Chapitre 66 – L’alerte

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Kiervin fut attaquée sans déclaration.

Ils avaient fait vite. Et discrètement.

En remontant le fleuve, au bord même de la ville, profitant de la nuit et de la routine.

Il n’avait fallu qu’un instant pour que ce qui se passait ailleurs devienne soudain très proche.

Une escouade de démons organisée.

Je n’en avais jamais vu auparavant.

Ils nous ressemblaient. Pas de cornes. Pas d’ailes. Rien de spectaculaire.

Juste des marques sur la peau, le visage, les bras. Des motifs sombres, presque géométriques.

Des tatouages, pensai-je d’abord.

Des signes distinctifs, appris-je plus tard.

Ils étaient peu nombreux.

À peine deux cents soldats.

Envoyés en mission commando — ou suicide, selon le point de vue.

Leur objectif n’était pas de prendre la ville, mais de la parasiter. La confédération marchande pesait lourd dans l’effort de guerre, logistique comme financier.

Kiervin en était un nœud essentiel.

Les routes terrestres y convergeaient.
Le fleuve y ouvrait des voies rapides.
Ses affluents menaient loin. Presque jusqu’aux portes de la capitale, plus à l’ouest.

Ils attaquèrent de nuit.

Ils auraient pu réussir.

La garde chargée de la sécurité n’était composée que de réservistes. Des hommes et des femmes compétents, mais peu nombreux. Pas préparés à une attaque coordonnée venue du fleuve.

Et pourtant, le plan échoua.

Pas à cause d’un héros.
Pas à cause d’un exploit militaire.

À cause d’une enfant.

Une petite fille d’environ six ans.

Elle s’était levée pour boire un verre d’eau.

Depuis sa fenêtre, elle aperçut quelque chose qui n’aurait pas dû être là. Une silhouette.

Puis une autre.

Elle ne comprit pas ce qu’elle voyait, mais elle comprit que ce n’était pas normal.

Vainement, elle tenta de réveiller ses parents.

Alors elle sortit.

Elle se faufila dans les rues comme seuls les enfants savent le faire. Sans réfléchir.

Poussée par une peur brute, animale. Elle courut. Tomba. Se releva. Changea de direction. Évita les places éclairées.

Jusqu’à la cloche centrale.

Celle que l’on n’actionnait qu’en cas d’urgence.

Elle tira.

Une fois.
Puis encore.

Quand l’alerte sonna, il était déjà trop tard pour la discrétion.

Et trop tôt pour le carnage.

Kiervin ne fut pas prise cette nuit-là.

Mais à partir de ce moment, plus personne ne put prétendre que la guerre était encore loin.

Xoxo,
Isekai Gazette

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