04h49
L’arôme du café fraîchement moulu se répand dans l’air.
Ses doigts serrent fermement une moitié d’orange.
Le jus s’écoule au travers du tamis posé sur une carafe en verre.
Il écoute la mélodie des firins.
Non loin, l’eau frémit dans la casserole placée sur le fourneau en brique.
— Bon ! Il y en a assez et l’eau est chaude.
Sur ce murmure ferme, son regard se tourne vers la vasque du comptoir.
Les aquinas se frottent contre une pile de vaisselle.
La nourriture restante dans les assiettes est lentement dévorée par la petite horde de poissons.
Ses lèvres s’étirent d’un large sourire.
Au moins, je sais que Mizuki a encore essayé de cuisiner… C’est bien, mais elle en a mis partout.
Son regard suit les étiquettes des pots en verre remplis d’épices.
Ils sont alignés dans la petite étagère murale au-dessus du comptoir.
Soudain, il pousse un léger soupir.
Où est-ce que j’ai mis le sucre ?
Sa main frotte doucement sa nuque et son cou craque légèrement.
Bizarre… J’étais sûr de l’avoir rangé ici.
Il commence à observer la pièce dans son ensemble.
Émilie aurait été furieuse de voir un tel bazar.
— Bon, je ferais mieux de ranger tout ça.
Il range rapidement les pots, puis humidifie un linge et frotte le comptoir.
Après un court instant, il se tourne vers la table en pin, entourée par deux bancs en sapin.
Il débarrasse la vaisselle restante dans la vasque avant de saisir le balai contre le mur.
Les secondes s’écoulent et son regard se pose sur un petit pot au pied de la table.
— Ah, ben le voilà !
Il s’agenouille et saisit le sucrier. Un souvenir me revient…
Elle tient ce cadeau entre ses doigts fins et longs.
Son regard se relève doucement pour croiser celui de Kenji qui rougit.
Elle dépose le sucrier sur cette même table avec un geste délicat.
D’un geste lent, elle saisit sa grande main bandée, puis approche son buste…
Ses lèvres se plissent, il se penche légèrement.
Le baiser est un doux contact.
Elle caresse sa joue en se reculant.
— Je t’aime, Kenji.
Tu me manques tellement, Émilie…
J’aimerais que tu sois encore près de moi…
Toutefois, mon cœur ne t’oublie jamais.
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Linda.

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