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Accoudée à la rambarde, Elisabeth observait le fourmillement en contrebas. Elle affectionnait l'étude des réactions et gestes des personnes qui passaient sous son regard inquisiteur. Aujourd'hui, la jolie brune semblait ailleurs, et pour cause : la séance photo prévue la stressait quelque peu. L'inconnu accepterait-il de poser ? Et si les clichés réalisés ne lui plaisaient pas ? Le doute s’insinua lentement en elle. Une boule à l'estomac commençait à se former, elle décida de quitter son perchoir pour rejoindre sa table de travail.
Son cours surligné de fluo était ouvert sur du droit pénal. Certaines notions essentielles manquaient de détails, elle décida donc de les développer. Son téléphone vibra alors que la jeune femme s'apprêtait à se rendre dans les différents rayonnages de livres. Immédiatement, elle attrapa le mobile et prit l'appel.
_ Allô ?
_ Bonjour Eli.
_ Tout va bien ? s'inquiéta cette dernière en percevant la voix enrouée de la rédactrice en chef du journal.
_ Je ne suis pas en très grande forme... selon le médecin, je suis grippée...
_ Mince ! J'espère que tu t'en remettras. Je suppose qu'on annule l'interview ?
_ En fait, je comptais sur toi pour le faire, réussit à dire Diana entre deux quintes de toux.
_ ...
_ Je t'ai envoyé le questionnaire par e-mail et...
_ Attends... Quoi ? Non..., bafouilla Elisabeth réalisant soudain.
_ Je te prends au dépourvu, j'en suis navrée... mais j'en ai besoin pour la prochaine une. Je te revaudrai ça.
_ Diana... Diana...
La photographe considéra l'objet, encore allumé, dans sa main. Son interlocutrice venait de raccrocher.
_ Eh merde ! lâcha la photographe en se laissant glisser sur une chaise.
Son œil accrocha la pendule, quatorze heures approchaient au grand dam d'Elisabeth. L'apprentie journaliste afficha le courriel de Diana. Sa respiration s'accéléra et son teint blêmit à la longueur du document.
Un nouveau SMS apparut sur son écran. La solution à un de ses tracas ? Un large sourire s'étira sur ses lèvres en forme de cœur. Elle tapa en un temps record son message et l'envoya. En quelques secondes, une réponse arriva. Sans tarder, elle rangea ses affaires, sortit de la bibliothèque et s'orienta dans les couloirs lumineux, jusqu'à la salle de rédaction du journal.
Devant la porte, elle hésita un instant avant d'entrer, le souffle coupé. Une expiration allégea l'étudiante lorsqu'elle remarqua que la salle était vide. Le poids de son sac en moins sur son épaule, elle arpenta la pièce de long en large. Une main manucurée se posa sur son épaule. Malgré la délicatesse de la personne, Elisabeth sursauta.

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