08h11

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Sa main caresse tendrement le doux pelage sombre aux touches dorées du karios.

Je suis content d’avoir acquis un karios pour le village.

Leur pelage est vraiment doux et soyeux.

Le regard de Kenji se pose un instant sur les vaches broutant et meuglant dans le pré à sa gauche.

Il écoute en même temps, les chevaux hennissant depuis l’écurie non loin.

Le chant du coq résonne en rythme avec les caquètements des poules dans la basse-cour.

Dans un enclos à droite de l’étable, les cocins propres sur eux observent les cochons dans la boue.

Son regard se tourne un instant vers les pâturages alentours que quelques moutons parcourent.

Sur une butée plus au nord de sa position, des chèvres meuglent en réponse aux bêlements.

Serein, il sangle le karios à la charrette d’une main assurée tout en souriant.

Soudain, il fixe Will qui sort de l’écurie en face de lui.

D’un pas ferme, il s’approche et sourit à Kenji.

— Nous sommes prêts.

— Dans ce cas, il est temps de partir.

D’un air détendu, Sonia et Joe arrivent de la maison à l’est. Tous deux rient en se taquinant.

Kenji les regarde s’approcher de la charrette en souriant.

Joe donne un léger coup d’épaule à sa sœur.

— Je monte à l’arrière !

— Laisse-moi une place !

Chacun s’installe… Sonia sort un sac en toile et Joe se met à rire d’un ton sec.

— Tu comptes dévorer nos réserves avant d’arriver ?

— Inutile de t’énerver !

Elle croque dans un gâteau sec.

— J’ai acheté ces gâteaux ce matin, Kenji est témoin.

Joe se met à renifler l’air.

— Tu as encore oublié de prendre un bain.

— Ce n’est pas comme si je sentais mauvais.

Kenji regarde le karios qui commence à avancer sans être guidé.

Les oreilles de l’animale restent à l’affût dans de petits mouvements réguliers et discrets.

Will observe la route pendant que la charrette quitte la ferme des Kulligan par le sud.

Kenji se tourne vers Sonia qui est assise entre les caisses.

— Tu es toujours aussi gourmande !

— Pas ma faute si les pâtisseries de Samuel sont délicieuses.

— Je me demande même si tu ne bats pas, Mizuki.

— Possible, mais je surveille ma ligne.

Joe adopte soudain un rire moqueur en tapotant l’épaule de sa sœur.

— Tu fais juste la course pour rattraper les cocins.

— T’es bête des fois.

Le karios garde sa truffe au sol et son court museau bouge rapidement.

Il observe sur sa droite alors qu’un lièvre bondit entre les fourrées.

Kenji se retourne de nouveau et fixe Joe qui tapote légèrement sur une caisse.

— Le travail à la ferme est aussi important que le métier de garde.

Son intonation est sérieuse.

— Je sais… Sonia est douée…

Joe se met à rire très fort.

— Surtout quand elle finit couverte de boue !

Will passe la main dans ses courts cheveux et se gratte la tête.

Sonia penche la tête sur la droite avec un demi sourire.

— Je me demande lequel de nous deux a le plus souvent fini dans la boue ?

Elle rétorque énergiquement.

— C’est moi, mais toi, tu en as encore sur ton maillot !

— Je ne vois pas en quoi c’est grave ! Toi, tu es trop propre sur toi.

Joe fixe le regard ébène de sa sœur, pendant qu’elle regarde ses iris azur hérités de leur mère.

Will tourne légèrement la tête sans quitter la route des yeux.

— Mieux vaut éviter de rester plein de boue.

Joe croise les bras en hochant la tête.

— Exact ! C’est un principe de société.

— Ce n’est pas mon problème si les gens sont bêtes.

— Oublions ça ! Donne-moi une pâtisserie plutôt.

Sonia secoue rapidement la paille présente dans ses cheveux bruns.

— Ok ! J’en ai plein de toute façon.

— Un instant !

Kenji adopte un ton ferme en regardant Sonia.

— Tu as en partie raison, mais Joe et Will n’ont pas tort.

— Je ne comprends pas. On ne peut pas tous avoir raison ?

— Une société est un ensemble de règles légales et morales.

— Qu’est-ce que ça change, je suis juste moi-même.

— Tu es libre de tes choix, mais tu dois respecter une norme.

— C’est-à-dire ?

— Selon ton environnement des règles s’imposent.

— Je ne suis pas convaincue. Je suis moi, c’est tout !

— En effet, c’était une explication informelle.

— Je me rappelle ce que Kenji m’a dit quand j’ai commencé à fréquenter Amara.

Will hausse la voix en affichant un sourire en coin.

Sonia fixe les iris ambrés de Will. Un souvenir me rappelle qu’elle adore cette couleur d’iris.

— C’était quoi ?

— La première impression ouvre la porte et c’est à toi de faire le reste.

— Je vais y réfléchir, mais je ne promets rien !

Will, d’un regard intrigué tourne la tête vers Kenji.

— Au fait, le karios a l’air très attentif depuis tout à l’heure.

Sonia fixe l’animal avec un grand sourire.

— Il est trop mignon avec ses oreilles pointues et légèrement arrondies.

Le karios remue sa queue élancée. Joe ricane en ramassant les miettes du gâteau.

— On n’a pas demandé à quoi il ressemblait !

— Oups, désolée ! Je pensais à haute voix.

Kenji fixe la route devant lui.

— Il a sûrement senti un animal, reste sur tes gardes.

— Compris, je serai attentif.

Sonia se rassoit sur son bouclier et mange rapidement un gâteau.

Ses cheveux frottent sur ses épaules.

Joe saisi son arc et en ajuste la corde d’un geste précis.

Après plusieurs minutes, le groupe arrive à la croisée des chemins au sud de Hanakaze.

Will croise les bras d’un air dubitatif.

— Il emprunte seul la route d’Ardentia… Comment sait-il où on va ?

Kenji sourit en s’adossant.

— Les karios savent lire dans les pensées et comprennent notre écriture.

Sonia sautille sur place avec un large sourire.

— C’est dingue, ce truc !

Joe reste attentif, sans bouger.

— Carrément !

Elle fouille de nouveau dans son sac.

— Tiens…

La main de Sonia se déplace vivement.

— Où est passé mon gâteau aux figues ?

Elle commence à grogner de fierté.

— Je parie que Charlotte l’a mangée ! Ma fille est une vraie chipie !

Un souvenir me revient, me voilà dans la chambre de Mirina, en désordre comme toujours.

— Quatre…

— Quoi ?

Elle est assise sur sa chaise, manipulant comme toujours ses éprouvettes.

Moi, c’est depuis le fauteuil que son dos et ses longs cheveux argentés me sont visible.

— Quatre…

— Quatre, quoi ?

Le chiffre auquel tu as pensée ce midi.

— Comment tu… ?

— Ton expression.

— Mon expression ?

Ses sensations s’effacent et mes perceptions reviennent sur les sens de Mizuki.

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