Premier Round

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Où étois-je encore tombé ? Cela me rappellait l’ambiance d’un rêve ou dirais-je, plutôt celui d’un cauchemar, le genre à donner une érection si forte qu’elle vous réveille en pleine nuit. Enfin, c'était ce que j’aavais cru au premier abord être réveillé, quand je m'étais vu palper des seins difformes dont la fermeté n’avait d’âge. Autant dire qu’il n’y avait pas de quoi bander en les voyant et pourtant, j’étais bel et bien en érection. Étrangement, je ne touchai d’une main qu’un sein pendant que de l’autre, j’essayai de me masturber.

Mais à chaque fois, au lieu de m’attraper le sexe, je touchai mon épaule gauche comme si mon pénis s’était dérobé de mon entrejambe. Comment dire cela, autrement ? J’étais bien plus excité encore quand je n’attrapai rien. Cette sensation était étrange et sordide à la fois. Dans cette réalité, j’étais comme enivré et entrainé par une femme dont l’âge aurait pu me faire penser à mon arrière-grand-mère. C’est alors que je me réveillasse, le sexe dressé, avec une envie d’uriner accompagnée d’une odeur rance. Une odeur similaire et celle des vielles crasseuses.

Je posai ma main sur l’interrupteur, dégouté. Je sortis donc de mon lit, vers les toilettes, mais je dus renoncer tant mon sexe était contracté, je me dirigeai alors vers la baignoire. Les jambes écartées d’un bon mètre, je pus commencer à me soulager, et, pendant ce moment de détente je vis dans mon esprit se représenter le visage de cette femme. Celui dont la peau était si ridée qu’on aurait pu croire qu’elle était morte et vivante à la fois. Elle se tenait là, devant ma bite dont l’extrémité se vidait à grand jet.

Je ferme la porte de ma Ford Escort noir métallisé. Installé confortablement dans mon siège, je rentre la clef et allume le contact. J’appuie sur la pédale d’accélérateur à trois reprises, enclenche la marche arrière pour sortir du parking Victor Hugo de la ville de Bordeaux. Les pneus grincent à chaque virage effectué, comme si j’avais démarré en trombe alors qu’en réalité, je roule au pas en direction de la sortie.

Arrivé face à la barrière pour valider mon paiement, j’allume le post radio et tombe sur la musique Do For Love de 2Pac. Aussitôt entendu les premières notes qu’elles entrainent ma tête d’avant en arrière. J’enclenche, cette fois-ci, la première et sors du parking. Direction chez-moi, à Bruges. Un village dans la ville. Enfin, c’est toujours comme cela que je me le représente. Je pris le cours de la Marne qui, à cette heure-ci, commençait tout juste à s’embouteiller provoquant ainsi la douce mélodie d’une ville pleine de vie. Des coups de klaxon qui résonnent en pagaille avec parfois des : « Eh connard, mais qu’est-ce tu branles ! » Ou… « Putain, mais avance, tu vois pas que c’est vert ! » Ainsi, je progressais lentement mais sûrement. Direction mon modeste appartement. Et je reconnais que, pour une fois, je ne me suis pas trop emporté.

Quand arrivé à quelques rues de ma résidence du Vert Pré, un scooter me fait face, j’opérais aussitôt une manœuvre pour l’éviter manquant de peu de prendre le mur d’à côté. Mais le booster arrive trop vite et me percute l’aile gauche. Putain ! J’hallucine, mais quel con ! Je pile, ouvre ma portière dont la force de l’impact l’a endommagé, car j’avaus du mal à l’ouvrir. Pris de colère, je me précipitai sur lui. Je commençais tous juste à péter un câble, quand j’avais vu, sous son casque, une trainée de sang. Comment vous dire à ce moment-là ce que j’ai fait, je pense avoir gardé mon sang froid et je lui avais demandé :

— Eh, mec, tout va bien ? Tu saignes !

Le jeune, allongé sur le bitume, visiblement sonné ne me répondit pas immédiatement. Entre temps, d’autres véhicules s’étaient arrêtés pour voir de quoi il s’agissait. Et quand, l’un des conducteurs s’approcha, il s’était avéré que c’était son père. Un mètre quatre-vingts, dont les bras s’agitaient comme une folle. Même pas peur, avais-je pensé. En voyant que son fils âgé d’à peine quinze ans était blessé, il commença, en premier, à m’agresser par la parole. Je voulus me justifier, mais la colère de cet homme commençait bien trop à monter, jusqu’au moment où j’en ai eu assez et je lui avais collé mon poing dans le nez. Il tomba à la renverse, le nez en sang et cassé. Voici comment avait débuté ma matinée. Super, je allais encore avoir des emmerdes avec les condés.

J’entendis le père hurler de colère sur la gendarme qui tentait de cacher avec sa main, son sourire. Visiblement, le dépôt de plainte avait été refusé. Car le petit était comme qui dirait : positif au cannabis après test salivaire. L’adjudante, petite et mignonne, s’était approchée de moi et, avant de sortir en secret, elle m’a dit : Je ne devrais pas dire cela, mais je reconnais que vous avez bien fait ! Ainsi, je partis avec un sourire fort bien dissimulé, mais il fallait croire que pour une fois, je m’en était bien sorti sans avoir eu l’envie de briser le premier venu.

Trois longues heures à passer chez les condés comme dire, cela m’avais donné bien faim. J’ouvre mon frigo et vous n’imaginerez pas ce que j’y vois : un poulet fumé. Je fis, cette fois-ci, un large sourire, et je le pris. Visiblement, c’était mon jour de chance et je l’ai entamé à commencer par une aile. Ma foi je m’étais mis à repenser à l’adjudante. Mignonne. Puis, je balayai cette pensée en croquant dans une cuisse. Quand, je reçois un appel : je regarde mon téléphone et cela commence par un 05. Eh, merde ! J’aime pas les 05. Je décroche :

— Allo, c’est bien monsieur Saad à l’appareil ? C’est l’adjudante de la gendarmerie du Bouscat, dans la précipitation nous avons oublié de vous demander quelques informations.

— …

— Vous êtes là ?

— Oui, j’avais juste la bouche pleine.

À ce moment, je vous lui dire qu’elle était pleine de poulet, mais je me suis retenu.

— Désolée de vous déranger en plein déjeuner et bon appétit.

— Merci, je serai là pour 15 h, c’est bon pour vous ?!

— Parfait à toute à l’heure, monsieur Saad.

Un Putain de poulet fumé ! s’échappa de ma bouche quand elle raccrocha et je le replaçai aussitôt dans le frigo. Puis, je m’installai sur mon canapé en allumant la télé pour passer le temps.

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