7.8

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Raymond attend... La paille grogne encore une fois puis la main verdâtre revient à la lumière du jour en tâtonnant.

  • Pffff... pas facile pour une faible femme, hein ? gromelle Agathe en s'extirpant de la meule. Non mais ! Et c'est qui celui-là ?
  • Je te présente Etienne, pourfendeur de monstre. En apprentissage, c'est vrai, mais plein de bonne volonté.
  • Ferait mieux d'écrire des romans, ce petit con !
  • Va savoir ce que l'avenir lui réserve, à celui-là... approuve Raymond. Bon, tu te bouges, là ? On t'attend pour aller bouffer.
  • Mais je peux pas aller au restau dans cette tenue ! proteste la vieille qui se dresse enfin sur les pavés. Regarde-moi : on dirait une souillon qui sort d'une porcherie !
  • Et alors ? Comme d'habitude, non ?
  • Couillon ! Je ne parle pas de ma robe ! rétorque-t-elle en montrant le moignon de sa jambe.

Raymond n'avait même pas fait attention. Il rit de son inattention.

  • Vrai que la situation me paraît un peu bancale ! Viens ma gosse, on va la récupérer, ta guibole. Ensuite, on jaffe !

Et Raymond prête son épaule à la vieille qui ne cache pas son plaisir du contact avec son ex-amant...

***

Quand ils pénètrent un peu plus tard dans la taverne de Hônthon, les autres sont déjà attablés, le verbe haut. Ils se tapent sur les genoux et se fendent la poire, peut-être à cause des premiers effets du vin sombre et sirupeux qu'ils s'enfilent à grandes lampées. C'est René, toujours lui, qui remarque les nouveaux arrivants.

  • Quand même ! On n'attendait que vous pour commencer !
  • Z'avez pas dû attendre longtemps quand je compte le nombre de pichets déjà vides, hein ? grogne Raymond. Allez, faites-nous un peu de place !

Les autres s'évacuent en prenant soin de déplacer aussi leur gobelet de picrate. Tout se passe dans un joyeux brouhaha, et les premiers habitués du quartier qui arrivent les observentà la dérobée, pas vraiment contents de l'ambiance habituellement feutrée.

  • Alors ? Comment ça s'est passé ? demande Hônthon qui sort de ses fourneaux, les bras chargés de plats fumants.
  • Trop facile, t'inquiète, répond Raymond avec suffisance. Tu sais, des monstres, j'men tape douze avec des biscottes au p'tit déjeuner. Un rigolo comme celui qui traînait dans ta remise, franchement, y avait pas de quoi réveiller un mort. Mais parlons d'autre chose, tu veux bien ? J'ai faim, moi !
  • Tu ne seras pas déçu, mon ami, sourit le patron. J'ai fait préparer mille et une merveilles pour vous.

Et il se lance dans le récit coloré de ses spécialités sous les yeux énamourés des convives. Le calme revient petit à petit, et tout le monde peut enfin manger.
Il est enfin temps de se reposer un peu. Plus tard, tous conviennent de visiter enfin la ville, la fameuse ville de Jérusalem. D'ailleurs, Pierre qui est revenu de son puits, aidé par Etienne, se propose même de leur servir de guide.

A suivre...


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