06h27
Ses avant-bras effleurent le rebord en bois lisse. Son regard suit au loin Michel.
Il est déjà si proche du poste de garde.
Cette impression qu’avec elle mes perceptions s’élargissent.
Shana et Michel m’offre déjà un grand champ de possibilité sensoriels, mais…
Mizuki est un cran au-dessus. Ses sensations dépassent les limites humaines.
Doucement, ses paupières se ferment. Un rayon de lumière effleure son visage.
Le soleil levant est vraiment agréable sur ma peau.
Les battements d’ailes s’arrêtent.
J’aime aussi le chant gracieux des moineaux et le coassement des crapauds.
Un son fort retentit, les oiseaux s’envolent.
Kuroki frappe l’acier tellement fort.
Un crissement régulier au loin.
On dirait que les pales du moulin crissent.
Un bourdonnement à l’opposer.
Les apinas butinent déjà.
Un clapotis long, mais régulier.
L’écoulement de la rivière est toujours si agréable à écouter.
Un autre bourdonnement lointain à l’opposé des apinas.
On dirait aussi que les firins ont bien rejoint les grottes.
Ses poumons inspirent lentement.
Les cocins ont toujours cette douce effluve terreuse et…
Je suis certaine que les cochons se roulent dans la boue.
Il y a également cette douce senteur florale qui se dégage de la rosée matinale.
Les ressentis sont tellement nombreux et le monde si vaste.
Savoir les choses est important, mais les vivre concrètement est très différent.
Depuis les sensations de Mizuki, il m’est possible de me sentir plus réel que jamais.
Ici, il n’y a pas que l’observation, c’est un vécu complet qui m’est offert.
Un microscopique fragment du monde, mais qui est déjà plus existentiel que de nombreux savoir.
Un souvenir me revient, Mizuki y est âgée de huit ans. Elle court dans la boue…
Les cochons sont facilement identifiables, les cocins leur ressemble, mais ils ont de la fourrure.
Alors que les cochons se couvrent de boue, les cocins eux ne salissent que leurs sabots.
Alice épuisée s’arrête de courir, Chloé fait un signe à Mizuki pour encercler un cocin.
Alors que tout semble joué, Chloé saute…
Elle finit dans la boue à plat ventre, Mizuki se déplace rapidement sur le cocin.
Au dernier moment, celui-ci freine sa course et elle glisse pour se retrouver les fesses dans la boue.
Sonia rit fortement, puis se rapproche des filles avec calme.
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent au sens de Linda.

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