Chapitre 80 – La veille

Une minute de lecture

Ce soir-là, tout le monde était réuni.

Mes amis. Bastien et son petit groupe.

Parfois, je me dis que le destin existe bel et bien.

Une mission conjointe d’exploration, plus à l’ouest, avait été confiée à plusieurs équipes. Kiervin servait d’étape, comme souvent. Une coïncidence pratique. Ou une ironie de plus.

Je ne dis rien.

Rien qui puisse trahir mon intention de partir.

Je profite simplement de leur présence. Une dernière fois. Des rires. Des récits déjà enjolivés. Des projets qui ne sont plus les miens. L’heure n’est pas aux aveux, mais aux réjouissances.

Avant le saut vers l’inconnu.

Rentrerai-je sur Terre ?
Choisirai-je une autre destination ?

L’entité m’envoie parfois des images. Des sensations diffuses.

Je ne comprends pas vraiment. Par moments, j’ai l’impression qu’elle oriente un choix plutôt qu’un autre, mais jamais clairement.

Peut-être se contente-t-elle d’observer.
Peut-être hésite-t-elle autant que moi.

Peu importe.

Ce soir-là, je n’ai pas besoin de comprendre.

Bastien s’incruste chez moi en fin de soirée, comme souvent. Une évidence plus qu’une décision. Il s’effondre sur le lit.

Je reste un moment à l’observer.

Il ronfle. Marmonne parfois quelques mots incompréhensibles. Je trouve ça étrangement rassurant. Et un peu drôle.

Je passe une partie de la nuit éveillé.

Je sais ce que je ferai au matin.
J’attendrai qu’il se réveille.

Qu’il déjeune.

Puis je partirai en forêt.

J’ai posé discrètement un congé. Sans rien dire à personne, à l’exception de Dame Wynfred, naturellement.

Officiellement, il s’agit de décompresser après la rencontre avec le satan. Personne n’a remis en cause cette justification.

J’ai aussi constaté autre chose.

Mes amis sont devenus forts. Bien plus qu’à notre arrivée. Plus assurés. Plus solides. Ils ont trouvé leur place, chacun à leur manière.

Ils iront bien.

Je le sais. Sans pouvoir vraiment l’expliquer.

Si j’ai des regrets ?

Aucun.

Des remords ?

Un peu.

Mais rien — absolument rien — ne se mettra plus jamais en travers du chemin de ma vie pépère.

Xoxo,
Isekai Gazette

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