VI- De la préparation à l'action

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« Voici la ville d'Elk. Tu verras beaucoup de maisons rassemblées à un même endroit. Pourtant elle n’est pas la plus grande ville de notre Royaume et encore moins de la Terre d'È. »

Sortit le chevalier tandis que nous passions les portes de la ville. J'étais comme il le pensait, totalement subjugué par l'activité humain débordante, il y avait des gens partout autour de nous, dans toutes les rues et ils s'affairaient à des tâches aussi diverses que variées. J'ai cependant remarqué dans la plaine autour de la ville, à l'allure des murs extérieurs et à quelques endroits que nous traversions, des traces du malheur. Une bataille s’était déroulée autour de la ville.

Pourtant, tandis qu'autour de nous des gens marchaient vite voire couraient pour certains, le chevalier ne faisait pas avancer sa monture autrement qu'au pas. Ainsi n'était-il pas pressé. Sur son chemin les gens se poussaient. Certains faisaient des signes de révérences. Parmi eux quelques‘un disaient "Sir". Je me suis rendu compte devant ces scènes que je n'avais pas vraiment observé ce chevalier.

Il était grand et fin. Le visage ouvert et souvent avec un sourire. Que ce sourire soit saint ou de mauvais augure est une autre histoire que je pouvais inventer à cet instant. Ses longs cheveux blonds étaient coiffés et maintenus en arrière et descendaient jusqu'à ses épaules. Quand il portait son casque fermé sur le visage, on ne voyait ses cheveux sur sa nuque. Ils balançaient de gauche à droite. Son armure militaire était de plaques grises, nettoyés avec la volonté d'être irréprochables. Son cheval portait le casque de son cavalier le long de la selle et le bouclier au niveau de sa jambe arrière gauche. J’avais déjà observé ses armoiries, un cheval blanc joliment dessiné sur un fond azur que l’on pouvait voir de loin.

Je n'ai pas entendu parler de chevalier plus en avant dans mon enfance, je ne me suis alors jamais fait d'image caricaturale. Je n'avais pas l'idée que tous les chevaliers étaient preux au combat et courtisaient les dames dès qu'ils le pouvaient. Non plus je n'avais l'image contraire des chevaliers bourrus qui ne comptaient plus les entailles et balafres défigurant tout leur corps. Je n'avais, en face du chevalier qui me transportait, qu’un certain respect pour ce qu'il pouvait faire. J'ignorais évidemment quatre-vingt-dix pourcents des tâches qu'ils faisaient mais je me disais que la guerre ne devait pas être un lieu simple. Au contraire des métiers que je connaissais, la guerre n'acceptait que la perfection, la perfection du mouvement d'attaque, la perfection de la garde, puisque toute faille menait à la blessure et à la mort certaine. Élever des chèvres paraissait à côté de cela bien naïf.


 J'étais arrivé à ce point de ma réflexion qui m'emmenait doucement vers une terreur panique de ce que j'allais faire à partir d'aujourd'hui, lorsque le chevalier prit la parole :

« Je sais qui tu es, Arn. Je veux dire, je connais à peu près les mêmes choses que toi sur...toi. Ces paroles me firent quitter toutes mes autres pensées et je me concentrais pleinement sur lui. Je sais par exemple que ton origine te donne une illustre posture. Il laissa là un silence durant lequel j'ai enragé d'être dans son dos incapable de voir l'expression de son visage. Ma famille a toujours respecté cette histoire, il est de mon devoir aujourd'hui d'aider les tiens jusqu'à l'épuisement de mes capacités. Des paroles rassurantes qui m'ont décrispé immédiatement. Puis j'ai senti qu'il fallait que je dise quelque chose. Alors j'ai dit la première chose qui me passait par la tête :

- Vous savez qui est mon véritable père ?

- Houlà ! Non, je le crains. Et j'ose prendre l'initiative de ne pas partir à sa recherche.

- Pourquoi ?

- Parce que mes connaissances sur lui sont aussi pauvres que les tiennes mais mon expérience parle. Ce père inconnu t'apportera plus de questions que de réponses. Ne part pas à sa recherche, ce n'est pas la première chose que tu devras faire.

- "Devras faire" ? C'est du futur, pourquoi pas le présent ?

- Tu as l'esprit vif, petit, c'est excellent ! Et il enchaina anormalement vite. Pour ton futur je t'emmène à un endroit dans lequel tu vas passer quelque temps... présent. »


 Avec ces paroles nous avions traversés les portes de la ville qui menaient à l'exact opposé d'où nous étions entrés. L'ambiance n'était pas du tout la même. Nous quittions la ville pour une forêt de tentes. Il y avait à perte de ma vue des tentes montés, des soldats, des archers, des cavaliers menant leurs chevaux, des personnes en bon état, d'autres blessés et des cris constants. Par ici un ordre d'aller plus vite, par là-bas un appel à une compagnie de soldat. Devant nous se sont découvert les tentes d'infirmerie. Elles laissaient échapper des râles d'agonies...

Pour briser le silence dans lequel nous étions tombés, je me suis osé à poser la question attendue :

« Qu'est-ce qu'il m'attend... à présent ? »

Cette question a d'abord disparue dans le vide du brouhaha et de l'activité nerveuse nous environnant pour lui survivre quelques secondes après.

« Le Royaume doit former de nouveaux soldats. Tu vas y participer. Le monde est dangereux pour un fils de paysan. Si tu deviens un guerrier, il le sera un petit peu moins...

- Un tout petit peu ? J’ai laissé filer entre mes dents tout en regardant les yeux grands ouverts les cages des prisonniers. Notre marche traversait le camp en bifurquant à droite à gauche. Le chevalier s'avait où il allait.

- Il faudra que tu le découvres par toi-même ! Termina celui-ci avant de rire aux éclats. Il se trouvait drôle. Je me sentais arriver dans le pire de mes cauchemars, celui que je n'avais pas oser faire encore. Après avoir ri, il termina par quelque chose d'encore plus étrange : Accroche-toi, nous reprenons le galop une minute. »

Ce qui se fit. Et à toute allure nous sommes entrés dans un sous-bois. Nous l'avons vite parcouru pour se trouver de nouveau dans un camp entouré de tentes. Celui-ci était juste d’une taille plus sobre, il ne devait y avoir qu’une petite trentaine de tentes et surtout nous étions entres les arbres.

« C'est ici. »

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