04h52
Si ce souvenir m’a été accessible, c’est qu’un observateur l’a vécue pour moi.
Cela confirme que ma précédente existence est celle d’un Chishiki.
Voilà aussi pourquoi mes hôtes me semblent si familiers.
La clé de ce mystère est certainement liée au prénom de Hana… Kaze… Hanakaze…
Rien à faire, ma mémoire sémantique n’a pas les informations…
Il me faut déverrouiller la partie épisodique. Un grattement vif me ramène vers mon observation.
« Aquinia est ton nom scientifique, mais tout le monde t’appelle aquina. »
« Petit poisson translucide, allongé sur trois centimètres. »
« Ta peau visqueuse contient une belle chair rose, où circule un liquide blanc. »
« Il filtre ta nourriture que je vais citer pour mieux te comprendre. »
« Particules fines, bactéries toxiques, corps étrangers et tant d’autres encore. »
Alors qu’elle retrempe sa plume, une réflexion simple me laisse comprendre…
Le but écologique de cette espèce est lié à la filtration de l’eau.
L’encre trace de nouveau des lettres sur le papier.
« Ta vision est multidirectionnelle et tu es tellement rapide que personne ne pourra t’attraper ! »
« Enfin tu es présent dans toutes les surfaces aquatiques de la planète. »
« Même si tu ne vis qu’une journée, par division cellulaire, tu te reproduis pour compenser. »
Vu ce qu’elle écrit, il est probable que les aquinas sont aussi issues de modifications génétiques.
Il semble proche des daphnies et des Turritopsis dohrnii.
D’ailleurs, d’anciens rapports faisaient mention d’un projet de colonisation de Mars.
Les mots se forment au rythme de sa main assurée.
« Maintenant l’eau à la parfaite température, tu cohabites pacifiquement avec tout le monde. »
« C’est toujours très agréable de te côtoyer. »
Ce point qu’elle rédige est intéressant. Ils thermorégulent sûrement l’eau grâce à leur ERA.
Sa main glisse doucement dans ses cheveux, laissant une mèche passer derrière son oreille gauche.
Elle se lève calmement, puis range les différentes feuilles en un seul tas.
Il faut que j’aille réveiller Noémie, sinon, elle va encore être en retard !
Elle marche avec légèreté vers les escaliers, puis monte doucement les marches.
D’un pas serein, elle traverse le long couloir avant d’ouvrir la porte.
— Noémie !
Elle observe Noémie qui ronfle dans son lit totalement défait.
D’un pas léger, elle s’approche et s’agenouille avant de secouer l’épaule de sa sœur.
— Noémie…
Un grognement retentit, Noémie se retourne et continue de ronfler.
— Il faut que tu te lèves, tu vas être en retard.
D’un geste calme, sa main secoue encore l’épaule de Noémie.
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Henri.

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