07h20
07h20
Il observe un grand entrepôt isolé de toute construction. Autour du bâtiment l’herbe est basse.
Aucun arbre où buisson n’est présent dans un rayon de cinq mètres.
Devant la façade se trouve de nombreux seaux remplies d’eau.
Le grincement métallique de la porte retentit…
Elias sort en refermant derrière lui, puis se rapproche d’un pas vif du bassin non loin devant.
Il tend alors un carnet à Henri qui l’ouvre avec calme.
— Nos réserves sont supérieures au prévisionnel établi.
La voix d’Elias reste posée.
— Comme prévu, Kenji a eu raison de limiter nos ventes.
Son regard suit les diverses ligne de chiffres, puis se reporte sur sa gauche.
Noémie se rapproche avec de large pas bruyants.
Elle s’arrête vers d’Elias, en fronçant légèrement les sourcils.
— Pourquoi on utilise des bâtiments sans fenêtres stocker la nourriture ?
— La lumière du soleil détériore plus vite les aliments. De plus, cela améliore l’isolation.
— Je n’ai rien compris, mais merci pour l’explication !
Elias affiche un léger sourire en coin.
— Tu as d’autres questions ?
— Il parait qu’il n’y en avait qu’un avant que Kenji ne dirige le village ?
— En effet, Yumi, Marc et Clarisse me l’ont confirmé.
— Donc c’est vrai qu’il a complètement brûlé lors de l’incendie ?
Sa main referme le carnet ferment, puis il le glisse dans la poche arrière de son pantalon.
— Exact. Le vingt-six nympha quatre cent cinq.
La voix d’Henri est ferme et assuré.
— Annie, Mélanie et moi, venions d’arriver. Par ailleurs, Amara en garde une vilaine cicatrice.
— Je m’en souviens, je venais d’arriver aussi. C’est sa jambe gauche qui a été brûlée.
Le ton d’Elias reste détendu.
D’un léger regard, il suit la main de Noémie qui glisse la poche de son short…
Elle sort un petit pot de crème qu’elle range aussi vite avant d’observer Henri et Elias.
— C’était quoi vos motivations pour vous installer à Hanakaze ?
— Kenji me l’a demandé et comme je lui dois beaucoup, j’ai accepté.
La voix d’Henri est pleine d’entrain.
Elias sourit en grattant sa barbe naissante.
— Ça vient du fait que mon village natal n’acceptait pas ma sexualité.
Noémie fronce les sourcils et plisse ses lèvres.
— C’est horrible de rejeter quelqu’un pour ça !
— On en discutera plus tard, si tu veux.
— Avec plaisir !
Elle sourit de nouveau en regardant l’entrepôt.
— En tout cas, Kenji a eu raison d’en faire construire plusieurs !
— Exact.
Henri adopte une intonation puissante.
— C’est vraiment dur d’avoir faim.
Noémie observe ses mains légèrement tremblantes, avant qu’Elias ne pose la sienne sur son épaule.
— Toi et Linda êtes arrivées à Hanakaze en plein hiver.
— On avait souvent faim, même avant la mort de nos parents.
— Je me souviens que tu tenais sa petite main gelée fermement.
— Oui et on est restées alitées plusieurs jours.
Son pied tapote rapidement sur la dalle et Noémie et Elias l’observent.
— Yumi ne voulait pas que vous sortiez du lit et Yuna venait vous faire manger tous les jours.
Annie vous couvait comme ses filles et Mélanie voulait vite pouvoir jouer avec vous.
Noémie rougit, mais reste très souriante. Doucement, elle soupir, puis fixe Henri.
— Comment Kenji a-t-il réussi à éviter la famine ?
— Il a fait un discours sans préparation.
— Qu’est-ce qu’il a dit ?
— Soit on est unis, soit on se disperse. Choissez, je ferai de mon mieux !
L’intonation d’Henri imite clairement la voix calme et le ton assuré de Kenji.
