Le refuge du larbin
Il ferme la porte, comme on ferme un cercueil. Le silence s’abat, les murs savent déjà.
Alors il s’assoit, il se courbe, et s’abandonne à sa propre main, esclave docile et
complice muette. Le plaisir vient vite, froid, solitaire, un éclair qui ne réchauffe pas.
Puis retombe la nuit, plus lourde encore que l’attente.
Dans le miroir, ses yeux ne mentent pas : ils hurlent la solitude, le gouffre où il
s’enchaîne. Il pense aux anciens, à ces hommes qui dressaient des cathédrales, qui
labouraient la terre, qui savaient attendre la femme choisie comme on attend la pluie.
Et lui, héritier déchu, saccage ses draps pour quelques secondes de néant. Un rire
amer s’échappe, comme une voix intérieure, lui disant : « voilà ton royaume, voilà
ton empire de sueur ». Mais ce soir, quelque chose vacille. Sous la honte, une colère
gronde : non pas contre son corps, mais contre cette chaîne invisible qui l’a plié en
esclave. Alors il serre les poings. Il se jure que demain, il ne cédera pas si vite.
Qu’il marchera dehors, qu’il parlera, qu’il respirera, qu’il cherchera le feu ailleurs que
dans ses veines. Et dans ce serment fragile, dans cette rébellion encore tremblante, il
découvre une vérité : la faiblesse est une blessure, mais la blessure peut devenir
cicatrice. Et la cicatrice, une preuve qu’il a lutté.
Alors il sourit, ce n’est un triomphe, mais de l’ironie. Car même au plus bas, il l’admet
qu’il lui reste une fine part d’homme, et ce reste est déjà une arme. Et Peut-être aussi
parce que devant ces mots, comme on entre dans une chambre qu’on n’a jamais
visitée, il n’est pas ton guide, mais juste un reflet qui parle !
Fred kenny fotso

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