09h37
D’un regard hésitant, elle observe le sourire franc qu’Annie lui adresse.
— Ne t’en fais pas pour l’argent, j’enverrai la facture à Kenji.
— Merci ! J’ai encore complètement oublié d’en prendre.
Annie lui tape fermement sur l’épaule, avant de rire de bon cœur.
— Bon, je te laisse profiter de ta journée.
— Merci.
D’un pas calme, Annie se rapproche de la cabine et commence à ranger le matériel.
Mizuki l’observe un court instant, puis quitte le salon de coiffure d’un pas tranquille.
La clochette résonne doucement derrière elle.
— Mizuki !
Sa voix est toujours aussi fluette.
La place centrale est baignée par un soleil montant.
Les conversations bruissent.
Sur les toits, les oiseaux perchés font entendre leur chant léger.
Au nord, devant la boulangerie Alice fait de grand signe main levé.
Près d’elle, Chloé soupire bruyamment.
— Elle ne va pas t’entendre si tu ne cries pas plus fort !
L’intonation de Chloé est dynamique.
Mizuki lève sa main droite et fait un mouvement léger.
Alice sourit en agitant ses mains.
— Tu vois bien qu’elle m’a entendu.
Tout le monde se rejoint avec calme vers la fontaine. Alice saisit les mains de Mizuki.
— J’adore ta coupe pixie !
— Merci, mais tes cheveux blonds et bouclés sont également très jolis.
— Depuis quand aimes-tu les cheveux longs ?
Chloé adopte un ton sarcastique.
— Je ne les déteste pas, mais j’aime garder les miens courts.
— Dans ce cas, que penses-tu des miens ?
— Leur longueur te correspond bien et leur couleur noire est agréable à l’œil.
Chloé met une tape dans le dos de Mizuki en riant.
— Que penses-tu de ceux de mon petit frère ?
— Tom a de beaux cheveux bruns !
Mizuki laisse son regard se poser sur Tom qui reste derrière Chloé.
— Le fait qu’ils soient courts lui va bien.
— Me… Merci…
Chloé se penche vers Tom et approche sa bouche de son oreille.
— Dis à Mizuki qu’elle est belle, petit frère.
Tom, rougissant, joue avec ses doigts.
— Ça… Ça te va… euh… Ça te va bien, tu… Tu es très belle.
Mizuki s’approche du visage de Tom ce qui le fait reculer un peu.
— Pourquoi tu bégaies autant ?
Elle fixe ses yeux en se penchant légèrement en avant.
— Ça ne t’arrive pas avec les autres…
Mizuki approche sa main de Tom qui recule encore légèrement.
— Tu peux tout me dire, tu sais.
Soudain, Chloé se place entre Mizuki et Tom en riant nerveusement.
— Ha, ha, ha ! Ne t’en fais pas pour ça, ce n’est rien !
Avec un léger sourire, Mizuki recule d’un pas.
— Si tu le dis.
Elle marque une courte pose, alors que Tom soupire profondément.
— Merci du compliment ! Toi aussi, tu es mignon.
Tom avale légèrement sa salive, son sourire devient large et ses joues prennent une teinte rosée.
— Merci…
Le regard de Tom oscille entre le visage de Mizuki et sa poitrine, incapable de se fixer.
Au loin, Michel observe la scène. Elle lui adresse un sourire à peine esquissé.
Soudain, il s’éloigne d’un pas assuré en souriant et elle reporte son attention sur Alice.
Elle fouille dans son sac à dos pendant que Chloé sort un calepin du sien.
— J’ai fabriqué quelques accessoires que je voudrais te faire essayer !
Alice exhibe un bracelet fin taillé dans du balsa, accompagné d’un collier en chêne lustré.
— Moi, j’ai fabriqué une robe sexy sous la directive d’Etsuko.
Chloé déplie un croquis aux traits précis d’une robe longue et élégante.
Un souvenir me revient encore. Mirina avait parié qu’elle arriverait à me convaincre de l’aider.
— C’est gentil les filles, mais je n’aime pas ce genre de choses.
Surtout les robes.
Tom s’interpose vivement entre les filles et fixe sa sœur d’un regard ferme.
— Mizuki est parfaite comme ça ! Elle n’a pas besoin de bijoux ou de robes pour être belle.
— C’est vrai, même si c’est dommage qu’elle ne soit pas plus féminine.
— Je suis d’accord, mais j’aimerais te voir porter mes créations un jour.
— Merci ! Vous êtes aussi parfaits comme vous êtes ! Le naturel, c’est toujours le mieux.
Selon les informations présentes dans le registre de Linda, Chloé est âgée de dix-sept ans…
Alice en a quinze et Tom quatorze, avec la mention qu’il a un côté féminin.
Ce qui correspond à la vision perceptible de son corps, mais ça n’a l’air de déranger personne.
Tom ne bégayait pas avec moi avant et je vois bien qu’il regarde souvent ma poitrine.
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Michel.

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