11h26
Ses genoux écrasent l’herbe avec douceur. Ses mains s’affairent à cueillir des médicinas.
Ses doigts glissent le long des tiges avant de les sectionner entre ses ongles.
Je dois prendre soin de préserver la sève au cœur de la plante.
Elle effectue une pliure à chaque cueillette. Doucement, une mélodie se forme entre ses lèvres.
Au cœur de la forêt profonde, dans une clairière apaisée,
Tu pousses, humble et libre, dans la douce lumière du jour.
C’est ici que je t’ai trouvée, ma belle et jolie beauté.
Je voudrais te dire merci, même si cela signifie de te récolter.
Mes mains seront délicates et mon cœur bienveillant.
Que chaque feuille, chaque pétale se sente en sécurité,
Car tu portes en toi une histoire vitale.
Depuis longtemps déjà, tu veilles sur nous en silence,
Diffusant ton parfum léger comme un trésor caché.
Sous les regards pressés du monde,
Tu restes discrète, mais puissante.
Un dernier jour sous ce ciel immense,
Puis je t’emporte, en souvenir, en hommage.
Mais demain, tu renaîtras ailleurs,
Là où la pluie te caressera d’amour.
Et moi, je parlerai à la terre,
Je lui dirai combien tu as su nous plaire.
Combien ton amour fut sincère,
Et combien tu fus précieuse.
Ne crois pas que c’est un adieu,
Ce n’est qu’un au revoir silencieux.
Car dans mes mains, tu vis encore.
Petite médicina, merci à toi,
De m’avoir offert ton cœur.
D’un geste souple, elle se relève doucement, puis saisie son sac et le remet sur ses épaules.
— J’en ai bien assez récolté… Il faut que je me dépêche de rentrer, j’ai perdu beaucoup de temps.
— Ahhhh…
Alors que le cri retentit, elle se tourne vivement vers le sud.
C’est étrange… il y a un souci vers le sud… C’est en direction de l’autel du dernier sacrifice…
Sa main droite serre fermement la hanse de son sac et son regard se durcit.
Je ferais mieux d’aller voir, même si papa me l’a interdit…
Je refuse de laisser une personne en danger !
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Michel.

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