3. Une Légende au Village

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Mais non... J'ai bien entendu ? Ils ne vont quand même pas s'arrêter là ! Alors que je fais des yeux ronds à la voyante, elle se tourne vers Alfred :

« — Bon, et bien je crois que je vais me resservir en vin blanc pour invoquer l'esprit d'Arthus !..

— Attendez, je suis là ! Quelqu'un va m'expliquer ? », je rétorque.

Al se râcle la gorge avant de commencer :

« — Oh rassurez-vous Eléna, ce n'est pas grand-chose. Il y a cent ans un "événement inexpliqué" a conduit à la fermeture de la boutique de l'époque. Le propriétaire a disparu du jour au lendemain, sans laisser de trace. Personne n’a jamais su ce qui s’était passé, mais… beaucoup ont commencé à se poser des questions.

— Et il s'appelait... Arthus ?

— Précisément. Arthus de Vauclair. »

C'est bien beau tout ça, mais l'attitude de Riviera me me fait penser qu’ils me cachent encore quelque chose. Malgré tout je sens qu’un jour, je découvrirai le fin mot de cette histoire. Peut-être à la bibliothèque ? Ou dans une vieille librairie poussiéreuse ?

Quoiqu'il en soit, ma curiosité l'emporte car ce soir, je me fais une promesse : on ne me la fera plus.

Je ne veux plus être celle qu’on trompe, qu’on berne, celle qui ne voit rien venir. Si seulement ils savaient… c'est aussi l'occasion de ne plus retomber dans mes vieux travers.

Deux heures plus tard, je fais ma caisse et range l’argent au coffre. La soirée touche à sa fin.

Je remercie mes convives un à un, salue le dernier client qui s’offre les deux dernières boîtes d’encens — un succès fulgurant, vu la rupture de stock — puis referme enfin la porte. Seule dans la boutique, je regarde autour de moi, le cœur battant.

Oui. Elle est là, ma nouvelle vie.

Le silence retombe dans la boutique, paisible… jusqu’à ce qu’un léger rire étouffé s’élève du plancher. Bizarrement je ne peux que mettre cet incident sur le compte de la fatigue.

Je me réfugie donc à l’arrière du local, mon petit coin de vie dissimulé derrière un paravent : quelques meubles, un lit, l’illusion d’un vrai chez-moi cosy et minimaliste.

Je m'allonge et mes paupières se ferment toutes seules.

Mais au même instant, je n’oublierai jamais l’odeur puissante de l’encens Sang de Dragon envahir la pièce… alors qu’il n’en reste plus un seul bâton.

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