Noémie affiche un air surpris.
— C’est tout ! Moi, je pensais à long discours. Ça a suffi à convaincre les gens ?
— C’est plus le fait qu’il a sorti ses propres économies qui a motivé tout le monde.
— Combien avait-il ? Il paraît que certains aventuriers sont riches !
— Assez pour payer la moitié de la nourriture pour une année.
Noémie commence à compter sur ses doigts.
— C’est énorme !
Elle s’exclame vivement.
Elias pose sa main droite sur sa hanche.
— Henri ! C’est toi qui as trouvé Mizuki trois mois avant ça, n’est-ce pas ?
— Exact, j’effectuais ma ronde de nuit quand ses pleurs ont attiré mon attention.
— Mizuki était encore un bébé à cette époque ?
Le ton de Noémie montre de la curiosité.
— Oui, je l’ai trouvé dans un panier en osier, près des piliers à l’entrée du village.
— Tu peux m’en dire plus ?
— Du sang frais se trouvait sur son visage, son linge était humide et sentait fort.
— Est-ce qu’elle était blessée ?
— Non, mais impossible de suivre la piste de la personne qui l’a abandonnée.
— Je crois que son prénom était sur un papier dans le panier ?
L’intonation d’Elias est assurée.
— Tout à fait. Kenji la conservée pour l’adoption.
— Pourquoi tu ne l’as pas adoptée toi-même ?
Le ton de Noémie montre toujours sa curiosité.
— Je n’étais sûr de moi, même si Annie voulait l’adopter.
— Kenji en a donc pris la responsabilité ?
Elias aussi semble curieux.
— En effet, même s’il venait de perdre Émilie et devait s’occuper de Michel.
— Je me demande pourquoi Mizuki a été abandonnée ?
La voix de Noémie est hésitante.
— Aucune idée ! Ses parents étaient peut-être traqués.
— Elias ! Je voulais te remercier d’avoir toujours été là pour Linda et moi.
— Inutile, j’ai adoré le temps passé avec vous deux.
Noémie tape rapidement du pied.
— Au fait ! Tatsuya et Pete sont en retard, non ?
Henri observe l’horizon.
— En effet… Attendons-les encore un peu.
— Je les vois !
Noémie crie de façon énergique en pointant du doigt le hangar à l’est.
Sur un large chemin empierré, Tatsuya marche derrière Pete qui arrive le premier.
— Henri, nous avons exploré le cimetière, sans rencontrer de souci.
— Restez vigilants ! On doit être sûr qu’aucune zone d’infection ne se développe.
— On a vérifié chaque tombe, aucun corps n’est en surface.
— Même si les risques sont désormais limités, des animaux sauvages pourrait creuser.
— Exact.
Noémie s’approche de Tatsuya qui reste silencieuse.
— C’est quoi ce truc blanc sur tes lèvres ? Est-ce que tu as bu du lait ?
Avec le dos de sa main, Tatsuya essuie rapidement ses lèvres, avant de le lécher.
— Ce n’est rien, ne t’en fais pas.
Elle lance un regard sensuel à Pete qui lui sourit énergiquement.
— Oh, d’accord…
Elias sourit tranquillement, en soupirant. Henri pousse un soupir intérieur.
Ces deux-là sont vraiment intenables ! Je comprends pourquoi Annie en riait.
— Assez discuté, on se remet au travail !
— Compris. Allez, Pete, on y va, tu sais inspecter cet endroit !
— Oh, oui, cet endroit, ça me va.
— Noémie, tu viens ?
— D’accord, Elias.
Le groupe se sépare.
Un souvenir me revient…
Il est extrêmement récent…
Pete est adossé contre un arbre, l’air frais sur ses cuisses… Il a les yeux clos et halte.
Inutile de décrire plus, mais il est évident qu’un observateur à capter ça… Hana peut-être…
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki.

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