2. Quand le passé refait surface
Plus que six semaines avant la Samhain, prononcée "Sam-win", ou plus précisément la fête d'Halloween, ça promet.
Je n'ai aucun plan, aucune idée de comment réaliser ce concours de circonstances, alors que j'arrive en lieu inconnu...
« — Ma chérie, tu ne sais pas quel soulagement c'est pour moi d'avoir enfin une boutique au village pour m'approvisionner en tarots, oracles et autres accessoires pour mes tirages de cartes ! Mais dis moi, pourquoi venir ici précisément ?, me balance Riviera, du haut de ses un mètre soixante.
— Salut Riviera, figure-toi que j'avais besoin de quitter ma région, mon mari, mon travail ; tout, quoi. Après avoir effectué quelques recherches, mon regard s'est posé sur cette annonce, et vu le prix je n'ai pas pu résister.
— Whaou mais quel courage ! Tiens je te présente Alfred, qui tiens le petit café du centre...
— ... Mais il fait aussi bar - tabac, bonjour Madame. Moi c'est Alfred, comme Alfred de Musset, [rires] je suis heureux de faire votre connaissance ! On ne parle que de vous depuis votre arrivée c'est incroyable !
— Ah, bonjour, de même merci ! ».
Je ne sais pas quoi rétorquer face à lui, moi qui suis peu habituée aux marques d'attention et qui pensais que les regards noirs étaient dus à l'étrangeté de ma personne.
« — Ne t'inquiètes pas Eléna, à Kiblare au début c'est difficile, mais si on reste ouvert d'esprit et curieux il n'y a pas de raisons que cela se passe mal, n'est-ce pas Al ?
— Bien sûr, bien sûr. Dites, à part ça, vous êtes au courant ? Ici, tout le monde connaît cette histoire.
— Au courant de quoi ? »
Alors qu'Alfred prononce ces paroles, je manque de m'évanouir. Encore ce passé qui me rattrape, comme un vent mêlé de colère, de frustration et de nostalgie.
Va-t-on encore m'annoncer un secret que tout le monde sait sauf moi ?
« — Alfred, je t'interdis de parler de ça ! Pas maintenant ! » , chuchote Riviera, assez fort pour parvenir à mes oreilles malgré tout.

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