04h56
Il observe les sièges en cuir qui se reflètent dans les miroirs.
Son regard passe sur le matériel de coiffure et les produits de beauté rangés sur les tables attenantes.
Il fixe la cabine dissimulée derrière un rideau près de l’escalier.
Des pas feutrés résonnent sur les marches. Annie les descend avec calme, un sourire sur les lèvres.
— Je vais devoir partir, les gardes attendent mes instructions.
Sa voix est puissante, mais calme.
Elle s’approche et s’arrête à quelques centimètres de son époux.
— Pas si vite, mon grand gaillard ! D’abord mets-toi à genoux !
Dès que le ton sensuel d’Annie résonne, ses genoux fléchissent et l’un d’eux se pose au sol.
Elle dépose ses douces lèvres sur celle d’Henri avec un geste assuré.
La petite poitrine de son épouse se plaque contre son buste musclé.
Sa grande main glisse dans sa longue chevelure brune au toucher soyeux.
Après quelques longues secondes, le baiser s’achève doucement dans un regard réciproque.
— Il faudrait que tu apprennes à déléguer tes fonctions, mon cœur !
— Je ferai de mon mieux pour me libérer, ma chérie.
D’un geste lent, sa main descend le long du dos d’Annie, puis saisit son petit derrière bien ferme.
— Mon grand coquin, cherches-tu à m’exciter de bon matin ?
Annie observe le crâne d’Henri et sa contrariété est perceptible dans son regard, mais il lui sourit.
— On dirait que le fait que je garde mon crâne rasé te contrarie toujours ?
Sa voix est ferme, mais douce. Son regard fixe les iris ambrés d’Annie.
— Oui ! Mais n’insistons pas ! Dis-moi plutôt qui tu as sous tes ordres ce matin ?
— Tatsuya, Pete, Noémie et Elias.
Annie tourne la tête sur le côté, puis ricane doucement en couvrant sa bouche.
— Bonne chance ! Je parie que ces deux-là sont déjà en train de le faire.
Alors qu’elle continue de rire, Henri reste calme tout en l’observant.
— Je me doute ce que tu imagines, mais je sais gérer ces deux-là.
— Je n’en doute pas, mon amour ! D’ailleurs, ils sont sûrement au poste de garde en ce moment.
— Bon ! Je dois me préparer correctement. J’ai des choses importantes à régler aujourd’hui.
— J’aimerais passer une matinée complète avec mon mari.
— Je sais ! Il faut que je choisisse qui va prendre l’intérim.
— Pourquoi pas, Elias ?
— C’est une bonne idée, je lui en parlerai.
— File vite ! Ce serait un comble que tu arrives en retard à ton poste. Cher Capitaine de la garde.
— Avant que je parte, sache que ta beauté reste intemporelle malgré les années.
— Remercie Kenji de nous avoir forcés à sortir ensemble il y a vingt-cinq ans.
Il se relève, tandis qu’un léger frisson parcourt Annie qui est pieds nus sur le carrelage.
— Tu as raison ! Embrasse Mélanie pour moi.
— Pas de souci, je m’occupe de notre fille.
Il se retourne. Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Kuroki.

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