt à repartir.
— Une voiture vous attend.
Je refermai la porte.
Le silence de l’appartement me parut soudain plus étroit. Le manteau du Moulin Pourpre reposait encore sur le dossier de la chaise. Je ne le pris pas.
Je regardai l’heure.
Tout était réglé pour une soirée ordinaire.
Je rangeai le pli dans ma poche, pris une inspiration, puis quittai l’appartement.
En descendant l’escalier, une pensée me traversa l’esprit, insistante.
La Marquise n’avait pas besoin de me convoquer ainsi.
Ce qui signifiait que, pour une fois, cela ne venait peut-être pas d’elle.
Xoxo,
Isekai Gazette

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