Chapitre 37 — Sous couvert d’utilité

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Le lendemain, je me levai plus tôt que d’habitude.

Les idées de la veille s’étaient organisées durant la nuit, non pas en un plan brillant, mais en une suite d’actions possibles. Invisibles.

Je choisis mes vêtements avec soin. Rien de trop formel.

L’exact milieu que l’on attend de quelqu’un qui n’a rien à cacher et beaucoup à faire.

À la bibliothèque, je commençai par ce que je faisais toujours : trier.

Des traductions en cours. Des fragments encore incomplets. Des textes sans importance apparente, mais dont certaines tournures, certains termes anciens, méritaient d’être vérifiés.

Je constituai lentement un petit dossier à part. Rien de suspect.

Juste des documents « à problème ».

Des noms propres mal attestés.
Des références croisées qui ne concordaient pas.

Le genre de choses qui justifie un détour administratif sans éveiller la moindre alarme.

Quand mon supérieur passa près de ma table, je l’interpellai comme si l’idée venait de me traverser l’esprit.

Je lui parlai de ces textes anciens.

De certaines traductions douteuses. De fragments qui semblaient renvoyer à des événements mal classés.

Je suggérai, avec toute la prudence requise, qu’un accès temporaire aux archives royales permettrait peut-être de lever ces ambiguïtés.

Il m’écouta sans m’interrompre.
Après un moment de réflexion, il me proposa d’envoyer une requête pour consulter les archives civiles — accessibles, mais dont la consultation restait strictement encadrée.

Un peu avant midi, le palais donna son autorisation.

Je pris mes affaires, les documents sous le bras, et quittai la bibliothèque.

Tandis que je traversais la place, une voix bien trop familière et rieuse se fit entendre depuis mon café habituel.

Encore elle.

La Marquise était attablée, parfaitement à son aise. Elle me fit signe d’approcher, sans ambages, et me demanda si je me rendais au palais.

J’acquiesçai.

Avec la voix la plus douce et le plus large des sourires, elle m’en demanda la raison.

Je lui expliquai que certaines traductions nécessitaient la consultation des archives civiles afin de confirmer des dates, des événements. Rien de plus. Rien de moins.

Avant de me laisser partir, elle lança un sous-entendu très clair. Un avertissement.

Éviter d’évoquer notre petit arrangement.
Et surtout, ne pas rencontrer le Grand Chambellan.

Je me surpris à m’interroger sincèrement sur l’étendue réelle de son réseau.

Allait-il jusqu’à la Reine elle-même ?

Une telle désinvolture posait question. À moins d’être protégée directement par la couronne.

Je répondis poliment que je n’avais aucune raison de le rencontrer — sauf s’il en exprimait lui-même le souhait.

Puis je pris congé.

Conscient, désormais, du traquenard discret dans lequel je me trouvais.

Xoxo,
Isekai Gazette

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